actualités

Cerfrance Brocéliande : Lettre d'information Agricole du 3 juillet 2017

Publié le 03 juillet 2017

Le budget agricole risque de déraper d’1,6 milliard

D’après l’audit des finances publiques remis au Premier ministre le 29 juin, la Cour des comptes a identifié pour l'année 2017, un risque de dépassement des dépenses publiques de 7,3 milliards d’euros par rapport à ce qui était prévu dans la loi de finances, dont 1,6 milliard imputé à la mission Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales. Cette mission représente le risque le plus élevé de dépassement, du fait notamment des « contentieux relatifs aux refus d'apurement communautaires » (0,8 Md€), de la « sous-budgétisation du coût des exonérations de cotisations sociales » pour les travailleurs occasionnels demandeurs d'emplois (0,2 Md€) et des conséquences de la grippe aviaire (0,2 Md€), « du versement des ICHN » (0,2 Md€), des interventions de FranceAgrimer (0,1 Md€) ou encore des mesures MAEC et bio (0,1 Md€).

2I2A : 10 millions d'euros pour 56 lauréats

Dans un communiqué, FranceAgriMer et le ministère de l’Agriculture ont annoncé que la sélection des lauréats des « initiatives innovantes dans l'agriculture et l'agroalimentaire » (2I2A) était terminée : 56 lauréats sur 187 dossiers déposés au cours de la période 2015-2017 ont ainsi bénéficié d'une enveloppe globale de près de 10 millions d'euros. Il s’agissait pour deux tiers d’entre eux de jeunes pousses ou de PME. Un troisième programme d'investissements d'avenir, coordonné par le commissariat général à l'investissement et doté de 10 milliards d'euros, sera opérationnel d'ici quelques semaines.

Aides Pac : Le remboursement des ATR repoussé d’un an

En raison des retards de paiement, les apports de trésorerie remboursable (ATR) pour les MAEC et aides bio de 2015 et 2016 n’ont pas à être remboursés immédiatement, mais au 30 juin 2018. Les agriculteurs qui en ont bénéficiés pourront ainsi attendre d’être réellement payés avant de rembourser l’avance perçue. Dans les faits, le montant de l’ATR viendra en déduction du montant de l’aide.

La Cour des comptes européenne pointe du doigt les aides aux jeunes agriculteurs

D’après un rapport de la Cour des comptes européenne publié jeudi 29 juin 2017, le soutien de l'UE en faveur des jeunes agriculteurs, dans le cadre du premier et du deuxième pilier de la Pac, est « trop souvent mal défini, sans description du résultat et de l'impact attendus ». Afin que l’aide soit plus efficace, les responsables du rapport recommandent à l'UE et les États membres de « mieux déterminer qui ils souhaitent soutenir et quel résultat l'aide de l'Europe est censée produire, et ensuite, s'attacher à mesurer les progrès réalisés».

Marché du porc breton : le porc retrouve des couleurs

Le 22 juin, l'assemblée générale du Marché du porc breton (MPB) s'est déroulée dans un contexte détendu. Après un début d'année 2016 difficile, la demande s'est réveillée en avril, tirée par la demande chinoise et les prix sont remontés. Ainsi, en 2016, la moyenne des cours s'est établie à 1,293€/kg (prix de base), avec un pic à 1,534€/kg, en septembre 2016. Jeudi 22 juin, la cotation affichait 1,488€/kg. Pour 2017, le directeur du MPB, Pascal Le Duot, a expliqué que « selon les prévisions, l'Union européenne ne devrait pas produire plus qu'en 2016. Seule l'Espagne se développe. Il n'y a pas de raison que les prix soient tendus ». Le prix du porc en Chine baisse en dessous du prix de revient, ce qui devrait entraîner une nouvelle décapitalisation du cheptel dans les petits élevages.

Le Japon pourrait réduire ses droits de douane sur la viande porcine européenne

Le Commissaire à l'agriculture Phil Hogan doit se réunir cette semaine avec son homologue japonais dans le cadre des négociations sur le chapitre agricole de l'accord de libre-échange entre le Japon et l'UE, qui pourrait être conclu à la fin de l'été. Le Japon envisage notamment d'abaisser ses droits d'importation sur la viande porcine en provenance de l'UE, tout en maintenant un système de tarif d'entrée, de façon à ce que le montant des droits de douane augmente en cas de baisse du prix du porc importé.

Viandes blanches : le porc et la volaille peu touchés par le Brexit

Lors du conseil spécialisé du 22 juin, FranceAgriMer a relativisé l'impact de la sortie du Royaume-Uni pour les filières des viandes blanches. Concernant le porc, le Royaume-Uni est le 9ème pays producteur de l'UE, avec moins de 4% de la production communautaire et un taux d'autosuffisance de seulement 55%. Il est donc « très dépendant des importations pour satisfaire ses besoins ». Pour les importations de produits à base de porc, la France arrive en 7ème position, avec des volumes assez modestes (environ 6% des volumes importés par le Royaume-Uni). De plus, les échanges entre la France et le Royaume-Uni sont en baisse sensible depuis quatre ans, même si le Royaume-Uni constitue le 3ème débouché de la France, après la Chine et l'Italie. L'Hexagone expédie essentiellement trois types de produits : les viandes fraîches désossées et les viandes désossées congelées et les poitrines avec os. Pour la filière avicole, le Royaume-Uni est désormais le 3ème producteur européen derrière l'Allemagne et la Pologne » ; pour autant, le pays n'est autosuffisant qu'à 75%. La France se situe en 6ème position des fournisseurs européens (5% des quantités exportées depuis l'Europe, pour une valeur de 110 M€ environ). Sur les flux de marchandises et les accords commerciaux, « la mise en place de barrières tarifaires [entre le Royaume-Uni et l'UE] pourrait entraîner une déstabilisation du marché communautaire, avec le report de livraisons intra-européennes, jusqu'alors destinées au Royaume-Uni, vers les autres pays de l'UE ».

La MSA face au défi de la détresse des agriculteurs

Alors que les agriculteurs sont confrontés à la crise agricole depuis deux ans, la MSA s’attend à ce que plus de la moitié des agriculteurs affichent des revenus en dessous de 350 euros par mois en 2016. Les demandes de prime d’activité et de CMU-C ont augmenté. En juin 2017, 254.000 demandes concernaient la prime d’activité. En 2016, le nombre de bénéficiaires de la CMU-C a enregistré une hausse de 8,4% par rapport à l’année précédente, et celui des bénéficiaires de l’aide à la complémentaire santé (ACS) de 13,5%. Face à l’augmentation des demandes et à l’absence totale de moyens supplémentaires, le régime agricole est en train de résorber les stocks de 2016. Enfin, la MSA a vu le nombre d’appels à la permanence de prévention du suicide Agri’écoutes bondir, avec 300 appels par mois en 2016.