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Lettre d'information ACS du 10 décembre 2018

Publié le 12 décembre 2018

Le mouvement des «gilets jaunes» risque de peser sur la croissance en 2018 et 2019 

Les weekends de manifestations des gilets jaunes impactent lourdement l'activité économique de la France. Le chiffre d'affaires du commerce de détail a baissé de 20 à 40%. La perte serait comprise entre 15 et 25% pour les grandes surfaces alimentaires. Le secteur de l'hôtellerie-restauration est lui aussi touché, avec une perte d'activité qui peut atteindre 50% à Paris. Des effets de substitution entre magasins physiques et commerce en ligne commencent à s'observer. Si l'activité du pays n'est pas bloquée, la défiance des ménages pourrait peser sur la croissance. Au début de l'année, les Français avaient déjà réduit leur consommation face aux choix du gouvernement. En novembre, l'indicateur de confiance des ménages de l'Insee est revenu à son plus bas niveau depuis février 2015. Dans ce contexte difficile, les ménages pourraient reporter des dépenses et ainsi impacter l'activité du dernier trimestre. 

« Gilets jaunes » : des cellules d'urgence pour les entreprises en difficulté 

Le mouvement des « gilets jaune » impacte les entreprises. Les baisses de fréquentation et de chiffre d'affaires sont de l'ordre de « 60, 70 ou 80% » pour de nombreuses entreprises. A cela s'ajoute parfois des dégâts matériels, notamment à Paris. Bercy a mis en place dans les départements des cellules d'urgence habilitées à débloquer des aides pour les entreprises les plus en difficulté. Six mesures d'accompagnement sont prévues. Les entreprises peuvent ainsi recourir au dispositif de l'activité partielle. Ce dispositif s'accompagne d'une allocation cofinancée par l'Etat et l'Unedic, d'un montant d'environ 8 euros par heure chômée par salarié pour les petites entreprises. En échange, l'entreprise verse à son salarié une indemnité représentant 70% de son salaire horaire brut. Les services de l'Etat ont aussi accepté d'autoriser les ouvertures de commerces les dimanches de décembre et de janvier pour compenser les pertes. Par ailleurs, il est possible d'étaler les échéances fiscales et sociales. 

PME : la France doit apprendre à faire grandir ses entreprises 

Le gouvernement a multiplié les initiatives pour aider les PME françaises à se développer notamment à l'international, à prendre le virage technologique, à accélérer leur croissance et ainsi à devenir des entreprises de taille intermédiaire (ETI). A l'inverse des ETI allemandes, très développées à l'export, les PME tricolores sont fragiles. Elles dépendent encore trop de quelques grands groupes. Selon une étude de La Fabrique de l'industrie, les patrons de PME françaises sont trop méfiants envers la croissance externe. Certains mettent en avant un problème de financement. En effet, la France manque de fonds très puissants, capables de soutenir la croissance de regroupements de PME. Parmi les autres freins figurent la fiscalité et le coût du travail. 

Le nombre d'entreprises en forte croissance est en hausse 

Selon une récente étude de l'Insee, parmi les 176.250 entreprises de 10 salariés ou plus des secteurs marchands non agricoles, 15.080 étaient en 2015 des entreprises « en forte croissance », soit 8,6 %. D'après la définition d'Eurostat et de l'OCDE, une entreprise en forte croissance correspond à une organisation « dont le taux de croissance annuel moyen sur trois ans de ses effectifs salariés est supérieur à 10 % », et « dont l'effectif était de 10 salariés ou plus au début de la période de croissance ». Souvent très jeunes (moins de 10 ans d'ancienneté), ces organisations en forte croissance jouent un rôle important dans la création d'emplois ; elles ont en effet permis de créer 540.000 emplois salariés entre 2012 et 2015. Dans le détail, la proportion d'entreprises en forte croissance est la plus élevée dans les activités de l'information et de la communication (16,6 %, surtout dans le conseil en systèmes et logiciels informatiques et la programmation), les services administratifs et de soutien (13,7 %, notamment dans la sécurité privée et le nettoyage courant des bâtiments) et les activités spécialisées scientifiques et techniques (11,2 %, surtout dans les conseils de gestion, les études techniques et les activités comptables). L'Insee pointe toutefois que la part d'entreprises tricolores en forte croissance reste inférieure à la moyenne des pays de l'UE. Ainsi, la France se place au 4e rang européen derrière l'Allemagne (38.000 entreprises), le Royaume-Uni (23.000) et l'Espagne (14 000). 

Hausse de l'emploi salarié en 2017 

D'après les dernières estimations de l'INSEE, l'emploi a continué de progresser en France. En 2017, il a en effet augmenté de 338.000, soit une hausse de 1,2%, sa plus forte croissance depuis 10 ans. Cette hausse est liée à "la croissance de l'activité", indique l'institut, "malgré des effets moindres des politiques de soutien à l'emploi": baisse du nombre de contrats aidés, fin de la prime à l'embauche pour les PME et modification des dispositifs du crédit d'impôt sur la compétitivité et l'emploi (CICE) et du pacte de responsabilité et de solidarité (PRS). En Bretagne, l'emploi salarié a augmenté de 1,8%, porté par le secteur de la construction. 

Bretagne : un appel à projets pour les innovations 

Lancé par la Région Bretagne et l'Etat avec la collaboration de Bpifrance, l'appel à projets Inno Avenir Filières s'inscrit dans les Investissements d'avenir. Alors qu'un premier appel à projets avait permis de soutenir deux entreprises en Bretagne moyennant des aides de 1,3 million d'euros, un second appel à projets est ouvert jusqu'au 1er février 2019. Les projets retenus (plus d'un million d'euros par dossier) pourront être soutenus à hauteur de 50%. C'est Bpifrance qui va se charger des dossiers qui peuvent concerner de nombreux secteurs d'outils collaboratifs ou d'unités industrielles partagées. 

Indépendants : un meilleur régime de protection sociale 

Suite à la réforme de la protection sociale des travailleurs indépendants, la situation du régime s'est améliorée. D'après le Syndicat des indépendants, les contentieux ont baissé de 60%. Confiée aux seules Urssaf, la gestion du recouvrement des cotisations a été simplifiée. La mise en place du mi-temps thérapeutique et l'alignement du congé maternité des indépendantes sur celui des salariées représentent de véritables avancées en ce qui concerne la couverture sociale. À compter du 1er janvier prochain pour les nouveaux indépendants et au 1er janvier 2020 pour les anciens, l'accès au droit des indemnités journalières en cas de maladie sera déconnecté du fait d'être à jour ou non dans ses cotisations. Alain Griset, président de l'Union des entreprises de proximité (U2P) estime cependant que la réforme du RSI n'est pas allée assez loin. L'organisation patronale souhaitait que l'assiette de cotisation sociale soit basée sur le revenu des indépendants et non sur leur bénéfice.