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Lettre d'information ACS du 15 mars 2021

Publié le 15 mars 2021

La croissance sera « au moins égale à 5 % » en 2021, estime la Banque de France

Selon François Villeroy de Galhau. le gouverneur de la Banque de France, l'activité française devrait revenir à son niveau d'avant-crise d'ici le printemps ou l'été 2022. Alors que l'économie tricolore plafonne encore à 95 % de la normale, la suite va surtout dépendre de la confiance des acteurs. L'institution table sur une « croissance au moins égale à 5 % » en 2021, soit « une des plus fortes d'Europe ». Plusieurs indicateurs permettent en effet d'être optimiste pour l'avenir, a souligné le gouverneur. D'abord, l'investissement et l'emploi ont résisté « plutôt mieux qu'on pouvait le craindre » : les dernières prévisions de l'Insee en la matière sont effectivement moins pessimistes que prévu. En outre, la forte hausse de la consommation au troisième trimestre, au moment du déconfinement, a montré que les ménages étaient prêts à dépenser leur épargne, dès que les restrictions sanitaires étaient levées. À condition, cependant, qu'il n'y ait « pas d'autres motifs d'inquiétude qui transforment cette épargne sanitaire en épargne de précaution » : il faudra donc éviter toute nouvelle taxation, surveiller le front de l'emploi et maintenir un « filet de protection sociale fort », a suggéré le gouverneur. Concernant les entreprises, bien qu'elles aient contracté de nouvelles dettes pour faire face à la crise, leurs dépôts bancaires ont aussi augmenté : la plupart devraient donc être en situation de rembourser leur prêt garanti par l'État (PGE), et les autres pourront faire appel aux prêts participatifs et autres dispositifs apportant des quasi-fonds propres pour se renflouer.

Industrie française : des signaux positifs à confirmer

Alors que, du côté de l'industrie, le deuxième semestre 2020 était plutôt attentiste, le début d'année semble montrer des signes positifs. Pour Alexandre Saubot président de France Industrie, « les annonces sur les vaccins », la rumeur que l'on retournerait à « une vie normale autour de l'été » et la preuve que constituent les « tensions sur les matières premières » participent à ce regain d'optimisme. Selon lui, les mesures actuelles proposées par le gouvernement vont dans la bonne direction mais des efforts restent à fournir, par exemple sur « les impôts de production », qui « restent considérables comparés à l'Allemagne ». Il considère également le plan de relance comme une opportunité, le « résultat d'un travail commun » entre l'État et les industries qui donne la priorité à « l'écologie, le numérique et la relocalisation ».

En 2020, 320.200 emplois salariés privés ont été détruits dans l'Hexagone

D'après les dernières données consolidées de l'Insee, au quatrième trimestre, 20.600 emplois salariés ont été détruits sur les trois derniers mois de l'année, public et privé confondus. Au total, sur l'année, ce sont donc 283.900 emplois qui ont disparu. La baisse s'élève à 320.300 emplois dans le privé sur l'année, quand 36.200 emplois ont été créés dans le secteur public. Les pertes sont particulièrement nombreuses dans le tertiaire marchand (-326.000) et l'industrie (-57.500). Le tertiaire non marchand, la construction et la fonction publique ont, à l'inverse, créé des postes. Au quatrième trimestre, la baisse se concentre sur le secteur privé (-28.200 emplois). Le secteur public, à l'inverse, a gagné 7.600 emplois. Autre tendance, l'intérim poursuit son rebond : après avoir chuté de 40,3 % au premier trimestre (-317.300 emplois), il a gagné 240.000 emplois au second et troisième trimestre et continue de se redresser sur les trois derniers mois de l'année. En progressant de 5,1 % au quatrième trimestre, il termine l'année en perdant 41.900 emplois au total par rapport à son niveau fin 2019. Au final, la baisse est moins marquée que ce qui avait été anticipé.

Covid-19 : les entreprises ont bénéficié de 50 milliards de reports de charges

Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé le 10 mars dernier, que la décision de reporter les charges fiscales et sociales des entreprises en 2020, représentait 50 milliards d'euros. Devant le Sénat, Jean Castex a précisé qu'au « plan fiscal, ce sont près de 25 milliards d'euros qui n'ont pas été prélevés auprès des entreprises, qu'il s'agisse de reports ou remboursements accélérés de créances ». Le coût des reports d'échéances fiscales a représenté selon le tableau de bord du ministère de l'Economie, 3,4 milliards d'euros. Le mécanisme mis en place dans la troisième loi de finances rectificative, qui a été adoptée dans le courant de l'été 2020, a permis aux entreprises de profiter du « carry-back ». Du côté du report des charges sociales, Jean Castex estime que ce sont « près de 12 milliards d'euros qui ont été reportés par les Urssaf et qui ont concerné près de 900.000 entreprises, et j'ajoute 13 milliards d'euros pour les travailleurs indépendants ». Outre ces reports de charges sociales, « près de 8 milliards d'euros de charges sociales qui ont été annulées sur la seule année 2020 ». Le Premier ministre a reprécisé que ces reports devraient être remboursés et que les modalités de remboursement seraient adaptées à la situation de chaque entreprise.

Les défaillances d'entreprises ont encore reculé de 40 % en janvier

Les mesures de soutien du gouvernement continuent de produire leurs effets contre les faillites d'entreprises. Selon la Banque de France, les défaillances affichaient un recul de 40,1 % sur un an en janvier. Au total, 29.899 entreprises étaient concernées contre 49.934 en janvier 2020. La baisse du nombre de défaillances en janvier s'observe à nouveau dans tous les secteurs et pour la plupart des catégories d'entreprise. Les reculs les plus marqués par rapport à janvier 2020 concernent la construction (-46 %), le transport et entreposage (-44,8 %) ou encore l'industrie (-40,4 %). Selon des données encore provisoires, cette baisse devrait à nouveau se confirmer en février. La Banque de France anticipe un recul du nombre de défaillances de 43,2 % sur un an à 27.946 entreprises.

France Num, une aide de 500 euros aux TPE

Le chèque France Num de 500 euros est proposé aux entreprises de moins de 11 salariés ayant fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public à partir du 30 octobre 2020, hôtels et hébergements similaires inclus. Pour bénéficier de cette aide, les entreprises éligibles doivent justifier avoir engagé des dépenses de numérisation à hauteur de 450 euros au minimum entre le 30 octobre 2020 et le 31 mars 2021.

En 2020, le BTP n'aura pas retrouvé son niveau d'emploi avant-crise

D'après les derniers chiffres du ministère de la Transition écologique, le niveau de l'emploi dans le bâtiment et les travaux publics aura finalement été à la peine durant toute l'année 2020. Si le 3e trimestre a permis aux entreprises et salariés du secteur de bénéficier d'une éclaircie, le 4e trimestre a plombé à nouveau les statistiques de l'emploi, les faisant s'éloigner encore un peu plus de leur niveau d'avant-crise. La reprise d'activité observée durant le second semestre n'aura pas permis, au bout du compte, de compenser l'arrêt brutal des chantiers dû au premier confinement sanitaire. Dans le détail, le travail sur les chantiers du BTP a baissé de 7,8 % au 4e trimestre 2020 par rapport au 4e trimestre 2019, avec une dégringolade nettement plus marquée pour les intérimaires (-19,3 %) que pour les permanents (-6 %). Sur toute l'année 2020, le nombre total d'heures travaillées a chuté aussi de presque 15 %, surtout sur les chantiers de construction de bâtiments (-19,9 %) et, dans une moindre mesure, sur les chantiers de travaux de construction spécialisés (-14,8 %) et sur ceux de génie civil (-12,7 %). « En cette fin d'année 2020, aucun des secteurs ne retrouve le niveau d'heures travaillées connu un an auparavant », résume le service statistiques du ministère de la Transition écologique.