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Lettre d'information ACS du 24 septembre 2018

Publié le 24 septembre 2018

La conjoncture est porteuse estime La Banque de France en Bretagne 

D'après l'analyse mensuelle de la Banque de France en Bretagne, la conjoncture économique bretonne a été bonne en août. Une demande globale en hausse, notamment venue de l'international, a permis au secteur industriel de voir sa production et ses effectifs augmenter. Si des difficultés sont toujours présentes dans le secteur du bâtiment breton concernant les recrutements, la Banque de France relève des carnets de commandes biens garnis. Une poursuite de la croissance à court terme est enfin prévue du côté des services marchands. 

L'emploi salarié a stagné au 2e trimestre en France 

D'après des données publiées par l'Insee, l'emploi salarié en France, départements d'Outre-mer inclus, a stagné au deuxième trimestre après une hausse confirmée à +0,2% sur les trois premiers mois de 2018. L'économie française a ainsi créé 12.500 emplois nets au dernier trimestre - avec un solde positif de 24.300 dans le privé et négatif de 11.800 dans la fonction publique - contre 47.500 au premier trimestre. Si elle se retrouve en situation de création nette d'emplois pour le treizième trimestre consécutif, le chiffre publié est le plus faible depuis le 3e trimestre 2015. Sur les douze mois à fin juin, les créations nettes d'emplois ont atteint 207.600, un plus bas depuis le deuxième trimestre 2016. Au deuxième trimestre, la croissance de l'emploi salarié dans les services marchands a atteint 0,2% (contre 0,3% au premier trimestre), avec 23.400 créations nettes de postes. L'intérim a par contre accusé sa première baisse depuis l'été 2014 avec 2.900 postes de moins sur trois mois. Si l'industrie a encore perdu 2.200 postes, après 400 au premier trimestre, le secteur de la construction a quant à lui enregistré une hausse du nombre de postes créés (+5.000). Sur un an, 194.900 emplois ont été créés dans les services, dont 49.500 dans l'intérim, 25.300 dans la construction et 5.000 dans l'industrie. Mais 21.300 ont été détruits dans les services non marchands (dont 28.700 dans le public) en raison notamment de la baisse des contrats aidés. 

La suppression des petites taxes, un exercice budgétaire délicat 

Dans le cadre de la présentation du projet de budget 2019, le gouvernement annoncera la suppression de 200 millions d'euros de petites taxes. Avec cette mesure, le taux de prélèvement obligatoire va diminuer. Mais cette décision va peser sur les finances de l'Etat. En effet, ce dernier devrait remplacer certaines taxes par des dotations publiques. La suppression de ces prélèvements ne fait pas l'unanimité dans les entreprises. Ces petites taxes financent en effet des « organismes techniques et professionnels ». Bien que ces derniers puissent être financés par les « contributions volontaires obligatoires » (CVO), le patronat souligne que ces CVO ne concernent pas les produits importés et qu'il est difficile de les récolter. 

CICE/baisse de charges: un effet neutre ? 

D'après une version provisoire du rapport d'évaluation du Comité de suivi du CICE, la transformation du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en baisse de cotisations pour les entreprises au 1er janvier 2019 n'aura qu'un effet mineur. Alors que l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), qui a participé aux évaluations, a en effet conclu que le transfert "serait a priori neutre d'un point de vue strictement comptable", la direction du Trésor a pour sa part estimé que "la mesure aura des effets globalement neutres sur l'activité et l'emploi". L'an dernier, le rapport du comité de suivi affirmait déjà que les effets sur l'emploi étaient modestes, de l'ordre de 100.000 postes sauvegardés ou créés entre 2013 et 2015. Les marges des entreprises se sont en revanche améliorées mais sans incidence sur l'investissement. 

Les députés facilitent la reprise d'une entreprise par ses salariés 

Un amendement au projet de loi Pacte, cherchant à faciliter la reprise d'une entreprise par ses salariés, a été adopté par les députés. Cet amendement prévoit notamment une hausse du montant que le salarié peut affecter au FCPE de reprise - une fois la rémunération annuelle, contre un quart aujourd'hui - et un abaissement de 15 à 10 du nombre de salariés requis pour les entreprises de plus de 50 salariés, et de 30% à 20% le pourcentage de salariés requis pour celles de moins de 50 salariés. « Avec le vieillissement des dirigeants d'entreprise, plusieurs dizaines de milliers d'entreprises seront transmises dans les prochaines années » et « en l'absence de transmission familiale ou de repreneur extérieur, une reprise par les salariés est un moyen efficace et pertinent de continuer le projet d'entreprise », estiment les députés LREM dans l'exposé des motifs de l'amendement. 

Initiative pour le financement des TPE-PME âgées de 3 à 7 ans 

Si la France est championne d'Europe des créations d'entreprise, elle connaît en revanche un déficit sur la croissance des très petites entreprises. Partant de ce constat, Bpifrance et le réseau associatif Initiative France ont annoncé le 11 septembre l'extension de leur partenariat pour financer de très petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME) à des sociétés ayant entre trois et sept ans d'existence. Jusqu'ici, la banque publique concentrait son action sur les projets d'entrepreneurs en phase de démarrage. Grâce à ce partenariat, elle a pour ambition de l'élargir aux entreprises en développement pour qu'elles grandissent mieux et plus vite. Depuis 2012, près de 510 millions d'euros de prêts d'honneur ont été accordés à 57.500 créateurs ou repreneurs d'entreprise par Initiative France, pour un montant moyen de 8.800 euros et garantis par la banque publique Bpifrance. Ces prêts permettent ensuite à ces entreprises d'obtenir des crédits bancaires en moyenne 7,4 fois supérieurs. Enfin, à la demande du gouvernement, Bpifrance va aussi s'inscrire dans « les actions de développement économique dans les quartiers » des territoires dits « fragiles ». Le gouvernement a pour cela transféré à Bpifrance l'Agence France Entrepreneurs, une structure de 35 personnes spécialisée dans la création d'entreprise dans ces quartiers. 

Construction : "Tous les symptômes d'une surchauffe" sont réunis 

D'après Euler Hermes, société d'assurance-crédit, les prévisions d'activité pour le secteur de la construction française ne sont pas florissantes. En effet, le recul de l'investissement des ménages dans la construction résidentielle au premier semestre en raison du rabotage des aides devrait entraîner une baisse de 3% des mises en chantier pour 2018, contre +17,5% en 2017. Conséquence de cette situation : une hausse des défaillances d'entreprises dans le secteur (+0,5% au 2e trimestre 2018 par rapport à la même période un an auparavant). Dans le détail, les entreprises les plus touchées sont celles dont le chiffre d'affaires est compris entre 5 et 15 millions d'euros : le nombre de défaillances pour ces structures a en effet explosé de 27% à la fin juin 2018, en comparaison au mois de juin 2017. D'autre part, le secteur fait face à une accélération des coûts, avec une progression des salaires (+2% au 2e trimestre 2018 par rapport au 2e trimestre 2017, selon Euler Hermes) plus rapide que dans les autres secteurs (+1,5% sur la même périodicité). Pour 2019, Euler Hermes prévoit une nouvelle baisse de 1,5% des mises en chantier.