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Lettre d'information ACS du 6 mai 2019

Publié le 06 mai 2019

Le moral des entrepreneurs se redresse légèrement 

Selon le dernier baromètre OpinionWay, le moral des entrepreneurs s'améliore, l'indicateur passant de 106 à 107 entre mars et avril. C'est particulièrement le cas dans les entreprises de plus de 10 salariés, où l'indice affiche un bond de 17 points, passant de 107 à 124 points sur la même période. L'indicateur de confiance s'est stabilisé à 105 dans les entreprises de moins de 10 salariés. Les chefs d'entreprise reprennent confiance en l'économie française. La part des réponses favorables est passée de 33% à 41% en un mois. En revanche, la part des personnes ayant confiance dans leur entreprise recule. Le taux de réponses positives est passé de 82% à 75%. Les sentiments de méfiance (+10 points) et d'inquiétude (+6 points) augmentent également. Par ailleurs, les patrons estiment à 51% que les entreprises sont les acteurs à privilégier pour répondre à la crise des « gilets jaunes », devant les élus locaux (31%), les corps intermédiaires (12%) comme les organisations patronales et syndicats de salariés, les chambres de commerce, les chambres de métiers ou encore les chambres d'agriculture et pour finir les parlementaires (3%). Enfin, les élections européennes ne suscitent pas l'engouement des chefs d'entreprise. 

Niches fiscales : Bercy engage d'âpres négociations avec les entreprises 

A la suite du grand débat national, Emmanuel Macron a annoncé une baisse d'impôt sur le revenu de 5 milliards d'euros. Pour financer cette mesure, le gouvernement pourrait réduire les niches fiscales dont bénéficient les entreprises. Cette annonce a suscité l'inquiétude du patronat. La fin du taux réduit sur le gazole non routier pour certains secteurs pourrait revenir sur la table. Cette mesure pourrait être étalée sur deux ou trois ans afin de donner le temps aux entrepreneurs d'ajuster leurs prix. Les dépenses de mécénat et la « niche Copé » sont également mentionnées parmi les autres sources de financement envisagées. 

Emploi : l'OCDE tire la sonnette d'alarme 

D'après un rapport de l'organisation de coopération et de développement économique (OCDE), « le nombre d'emplois n'est pas nécessairement voué à diminuer ». Leur qualité pourrait en revanche se détériorer et les disparités entre travailleurs s'aggraver. Parmi les principaux risques qui pèsent sur l'emploi figure l'automatisation. En France, la part des emplois menacés par ce risque est supérieure à celles des pays développés (16,4% contre 14%). De même, 32,8% des emplois pourraient profondément changer à cause de l'automatisation. Le niveau de sous-emploi est également inquiétant. En 2017, la main d'œuvre sous-utilisée était de 5,7 millions de personnes en France. Par ailleurs, cette étude met en avant les risques liés à la polarisation du marché du travail, conséquence de la mondialisation et de la montée en puissance des technologies. « La part des emplois peu qualifiés et, surtout, des emplois hautement qualifiés a augmenté, tandis que celle des emplois moyennement qualifiés a accusé un net recul ». La polarisation de l'emploi entraîne de vives tensions économiques en augmentant les inégalités salariales et se traduit par une polarisation sociale et politique. De plus, les emplois atypiques (contrats à durée déterminée, temps partiels, travail indépendant) se sont multipliés, contribuant ainsi à alimenter les risques pour un grand nombre de travailleurs, notamment en ce qui concerne la qualité de l'emploi, la protection sociale et les droits à la retraite. Face à la montée en puissance des plateformes numériques, certains travailleurs comme les livreurs à vélo sont fragilisés. L'OCDE a émis quelques recommandations, parmi lesquelles la nécessité de développer la formation ou encore celle de réduire l'utilisation des contrats courts. 

Près de 17 000 entreprises financées par l'Adie en 2018 

D'après le dernier bilan d'activité de l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), 23.449 personnes et 16.942 entreprises ont été financées sur l'ensemble du territoire français en 2018. Au total, les microcrédits mobilisés se sont élevés à 148,7 millions d'euros (+ 13,5 % par rapport à 2017). Dans le détail, on constate que l'Adie a permis d'apporter un précieux soutien à des populations particulièrement fragilisées : 43 % des créateurs d'entreprise clients de l'Adie depuis 2018 vivaient en effet sous le seuil de pauvreté, et 35 % touchaient des minimas sociaux. Enfin, si 13.143 emplois ont été créés (et 7.710 maintenus) en 2018 grâce au microcrédit professionnel, 3.851 retours à l'emploi ont, en outre, été concrétisés grâce au microcrédit mobilité. 

Evolutions pour Bretagne Jeunes Entreprises à Rennes 

La structure de financement Bretagne Jeunes Entreprises à Rennes a décidé de faire évoluer sa stratégie. Se nommant désormais Breizh Invest PME, elle prévoit dorénavant d'accompagner les entreprises en phase de reprise et de transmission et non plus en priorité celles en création. La structure prévoit de soutenir entre 6 et 7 projets de reprise par an pour un ticket moyen d'accompagnement en fonds propres de l'ordre de 400.000 euros. A ce jour, le capital de Breizh Invest PME est de 7,4 millions d'euros partagés entre la Région Bretagne, Bpifrance, la Caisse d'Epargne Bretagne Pays de Loire, BPGO, le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel Arkéa. 

Les redressements pour fraude au travail détaché grimpent en flèche 

D'après les derniers chiffres de l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), la lutte contre le travail dissimulé s'améliore. Les redressements pour fraude au détachement ont ainsi plus que triplé en un an, à 131 millions d'euros en 2018. Plus généralement, les redressements pour travail dissimulé ont augmenté de 18,5% l'année dernière, s'élevant à 641 millions d'euros. 

Face aux «gilets jaunes», les aides aux commerçants prolongées jusqu'à fin juin 

Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat à l'Économie, a annoncé le prolongement jusqu'à la fin du mois de juin du dispositif d'aide aux commerçants touchés par le mouvement des « gilets jaunes ». Plus de 8.000 commerçants ont demandé des aides. Selon la secrétaire d'État, les reports de charges auraient déjà coûté près de 80 millions d'euros aux finances publiques. Elle a précisé que des exonérations seront accordées aux commerçants dont la situation sera « trop serrée ». Enfin, 70.000 personnes ont été concernées par des mesures de chômage partiel. Agnès Pannier-Runacher a souligné que « tout ce qui est chômage partiel pèse pour à peu près 38 millions d'euros ».