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Lettre d'information ACS du 8 janvier 2018

Publié le 08 janvier 2018

Les Français perçoivent de plus en plus la reprise économique

D'après le dernier sondage Elabe pour « Les Echos », Radio Classique et l'Institut Montaigne, 61 % des Français pensent que l'économie française redémarre, contre 55% en août 2017. Malgré ce bon indicateur, la prudence reste toutefois de mise puisque sur ces 61% d'optimistes, seuls 6% pensent que la situation va s'améliorer rapidement et 55% estiment que le redémarrage sera lent. D'après le cabinet d'études, si les cadres restent les plus confiants (67% des personnes interrogées), la perception économique s'est nettement améliorée chez des catégories d'électeurs qui ne sont traditionnellement pas acquis à Emmanuel Macron : chez les chômeurs (51%, +13 points), dans les communes rurales (61%, +9 points) ou encore chez les électeurs du Front national (40% contre 19% en mai 2017). Concernant la reprise de l'emploi, les Français sont en revanche beaucoup moins confiants puisque seuls 32 % d'entre eux pensent que le chômage baissera avant fin 2019.

20% des salariés du privé travaillent dans une très petite entreprise

Une étude de la direction de la recherche du ministère du Travail (Dares), basée sur l'année 2016, évalue à 20% le poids des effectifs employés par des entreprises de 1 à 9 salariés dans le champ concurrentiel hors agriculture. Ainsi, près de trois millions de salariés sont potentiellement concernés par le régime particulier institué par les ordonnances Macron pour déroger au Code du Travail et aux accords de branche dans les TPE. Ces trois millions de salariés travaillent dans des sociétés qui emploient en moyenne 3 salariés, mais dont plus d'un tiers n'en compte qu'un seul et un autre tiers en compte de 6 à 9. Par ailleurs, l'étude confirme les spécificités de l'emploi dans les TPE : le recours plus important au temps partiel (28% des salariés concernés), l'emploi plus fréquent de contrats courts (13,1% de CDD contre 9,5% dans les entreprises de 10 salariés).

Compte pénibilité : les employeurs ne paient plus de cotisations

Jusque-là le compte professionnel de prévention de la pénibilité, rebaptisé compte professionnel de prévention dans le cadre de la réforme du Code du Travail, était financé par deux cotisations à la charge de l'employeur. Une cotisation de base était due par tous les employeurs et s'appliquait sur les rémunérations de tous les salariés à un taux de 0,01%. Et les employeurs, dont les salariés étaient exposés à un ou plusieurs facteurs de risques, devaient verser une cotisation pénibilité dite « additionnelle ». À compter du 1er janvier 2018, ces deux cotisations sont supprimées.

Taxe d'apprentissage : les CCI craignent pour leurs CFA

En pleine concertation sur le second volet de la réforme sociale du gouvernement, les Chambre de commerce et d'industrie (CCI) redoutent d'être écartées de la collecte de la taxe d'apprentissage. Si à l'heure actuelle, cette mission est répartie entre les branches professionnelles et les CCI, l'exécutif réfléchirait à attribuer la gestion de cette taxe aux branches uniquement. De ce fait, le réseau consulaire craint que le financement de ses centres de formation des apprentis (CFA) ne soit impacté. Autre source d'inquiétude : la baisse de la taxe pour frais de chambre qui priverait les CCI de 150 millions d'euros dès janvier. Alors que les CCI demandent un étalement de cette baisse sur le quinquennat, le Sénat a voté une baisse de 50 millions d'euros par an sur trois ans.

Plus de 50% des jeunes Français tentés par la création d'entreprise

D'après un récent sondage mené par l'institut OpinionWay pour la plate-forme de crowdfunding Ulule, pas moins de 54 % des jeunes de 18 à 35 ans ont admis avoir ressenti l'envie de créer une entreprise et 27 % ont indiqué être tentés par l'idée d'en reprendre une. Interrogés sur les organismes auxquels ils feraient appel pour les aider dans leurs démarches, les participants citent d'abord leur banque (51 %), suivie de près par les Chambres de commerce et d'industrie (48 %). Viennent ensuite les réseaux d'accompagnement tels que BGE, Initiative France ou Entreprendre (27 %), Pôle emploi (23 %), l'expert-comptable (21 %) et les plates-formes de financement participatif (20 %). Concernant le mode de financement de leur projet, ils sont 70% à privilégier le financement bancaire, jugé plus fiable. Le financement public n'est évoqué que par 30% des sondés.

Les autoentrepreneurs crèvent le plafond, mais gare aux pièges !

Depuis la création du régime fiscal de l'autoentrepreneur, près de 2 millions d'actifs sont passés par ce régime et 42% des Français ont eu recours au service d'un autoentrepreneur. Concernant le plafond d'activité de la microentreprise, le gouvernement a annoncé qu'à compter du 1er janvier 2018, il allait être porté à 70.000 euros dans les services et 170.000 euros dans la vente de marchandises, soit un doublement des plafonds initiaux. Cependant, le doublement du plafond de chiffre d'affaires ne concernera que le calcul forfaitaire des cotisations sociales. Contrairement à ce qu'avait annoncé le gouvernement, le seuil de déclenchement d'assujettissement à la TVA restera inchangé. Ainsi, pour une activité de service, par exemple, au-delà de 33.200 euros de chiffre d'affaires, l'autoentrepreneur doit comptabiliser et déclarer la TVA, mais aussi récupérer la TVA payée sur ses frais professionnels.

Bâtiment : 2017 signe l'accélération de la reprise, 2018 sera plus compliquée

D'après la Fédération Française du bâtiment, la reprise du secteur, entamée en 2016, s'est accélérée en 2017 avec une croissance de l'activité du bâtiment de +4,7% (contre 1,6% en 2016). Cette embellie a été profitable à l'emploi puisque 20.000 nouveaux postes ont été créés (9.000 salariés et 11.000 intérimaires). Concernant l'activité, la production de logements neufs se présente comme étant l'un des moteurs de la croissance du secteur puisqu'elle a connu une hausse de 12,8%. A noter, l'amélioration-entretien, qui représente 60% du chiffre d'affaires des entreprises, « sort de l'ornière avec une croissance 1,4% ». Si ces résultats d'activité sont encourageants, rien n'est encore gagné pour l'année 2018. D'après les prévisions de la FFB, l'activité ne devrait en effet augmenter que dans une moindre mesure (+2,4%). En cause : une hausse des prix des matériaux qui aura des répercussions sur les marges ou encore des difficultés de recrutements. La Fédération pointe enfin du doigt plusieurs mesures prises par le gouvernement : hausse de la TVA à 5,5% en vefa pour les HLM, suppression du PTR (Prêt à taux réduit) ou le rabotage du CITE.