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Lettre d'information Agricole du 12 avril 2021

Publié le 12 avril 2021

La vulnérabilité alimentaire, nouveau chantier des territoires

Une carte de France fixant un premier état des lieux de la vulnérabilité alimentaire a été présentée le jeudi 8 avril lors de la première journée parlementaire organisée par le Conseil national pour la résilience alimentaire (CNRA). Réduire la dépendance alimentaire des villes et des campagnes françaises est devenu, en un an, un sujet récurrent. Les cartes compilées par le baromètre montrent, par exemple, que l'accès aux circuits courts est de moins de 2 points de vente pour 10.000 habitants en Corse, ainsi qu'à proximité de plusieurs métropoles ou encore dans le Doubs, alors qu'il excède 10 points de vente en Lozère. Une autre inégalité géographique concerne les usines de transformation, quasi inexistantes par exemple en Gironde, mais très présentes dans l'Ouest de l'Ile-de-France. Dans l'immédiat, ce sont surtout les élus locaux qui sont à la manoeuvre, main dans la main avec les producteurs, notamment au travers des projets alimentaires territoriaux (PAT), promus depuis 2014. Leur enjeu : relocaliser l'agriculture et l'alimentation dans les territoires en soutenant l'installation d'agriculteurs et les circuits courts ou en ayant recours aux produits locaux dans les cantines. L'Etat avait donné aux collectivités l'objectif de 500 projets bouclés en 2020 mais moins de 200 l'ont été. Du coup, fin 2020, le gouvernement a voulu donner un coup de pouce à ces initiatives, puisant quelques millions d'euros dans la cagnotte du plan de relance pour aider jusqu'à 50.000 euros chaque nouveau projet. Une grosse soixantaine de dossiers dans une cinquantaine de départements ont été retenus et 80 des 100 départements possèdent désormais un PAT.

Bretagne : la région prend position sur la future PAC

La crise Covid a remis sur le devant de la scène l'importance d'une production agricole locale, ainsi que l'apport de l'agriculture de l'Ouest à l'alimentation française, à l'économie et à la vitalité de nos territoires. Les agriculteurs bretons, majoritairement éleveurs, ont toutefois subi une forte baisse des aides lors des deux dernières réformes de la PAC. La dernière prétendait être en faveur de l'élevage. Pourtant, les éleveurs de plaine ont été fortement pénalisés alors même qu'ils avaient beaucoup contribué aux aides accordées à d'autres régions. Ainsi, en 2019, l'élevage breton représentait 22,39 % de la production animale française, mais la Bretagne n'a perçu que 5,67 % des subventions françaises (source : Comptes de l'agriculture 2019). Face à ces enjeux, les organisations professionnelles bretonnes (FDSEA, JA, chambres d'agriculture), ont défini une position commune qu'elles défendront dans le cadre de la réforme de la PAC. La mise en oeuvre de quatre principaux leviers a été formulée : les soutiens doivent bénéficier prioritairement aux agriculteurs professionnels, le taux du paiement redistributif doit être relevé à 20 %, l'accompagnement des installations doit être renforcé sur les deux piliers de la PAC et la répartition dans le second pilier, entre régions, doit être rééquilibrée en fonction du besoin en renouvellement des générations et aussi rendue transparente. Enfin, l'enveloppe consacrée à l'Eco-Schéma doit être limitée à 15 %.

Rejet d'une demande de suspension des importations européennes de viande chevaline argentine

La Commission européenne a rejeté une demande de suspension des importations de viande chevaline en provenance d'Argentine, faite à l'occasion d'une question écrite déposée en décembre dernier par plusieurs eurodéputés, évoquant des motifs sanitaires. Dans une réponse apportée au nom de la Commission européenne, la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, a fait savoir que des demandes d'actions correctives avaient été faites auprès des autorités argentines à la suite d'un audit ayant révélé des irrégularités en termes de contrôles officiels, de surveillance des résidus vétérinaires et d'inspections post-mortem dans la filière chevaline.

Une progression du prix du lait européen est attendue en 2021

D'après les prévisions établies par la Commission européenne, la revalorisation du prix des ingrédients laitiers engagée depuis le début de 2021 devrait se poursuivre, entraînant dans son sillage le prix du lait versé aux producteurs européens. « La demande mondiale en produits laitiers devrait encore progresser, avec la réouverture progressive des points de service alimentaire, notamment durant le second semestre de 2021 », justifie l'institution, mais le « boom » observé sur les produits laitiers frais lors des confinements de 2020 ne devrait pas se reproduire cette année. Selon les projections de la Commission européenne, la collecte de lait devrait progresser de l'ordre de 1 % entre 2020 et 2021, portée par des conditions météorologiques plutôt « favorables » et « une hausse de la productivité des vaches laitières qui compense le déclin continu du cheptel européen ». En France comme en Allemagne, une relative stabilité de la collecte laitière est envisagée. En revanche, la croissance des livraisons devrait être particulièrement dynamique en Irlande (environ +4 %), en Pologne (+2 %) ou encore en Italie (+2,5 %).

Les productions bovine, ovine et caprine sur la pente descendante en 2021

D'après les prévisions de la Commission européenne, la production de viande bovine sur le Vieux Continent devrait se replier de 0,9 % en 2021. Sur cette même période, un repli des productions de viandes ovine et caprine de 1 % est également attendu en raison d'une « baisse structurelle de la taille des troupeaux et d'une diminution des abattages à la ferme en Roumanie », indiquent les experts. Pour ces trois filières, les restrictions sanitaires en vigueur et la fermeture des services de restauration affectent le commerce de viande. Concernant les échanges, une croissance des exportations de viande bovine de l'ordre de 1 % est prévue en 2021. Malgré le ralentissement économique, les envois européens de viande bovine avaient déjà progressé de 1,8 % en 2020. En vif, la Commission table sur une reprise des expéditions européennes de bétail, après un reflux de 4 % en 2020. Quant aux importations en viande bovine, elles ne devraient se redresser que de 2 % en 2021. Intimement liées à l'activité des services de restauration en Europe, les importations européennes avaient chuté de 21 % en 2020. En viande ovine, les experts planchent sur une stabilisation des exportations en viande et en vif en 2021, compte tenu d'une offre intérieure limitée et de prix relativement élevés. De leur côté, les importations de viande ovine devraient encore baisser en 2021, principalement à cause d'un manque de dynamisme des envois en provenance de la Nouvelle-Zélande. L'an passé, les exportations néo-zélandaises de viande ovine vers l'UE avaient déjà baissé de 9 %.

Porc : le cours progresse doucement en France

Le 1er avril, le prix du porc au MPB s'élevait à 1,364 euro. Les abattages avoisinent 387.000 porcs. Une nouvelle baisse des poids moyens a été enregistrée, d'environ 450 grammes. La stabilité est toujours de mise dans le nord de l'Europe. En Allemagne, le prix du porc s'affiche toujours à 1,50 euro/kg. En Espagne, la demande des abattoirs reste forte et ce malgré les jours fériés. Le marché du grand export ne faiblit pas notamment vers la Chine mais une pression à la baisse des tarifs se fait sentir.

L'association d'organisations de producteurs « Porc Grand Ouest » est née

Le projet était dans les tuyaux depuis plus de deux ans. C'est désormais chose faite : l'association d'organisations de producteurs (AOP) Porc Grand Ouest est née. Portée par « les jeunes éleveurs de l'Ouest », cette AOP regroupe dix groupements de producteurs de porcs : Agrial, Eureden, Elpor, Evel Up, GRPPO, Porcinéo, Porélia, Sypro Porcs, Porvéo et Porc Armor Evolution. Elle a la vocation de « renforcer le pouvoir de marché des éleveurs adhérents aux OP », et d'« assurer une réponse aux besoins du marché, aux attentes des consommateurs et des citoyens ». Dans le cadre de la réforme de la politique agricole commune, l'AOP Porc Grand Ouest « agira dans le but d'obtenir des programmes opérationnels permettant le cofinancement de projets structurants, notamment pour la modernisation des élevages ». Une demande de reconnaissance de l'AOP est en passe d'être déposée auprès du ministère de l'Agriculture, « étape indispensable pour lancer les travaux ».

Plus de 1 000 cas d'Influenza aviaire hautement pathogène dans l'UE en 3 mois

Entre décembre 2020 et février 2021, 1 022 cas d'Influenza aviaire hautement pathogène ont été notifiés dans l'UE + Royaume-Uni, selon les derniers chiffres communiqués par l'Efsa. 25 États membres sont concernés. Les cas enregistrés se répartissent comme suit : 592 cas chez les volailles d'élevage ; 421 cas dans la faune sauvage ; 9 cas chez des oiseaux captifs. La France est le pays ayant enregistré le plus grand nombre de cas (442 en élevage et 6 dans la faune sauvage), suivie par l'Allemagne (207 en élevage et 50 dans la faune sauvage), le Danemark (63 en élevage et 1 dans la faune sauvage) et la Pologne (37 en élevage et 24 dans la faune sauvage).