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Lettre d'information Agricole du 12 juin 2017

Publié le 12 juin 2017

Le marché agricole européen craint d'être chamboulé par le Brexit

D’après un rapport du Copa-Cogeca, le premier syndicat agricole européen, le Brexit pourrait venir perturber le marché agricole européen. Le Royaume-Uni important de nombreux produits agricoles en provenance de l’UE (45 milliards d’euros au total), plusieurs secteurs sont susceptibles d’être touchés : fruits et légumes, viande bovine, lait et vin. La sortie du marché unique du Royaume-Uni devrait surtout avoir un impact important sur les indications géographiques fromagères et vinicoles. Selon le Copa-Cogeca, « il est fortement souhaitable » que la Commission européenne inclut dans ses budgets 2019 et 2020 des « outils de gestion de crise adéquats », qui ont fait leur preuve lors de précédentes crises, comme des aides au stockage privé pour les produits laitiers et la viande porcine, ou encore un fonds opérationnel pour les fruits et légumes.

Le commerce extérieur des produits agricoles toujours en déficit

D’après une note des Douanes, le solde commercial des produits agricoles français est négatif pour le huitième mois de suite et s’établit en avril 2017 à -135 millions d’euros. Le document évoque entre autres une hausse des exportations de blé vers l’Égypte. La balance commerciale des produits agroalimentaires se porte en revanche mieux. L’excédent augmente de 100 millions d’euros pour atteindre 609 millions d’euros. Les Douanes avancent une augmentation des ventes de « cognac et vins vers la Chine, les États-Unis et la Corée du Sud, champagne à destination de Singapour, produits laitiers vers la Chine, ainsi que sucre vers l’Afrique et suppléments nutritionnels et préparations alimentaires à base de lait vers des pays du Proche- et Moyen-Orient ».

Le règlement bio européen en passe d'être révisé

Après plus de trois ans de travaux législatifs à Bruxelles et un échec des négociations en mai, les Etats membres doivent se prononcer le 12 juin sur la révision du règlement bio européen. Les organisations professionnelles du bio français rappellent les points sur lesquels il ne faut pas céder : interdiction de la culture en bacs et refus des dérogations aux contrôles annuels promus par les législateurs européens. Concernant les contaminations par les pesticides, le compromis ouvre toutefois une brève en laissant aux Etats membres la possibilité d'adopter « des mesures de déclassement nationales ».

Une conférence nationale sur la Pac post-2020 annoncée pour l’automne

Le 7 juin, le ministre de l’Agriculture a annoncé l’organisation cet automne d’une « conférence nationale » sur la Pac post-2020. Jacques Mézard a expliqué qu’il souhaitait « débattre avec l’ensemble des organisations professionnelles du monde agricole » afin de « définir les priorités qu’il porterait dans le débat européen. La préparation de cette future Pac constitue un chantier stratégique ». Le ministre s’est aussi prononcé sur le budget consacré à la Pac qu’il défendrait : « Je défendrai à Paris comme à Bruxelles un budget le plus ambitieux possible pour la politique agricole commune ».

Une nouvelle aide à l’installation en préparation

Interpellé le 7 juin 2017 sur la question des prêts d’honneur lors du congrès annuel du syndicat Jeunes Agriculteurs (JA), Jacques Mézard a indiqué que le ministère de l’Agriculture planchait actuellement sur le sujet. Les prêts d’honneur « viendront compléter la palette des outils pour les jeunes agriculteurs. Mes services y travaillent actuellement et je vous assure que c’est un dossier que je vais suivre de près », a-t-il expliqué, avant de préciser vouloir faire du renouvellement des générations l’une de ses priorités. « Plus de 50 % des agriculteurs dans ce pays pourront prétendre à la retraite d’ici à une dizaine d’années et cela nécessite qu’on s’y penche fortement », a également rappelé Jérémy Decerle, le président de JA.

Collecte laitière en Europe : le scénario d'une reprise significative s'éloigne

« Après plusieurs mois de baisse, la collecte laitière européenne a donné des signes de redressement sur mars. Pour autant, cette tendance ne semble pas se confirmer. Les sondages hebdomadaires indiquent une rechute de la collecte sur la fin d'avril et au début de mai, aussi bien en France qu'en Allemagne » note l'économiste Benoît Rouyer, économiste du Cniel. Pendant ce temps, la demande mondiale montre des signes d'amélioration. « Les exportations communautaires de poudre de lait et de fromages se sont fortement redressées en mars, détaille-t-il. L'Europe dispose de 350 000 t de poudre de lait écrémé (PLE) en stock. Ce qui pèsera sur le redressement du prix qui pourrait toutefois « s'écarter de manière significative du prix d'intervention au cours des prochaines semaines. Le second semestre s'annonce dans un contexte davantage favorable pour autant, seule une diminution significative des stocks d'intervention permettrait de conforter ce revirement de conjoncture. » Il reste à savoir « si les conditions d'offre et de demande seront suffisamment favorables pour permettre à la Commission européenne d'amorcer prochainement une phase de déstockage des poudres d'intervention », tempère Benoît Rouyer.

Un bon début d’année pour le veau

À l’occasion de la Pentecôte, la filière veau a dressé un bilan favorable du commerce au premier semestre. D’après FranceAgriMer-Kantar Worldpanel, les achats des ménages en viande de veau sont en hausse de +1,3% en cumul sur les douze premières semaines de l’année. Alexandre Merle, le président de la section veau d’Interbev, note que la consommation a réussi à se stabiliser cette année mais que les ventes ont toujours tendance à diminuer dès l’arrivée des beaux jours. La production française a quant à elle reculé de 2,5 % en cumul sur les quatre premiers mois de 2017. Dans la mesure où le logo Viande de France implique désormais la naissance des veaux en France, une baisse des importations de petits veaux a été constatée.

Volailles : les scores des GMS

À l'occasion de leur assemblée générale commune, les filières avicoles françaises ont étudié la répartition des ventes des principales espèces par circuits de distribution en 2016 (Source Kantar Worldpanel, hors RHD). Les GMS représentent 84% des volumes de poulet, contre moins de 16% pour les circuits spécialisés (boucheries traditionnelles, marchés). Ces derniers ont vu leurs ventes reculer de 5,4% l'an dernier, contre une baisse d'un demi-point pour les GMS. En dinde, la PDM des GMS est deux points plus forte : plus de 86%. Bien qu'en repli aussi sur l'espèce, les circuits spécialisés pèsent plus lourd sur la dinde entière, avec près du tiers des volumes. En canard entier, les Français s'approvisionnent encore pour moitié (48,6%) chez leur volailler, sur les marchés ou à la ferme. Globalement, la part de marché des grandes surfaces monte malgré tout à près de 80% sur le canard grâce à leurs ventes en découpe. Dans le détail des formats de GMS, sur le poulet, les hypers pèsent 45% des achats contre 20% pour les supers, 12% pour le hard-discount et 4% pour la proximité. La part du hard-discount est plus élevée en dinde (16,6%), mais tombe à 9% sur le canard et à 8% sur le poulet PAC Label Rouge.