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Lettre d'information Agricole du 13 mai 2019

Publié le 13 mai 2019

Pac post 2 020 : Guillaume réaffirme la position de la France pour un budget fort 

Entendu au Sénat le 7 mai 2019, Didier Guillaume a réaffirmé la nécessité d'obtenir un maintien du budget de la Pac pour accompagner la transition écologique de l'agriculture. « Le budget de la Pac ne doit pas baisser de plus de 13 milliards, ce qui correspond au budget du Royaume-Uni, a insisté le ministre. Sur ce point nous avons le soutien de 20 pays de l'Union européenne, y compris l'Allemagne. » « Sur la question des eco-scheme, nous n'avons pas encore la majorité au sein des États », a regretté le ministre, qui a martelé que « l'eco-scheme doit être obligatoire » pour tous les États afin d'éviter les distorsions de concurrence et « qu'une flexibilité à la marge pourra être accordée pour des pratiques régionales ou des filières ». Deux autres sujets sont défendus par la France selon le ministre, la nécessité que la Commission soit plus réactive en période de crise et la simplification. Après les élections européennes du 26 mai, il faudra attendre octobre 2019 et la constitution de la nouvelle Commission européenne pour voir les négociations entre les États sur le budget reprendre. 

Prix du lait en mars 2019 : 334 euros/1000 litres de moyenne en Europe 

Le prix du lait de mars 2019 affiche une relative stabilité dans l'Union européenne par rapport aux douze derniers mois. Selon le réseau LTO Nederland et European dairy farmers, en mars 2019 le prix du lait standard a été payé 334,2 euros/t en moyenne sur les 16 transformateurs laitiers européens enquêtés, soit une baisse de 3 euros par rapport au mois précédent. Comparé à mars 2018, le prix moyen est similaire. 

La filière caprine bretonne est toujours dynamique

La filière caprine bretonne évolue et progresse depuis plusieurs années. À ce jour, la Bretagne compte 136 éleveurs caprins professionnels dont 60% transforment le lait de chèvre à la ferme. Même si la collecte bretonne ne représente aujourd'hui que 3% de la collecte nationale, elle est en forte augmentation alors que la dynamique est moins importante dans la première région caprine qu'est la Nouvelle Aquitaine. Actuellement, un litre de lait sur cinq est importé des Pays Bas ou d'Espagne, alors que le besoin de lait français est constant et explique le maintien d'un prix du lait payé au-delà des 700 euros/1 000 l. 

L'UE appelle le Japon à lever les restrictions sur le boeuf 

Le 10 mai, le commissaire européen à l'Agriculture a exhorté le Japon à ouvrir son marché aux importations de boeuf de l'ensemble de l'UE, dont plusieurs Etats membres restent soumis à une interdiction plusieurs années après la fin de la crise de la vache folle. Interdites à l'ensemble de l'UE depuis 2000, les importations ont progressivement repris avec plusieurs pays : l'Autriche, la Grande-Bretagne, le Danemark, la France, l'Italie, l'Irlande, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède. Mais 19 des 28 pays de l'Union restent exclus, dont l'Allemagne et l'Espagne. 

Coup d'arrêt à la croissance de la production de viande de la planète 

Pour la première fois depuis vingt ans, la production de viande dans le monde va diminuer cette année, indique la FAO (Food and Agriculture Organization) dans son dernier rapport sur l'alimentation. Même si la baisse est minime (-0,2 %), cela marque un coup d'arrêt après un bond de 45% depuis 2000. Selon la FAO, la baisse n'est pas liée à la vague vegan mais vient plutôt de l'épidémie de peste porcine. En Chine, où ce syndrome sévit depuis de nombreux mois, elle est devenue endémique et a conduit à l'élimination d'un million de porcs. L'épidémie devrait ainsi se traduire par la chute de 30% du cheptel chinois, leader mondial de la production porcine, et détruire l'équivalent d'une année de production en Chine. Les conséquences de la peste porcine en Chine sont énormes puisqu'elles ont pour effet de stimuler les autres productions de viandes dans ce pays, surtout la volaille qui devrait être « la grande gagnante », d'après l'ONU. Des répercussions sont également enregistrées au niveau des importations chinoises de viandes. En augmentation, ces dernières ont provoqué une hausse de 3% des prix mondiaux en avril. Cette situation devrait par ailleurs relancer le commerce mondial de viande au profit des plus grands producteurs parmi lesquels la Russie, la Corée et les Etats-Unis, ainsi que l'Europe. La FAO table sur une hausse de 8,4 % des exportations de porc dans le monde en 2019. 

Bovins : marché mondial tonique en 2019 

Selon les estimations de l'USDA, la production mondiale de viande bovine devrait progresser de 0,6 %, à 62,6 millions de tonnes équivalent carcasse (téc), contre 62,2 téc en 2018. Cette croissance sera principalement portée par les deux premiers producteurs mondiaux : les États-Unis (12,4 millions de téc, +1,5 %) et le Brésil (10,2 millions de téc, +2,9 %). Autre contributeur, la Chine, dont la production pourrait atteindre 6,6 millions de tonnes (+2,1 %). Le pays développe en effet le secteur bovin pour répondre à une demande de protéines animales en plein essor et compenser le recul de la production porcine liée à la peste porcine africaine. Attendues à 1,7 million de tonnes, les importations de la Chine devraient par ailleurs bondir de 12,7% en 2019. Globalement, les achats internationaux devraient progresser de 4,2%, tirés par le marché asiatique. Les importations japonaises sont attendues en hausse de 2,8% (890.000 téc), celles de la Corée de 3% (600.000 téc) et celles de Hong Kong de 3,4% (500.000 tonnes). Ce besoin mondial en viande bovine sera principalement alimenté par les exportations du Brésil (2,21 millions de téc, +5,7 %), de l'Inde (1,7 million de téc, +8,5 %) et des États-Unis (1,5 million de téc, +3 %). 

La consommation de porc bio en forte hausse 

Même si elle n'arrive qu'en 5ème position dans le marché global du bio, les parts de marché de la viande bio sont en hausse constante. En porc, les volumes restent encore modestes, puisque le bio représente 0,5% de la consommation totale. Toutefois, en 2017, les ventes de porc bio représentaient un chiffre d'affaires total de 214 millions d'euros, alors qu'en 2005, celui-ci n'était que de 34 millions d'euros. Cette somme se décompose en deux parts inégales : 82 millions d'euros pour la viande fraîche et 132 millions d'euros pour la charcuterie. Et d'une manière générale, on observe que la part de la charcuterie est en hausse rapide alors que celle du frais enregistre une progression plus lente. Une enquête réalisée par Kantar média en 2017 montre une évolution du profil des acheteurs. Il y a toujours une base solide de consommateurs engagés, 15% environ, en recherche de sens dans leurs achats. Mais, il y a aussi une démocratisation réelle : 90% des consommateurs réalisent un achat en bio au moins de temps en temps. Pour faire face à la demande, l'élevage de porc biologique est lui aussi en augmentation régulière, même s'il reste largement minoritaire. L'Agence bio a montré qu'entre 2006 et aujourd'hui, leur nombre avait doublé : celui des truies est passé de 4.885 en 2007 à 10.201 en 2017. 

FPA en Chine : la Rabobank annonce une flambée des prix du porc 

Selon les experts de la Rabobank, le prix du porc en Europe et dans le monde devrait continuer de flamber. La Chine ne parvient pas à endiguer l'épizootie de Fièvre Porcine Africaine (FPA) qui touche l'ensemble de son territoire et devrait décimer un tiers du cheptel chinois. La Chine, avec 55 millions de tonnes produites par an, est le 1er producteur de porc au monde (55% de la production). Une baisse du cheptel chinois de 30% équivaudrait à pratiquement la production porcine de l'UE ! Le Ministère de l'agriculture chinois annonce déjà une hausse intérieure des prix du porc de 70%. Selon les experts, cette crise risque d'être longue et devrait accélérer la disparition des petits élevages au profit de grandes exploitations et consolider les grands groupes industriels. Pour les producteurs européens, c'est une remontée des cours nécessaire pour compenser des années difficiles, mais c'est aussi un prix de l'aliment mondial en repli.