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Lettre d'information Agricole du 19 février 2018

Publié le 21 février 2018

UE/Mercosur : reprise des négociations

La Commission européenne a annoncé que l'UE et les pays du Mercosur reprendraient leurs discussions commerciales au Paraguay la semaine débutant le 19 février, après deux semaines de négociations à Bruxelles sans percée significative. Pendant les deux semaines de discussions à Bruxelles entre l'Union et les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), aucune offre formelle n'a été mise sur la table, selon plusieurs sources proches des négociations. L'UE a toutefois signalé être éventuellement prête à de nouvelles concessions en matière agricole, notamment à ouvrir son marché intérieur à 99.000 tonnes de viandes bovines sud-américaines, contre 70.000 tonnes évoquées jusqu'ici, selon plusieurs sources.

Zones agricoles défavorisées : une nouvelle carte et des aides pour les exclus 

Dans un communiqué en date du 9 février, le ministère de l'Agriculture a annoncé que « près de 60.000 agriculteurs pourraient bénéficier de l'Indemnité compensatrice de handicap naturel (ICHN) au premier janvier 2019, contre environ 52.500 aujourd'hui, soit une augmentation de 13% du nombre de bénéficiaires ». Demandée par l'Union européenne, cette nouvelle carte ne satisfait toutefois toujours pas les syndicats agricoles qui estiment que certains territoires, comme le Gers, font partie des oubliés. Après quelques actions de protestation, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a indiqué que les agriculteurs exclus des aides européennes après la refonte de la carte des « zones défavorisées » bénéficieraient d'un « accompagnement » financier pendant deux ans : pour la première année, il s'agira d'une aide à hauteur de 80% du montant qui a été touché l'année d'avant, 20% l'année d'après, et ensuite sans doute un accompagnement renforcé.

International : hausse du marché du « sans lactose »

Selon un rapport de Future Market Insights, le marché mondial des produits laitiers sans lactose a généré 8,6 milliards d'euros en 2017 et atteindra 14,5 milliards d'euros d'ici 2027. Le chiffre d'affaires devrait augmenter à un taux annuel de 5,3% entre 2017-2027. L'augmentation de la consommation d'aliments et de boissons biologiques stimule le marché des produits laitiers sans lactose, et l'amélioration de l'économie mondiale entraîne également une préférence pour les produits de qualité supérieure, tels que les produits laitiers sans lactose, ainsi que le nombre grandissant de la population urbaine.

Du boeuf français en Chine d'ici l'été 

Suite à la visite d'Emmanuel Macron en Chine en début d'année, les formalités liées à la levée de l'embargo chinois sur le boeuf français se sont accélérées. FranceAgriMer s'est ainsi réjoui de l'opportunité que représentait cette décision pour la filière viande bovine française : débouchés en Chine mais aussi au Japon. « L'objectif visé est un démarrage effectif des exportations dès la mi-juillet, sous réserve de pouvoir clôturer l'ensemble des formalités sanitaires préalables requises dans les six mois qui viennent (signature du protocole et du certificat sanitaire avec la Chine, audit et agrément des entreprises françaises candidates à l'exportation) », a précisé FranceAgriMer.

Ruminants : le ministère de l'agriculture appelle les éleveurs à se regrouper 

Le 1er février, à l'occasion du conseil spécialisé pour les filières ruminants de FranceAgriMer, le ministère de l'agriculture a présenté le projet de loi Alimentation aux professionnels et en a profité pour « rappeler l'impérieuse nécessité pour les éleveurs de se regrouper dans le cadre d'organisations de producteurs pour mieux peser dans les négociations commerciales avec les acheteurs ». Il a également été rappelé que si le secteur de la viande compte aujourd'hui 274 organisations de producteurs, celles-ci ne couvrent que 48% de la production bovine contre 85% de la production porcine. FranceAgriMer précise à ce sujet que « le règlement européen « omnibus » paru en décembre 2017 étend les possibilités de négociation collectives à toutes les filières agricoles ».

OMC : l'UE monte au créneau contre l'embargo russe sur la viande porcine 

Mercredi 7 février, l'UE a porté plainte contre la Russie devant l'Organisation mondiale du commerce, estimant que Moscou n'a pas appliqué un premier jugement de l'OMC ayant condamné l'embargo russe sur la viande porcine européenne. Le 8 décembre, la Fédération de Russie a informé l'Organe de règlement des conflits de l'OMC qu'elle avait pris les mesures appropriées pour se conformer aux recommandations et décisions du panel d'experts. Cependant, le 19 décembre, Bruxelles a fait savoir qu'elle estimait que la Russie ne s'était pas conformée aux recommandations de l'OMC et a demandé à l'organisation internationale l'autorisation d'appliquer des sanctions, à savoir « suspendre des concessions au titre des accords visés à hauteur de 1,39 milliard d'euros ».

Forte dispersion de l'EBE en porc en 2016 

Selon les données du Réseau d'information comptable agricole (Rica) publiées en décembre 2017, les élevages porcins présentent la plus forte dispersion des excédents bruts d'exploitation (EBE) de toutes les productions agricoles françaises. En 2016, l'EBE moyen par actif non salarié (Utans) en élevage de porc a été de 93.400 (+56% par rapport à 2015). 25% des exploitations porcines ont dégagé un EBE par Utans de moins de 41.900, alors que 25% en dégagent un de plus de 131.400. Un dixième des exploitations de cette orientation productive ont moins de 16.000 d'EBE par Utans, mais un dixième en ont plus de 193.400. La dispersion est également importante pour le résultat courant avant impôts (RCAI) : alors que la moyenne par actif non salarié en porc est de 51.900, 25% des exploitations ont un RCAI inférieur à 11.600 euros par Utans (1.000 en 2015) et 25% sont à plus de 78.100 par Utans (33.900 en 2015).

Le marché du porc se replie 

Alors qu'en janvier 2017, le cours moyen était de 1,32 euro le kilo de viande en vif, il est tombé à 1,12 euro en moyenne depuis le début du mois de janvier 2018. Selon le Marché du Porc Breton, les débouchés chinois, qui fixe les cours, sont aussi en baisse, le repli a été de 16,6% l'an dernier puisque les opérateurs chinois ont diminué leurs importations pour les ramener à un total de 2,4 millions de tonnes. Reste que les perspectives économiques pour la filière qui ne sont pas toutes négatives, et ce, d'autant plus que la production porcine allemande se réduit. Elle a baissé de 2% l'an dernier ce qui contribue à ne pas encombrer le marché européen. En Espagne, le marché de la viande se stabilise.