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Lettre d'information Agricole du 2 janvier 2018

Publié le 02 janvier 2018

Comptes prévisionnels de l'agriculture pour 2017 : la production se redresse !

En 2017, la valeur de la production agricole s'est redressée (+ 2,4 %), du fait des volumes produits. Si la valeur de la production végétale n'a pour sa part que très légèrement augmenté, celle de la production animale s'est nettement accrue (poursuite du repli des volumes mais prix qui se sont fortement redressés). Cette évolution favorable de la valeur de la production agricole, ajouté à une nouvelle diminution des charges des agriculteurs, permet de raffermir nettement la valeur ajoutée de la branche agricole. Concernant l'emploi agricole, celui-ci continue de décroître. Au total, d'après les estimations du compte prévisionnel de l'agriculture, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif augmenterait de 7,7 % en 2017 en termes réels, après une baisse de 8,4 % en 2016.

En France, le métier d'agriculteur n'a plus la cote

Quelle que soit la catégorie d'âge ou l'origine sociale, le métier d'agriculteur n'attire plus les vocations. Le syndicat Jeunes Agriculteurs estime que le nombre de nouveaux arrivants dans la profession d'agriculteur est passé de 21.660 en 1996 à 14.146 en 2016. Et selon la MSA, le nombre de jeunes âgés de moins de 40 ans installés s'est établi à 9.246. Par ailleurs, le profil des exploitants a évolué, ils sont plus diplômés et ont suivi une formation dans l'enseignement supérieur. Les installations tardives sont toujours nombreuses. En 2016, 4.900 personnes de plus de 40 ans avaient ce choix en 2016, soit 35%.

Affaiblissement de la croissance de l'excédent agroalimentaire

Si la croissance des exportations agroalimentaires françaises s'est légèrement redressée au mois d'octobre (+6,8 % sur dix mois, hors tabac), celle des importations a continué d'augmenter (+7,2 %) par rapport au mois de septembre. L'excédent national reste donc en hausse à +4,6 %, alors qu'il était supérieur à 10 % sur le premier semestre. Dans le détail, on remarque un fort rebond de la catégorie « autres produits » (épicerie), dont les exportations ont bondi de 11,6 %, notamment grâce à l'essor de près de 15 % des ventes de sucre. Représentant près de 48 % de l'ensemble, les exportations de boissons et de produits laitiers sont aussi bien orientées, bien que le solde des seconds soit en retrait. Enfin, le rebond des importations de porc réduit l'excédent, tandis que le déficit en volailles ne diminue que légèrement.

Lait : perspectives agricoles de l'UE pour les marchés agricoles et les revenus 2017-2030

Bien que les dernières années aient été particulièrement difficiles, la demande mondiale et européenne croissante devrait soutenir les marchés laitiers mondiaux à long terme. Cependant, la variabilité des prix sur le marché mondial continuera et des déséquilibres de marché se produiront. En réponse à cela, les opérateurs impliqués dans la chaîne d'approvisionnement devront développer des stratégies pour limiter l'exposition à la volatilité des prix des matières premières. Une solution consiste à produire davantage de produits à forte valeur ajoutée, tels que le fromage et les préparations pour nourrissons. À cette fin, l'UE a plusieurs avantages concurrentiels, notamment la qualité et la réputation de ses produits laitiers. En outre, l'augmentation de la demande des consommateurs européens pour des produits biologiques et de qualité devrait permettre aux agriculteurs impliqués dans ces systèmes de production de créer une valeur plus élevée.

Lait : hausse de l'offre en Europe

En novembre, la collecte laitière française hebdomadaire a dépassé, selon les semaines, de 4% à plus de 6% son niveau de 2016, indique FranceAgriMer, et ce, malgré un cheptel laitier français qui comptait, au 1er novembre, 30.000 vaches de moins qu'un an plus tôt. Grâce à des disponibilités fourragères plus larges et de meilleure qualité, la collecte européenne a enregistré une progression de 2,7% au troisième trimestre par rapport à 2016, indique l'Idele. L'organisme estime en outre que les volumes collectés sur les trois derniers mois de 2017 pourraient dépasser de 4,5% leur niveau de l'an dernier. Un tonus à relier à des prix du lait incitatifs. Selon Bruxelles, le prix moyen payé au producteur a atteint 37,43 c/kg en octobre, soit 25% de plus que l'an dernier et 10,9% de plus que la moyenne quinquennale.

Plan filière : 40% de la viande bovine sous label Rouge d'ici à 5 ans

D'après le plan de filière rendu public par l'Interprofession bétail et viande (Interbev), 40% de la viande bovine devra être sous label Rouge d'ici 5 ans, contre 3% aujourd'hui et la production de viande bio devra être doublée. En parallèle, la filière souhaite également encadrer les promotions avec un accord interprofessionnel. De plus, elle s'engage à « réaliser 30% » des achats de bovins et autres transactions sous forme de contrats prenant en compte un indicateur indexé sur les coûts de production. Aujourd'hui, seul 2?% des transactions ont lieu par ce biais, selon l'interprofession Interbev. La filière souhaite enfin développer la part de l'export, avec l'aide de l'Etat, et poursuivre les concertations avec les ONG au sujet du bien-être animal et de l'environnement.

La consommation de porc à la baisse en France

En 2016, la consommation française de viande de porc par habitant en 2015 était de 32,8 kg, en baisse de 3,2% par rapport à 2015. Cette baisse concerne les achats des ménages en porc frais, mais aussi en charcuterie, y compris le jambon cuit. La situation est comparable celle des autres pays européens : - 4% en Allemagne, - 3% en Espagne et - 6% en Italie.

La France va pouvoir de nouveau exporter ses poulets en Irak

Un communiqué du secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères annonce la levée de l'embargo sur l'importation de volailles françaises par les autorités irakiennes, après l'avis de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) reconnaissant le statut indemne de la France en ce qui concerne la grippe aviaire hautement pathogène. Avant l'embargo, les exportations de volailles françaises vers l'Irak représentaient un volume d'environ 100 millions d'euros par an. Depuis la première épidémie de grippe aviaire (virus H5N1) en 2015-2016, la France avait perdu son statut de "pays indemne" d'épidémie, indispensable pour avoir le droit d'exporter ses produits hors d'Europe. Fin 2016, alors que la France était sur le point de retrouver son statut et de pouvoir recommencer à exporter, une nouvelle épidémie, cette fois de virus H5N8, s'est déclarée. Ce qui a stoppé net le processus.