actualités

Lettre d'information Agricole du 22 mai 2017

Publié le 22 mai 2017

Le solde agroalimentaire français perd un tiers de sa valeur

Selon le service de statistiques du ministère de l'agriculture, l'excédent des échanges agricoles et agroalimentaires français a chuté de 3 milliards d’euros en 2016 pour s'établir à 6,1 milliards d’euros, perdant ainsi un tiers de sa valeur. En cause essentiellement la baisse des volumes exportés en céréales suite à la mauvaise récolte de 2016 qui pèse pour 88% dans la chute de l'excédent commercial des produits bruts de 2,3 milliards d’euros. L'excédent en produits transformés diminue également mais dans une moindre mesure (-0,8 milliards d’euros). Les exportations de produits laitiers ont reculé de 333 millions d’euros par rapport à 2015, du fait de la faiblesse des prix du lait, et les exportations françaises de volailles ont chuté de 170 millions d’euros par rapport à 2015, du fait de l'épisode d'influenza aviaire ayant entrainé la fermeture complète ou partielle de certains débouchés vers les pays tiers. En revanche le solde commercial des viandes de porc redevient excédentaire, bénéficiant de la bonne tenue des exportations (+45 millions d’euros) et de la baisse des importations (-155 millions d’euros).

La FNSEA sera « très vigilante » face à la politique menée par Emmanuel Macron

A l’occasion d’un déplacement à Beaune, Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, a assuré que les agriculteurs seraient « très vigilants » face à trois priorités présidentielles : « Les états généraux de l'alimentation », une « loi de simplification » de la réglementation et un « droit à l'erreur » pour les agriculteurs en cas de contrôle. Elle a également proposé de « signer un pacte » avec le consommateur, soulignant « qu'on ne pourra pas indéfiniment avoir des prix au ras des pâquerettes, des revenus au ras des pâquerettes et des producteurs qui ne gagnent pas d'argent année après année. ». Elle estime en effet qu’« une grande majorité (des consommateurs) sont prêts à payer un petit peu plus s'ils savent que ça revient aux agriculteurs ».

Défaillances d’entreprises : L’agriculture échappe à l’embellie

Le 15 mai, la Banque de France a annoncé que le nombre de défaillances dans le secteur de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche avait progressé de 5,9 % sur les douze derniers mois, alors qu’il était en recul de 7,5 %, tous secteurs confondus. Fin février 2017, la Banque de France a recensé 1.449 défaillances sur un an dans ce secteur, contre 1.368 un an plus tôt. A la fin de mars, le nombre de défaillances a même connu un bond avec 1.476 défaillances (soit +9,2% sur un an).

Malgré l’épuisement des aides, l’explosion des conversions en agriculture biologique se poursuit en 2017

Selon la Fnab, la dynamique de conversions et installations en agriculture biologique enregistrées en 2016 (+12% en nombre de producteurs et +16% en surfaces) s’est poursuivi au premier trimestre 2017 (+5% en surfaces sur neuf régions). D’après une enquête de la Frab de Bretagne, les motivations des nouveaux convertis sont principalement environnementales ou de santé : 36 % déclaraient vouloir arrêter les traitements chimiques - et économiques - 30 % y voient un avantage économique et 25 % soulignent la quête d’une plus grande autonomie. Mais face à cet engouement, la Fnab estime que les politiques agricoles ne répondent pas suffisamment bien aux besoins de la production biologique. En témoigne l’hésitation des porteurs de projets face à l’épuisement des budgets régionaux pour la conversion et le maintien. « Sans garantie sur le niveau des soutiens, bon nombre de producteurs reportent leur projet. ». La Fnab dénonce également le manque de transparence des régions qui fixent bien souvent des critères de priorisation de sorte que les aides au maintien ne sont pas accessibles. Face à ce constat, La Fnab réclame un doublement du transfert de fonds du 1er pilier vers le 2e pilier de la Pac dans le cadre de la révision à mi-mandat prévue en 2017, ainsi qu’un soutien renforcé des structures d’accompagnement spécialisées en bio.

La chute de la collecte laitière continue en France

D’après une note du ministère de l’Agriculture publiée le 15 mai, les livraisons de lait de vache ont reculé de 1,2 % en mars 2017 par rapport à mars 2016. Sur le premier trimestre de 2017, la collecte française a chuté de 4 % par rapport à la campagne précédente en raison d’une sécheresse précoce à la fin de l’hiver et au début du printemps et de faibles stocks de fourrages pour 2016. Le ministère note que les livraisons de lait se sont redressées à l’Ouest en mars 2017 (+3,4% dans le Grand Ouest, et +1,1 % en Normandie) alors qu’elles sont en retrait dans le reste de la France. Concernant la collecte de lait de vache bio, elle représente 2,3 % de la collecte totale française en mars 2017. Enfin, le ministère estime le prix du lait standard 38/32 g à 318 €/1.000 l. en mars 2017, et celui du lait à teneurs réelles à 336 €/1.000 l.

Viande bovine : Interbev veut « suspendre l'application anticipée du Ceta »

Réagissant à un avis rendu par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), Interbev demande la suspension du Ceta, l'accord de libre-échange signé entre l'Union européenne (UE) et le Canada. « À la question posée : cet accord, comme tous les accords de commerce dits de nouvelle génération que la Commission européenne multiplie depuis plusieurs mois, doit-il faire l'objet d'une ratification par les Parlements nationaux, en plus de celle des institutions européennes ? La réponse de la CJUE est particulièrement claire : oui, la conclusion de tels accords est bien, également, l'affaire des États membres ». Interbev rebondit sur cette décision pour rappeler que le Ceta doit faire l'objet d'une application anticipée d'ici juillet sans avoir fait l'objet d'une consultation du parlement français. L'interprofession rappelle que la mise en œuvre anticipée du Ceta serait « synonyme d'ouverture d'un contingent d'importation de 65.000 tonnes de viandes bovines.

Des éleveurs de porc bio « nouvelle vague »

En 2015, l'Agence Bio recensait 395 naissages bio en France - élevages certifiés ou en conversion – pour un total de 9.000 truies, soit 0,9% du cheptel national. Alors que ce chiffre reste faible, la demande en porcs bio, comme pour toutes les denrées agricoles, ne cesse d'augmenter d'année en année. Cependant, les industriels déplorent la difficulté de trouver en France le porc bio que demande le marché, en particulier les jambons, et faute de « marchandise » nationale, s'approvisionnent à l'étranger, au Danemark en particulier. Toutefois, le « modèle » des élevages bio que nous avons pu connaître les années passées est en train de changer. Les éleveurs bio s'affichent désormais en entrepreneurs et investissent beaucoup dans des bâtiments neufs de post-sevrage-engraissement, de naissage, ou récupèrent des bâtiments existants de porcs (ou de vaches laitières). Ces éleveurs « nouvelle vague » assurent également leur débouché en volume et en valeur à travers des partenariats et/ou des contrats.

La FNP refuse de « s'endormir sur le porc français »

Dans un communiqué du 16 mai 2017, la Fédération nationale porcine (FNP) estime qu'industriels et distributeurs ne jouent pas le jeu du porc français. Le syndicat appelle ainsi le nouveau Gouvernement à se saisir rapidement de la question des relations commerciales. La FNP rappelle que l'embellie de la situation dans les exploitations porcines n'a « pas permis de résoudre toutes les situations, la crise ayant laissé des stigmates profonds chez de nombreux éleveurs ». Elle attend donc que cet assainissement de la situation soit durable, « dans un contexte qui reste fragile car très dépendant de la Chine. ».