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Lettre d'information Agricole du 25 septembre 2017

Publié le 25 septembre 2017

Les exportations agroalimentaires européennes bondissent de 7 %

Le 20 septembre, Bruxelles a diffusé les derniers chiffres du commerce extérieur de l’Union européenne. En juillet 2017, le montant des ventes à destination des pays tiers a ainsi atteint 11,3 milliards d’euros, avec une progression marquée pour les États-Unis (+194 millions d’euros) et la Russie (+104 millions d’euros pour les produits non touchés par l’embargo russe). Sur un an, d’août 2016 à juillet 2017, les exportations agroalimentaires de l’Union européenne ont atteint 135,3 milliards d’euros, soit 5 % de plus que sur la même période un an plus tôt. Dans le détail, c’est le secteur des spiritueux et liqueurs qui a vu ses ventes progresser le plus, de 169 millions d’euros, suivis par la poudre de lait (+107 millions d’euros). Les exportations de blé tendre ont en revanche chuté de 188 millions d’euros. Les importations de l’Union européenne ont pour leur part progressé de 9 % en valeur par rapport à juillet 2016. La balance commerciale agroalimentaire communautaire reste positive avec un surplus de plus de 2 milliards d’euros en juillet 2017.

Space : fréquentation en hausse de 12% en 2017

La 31ème édition du Salon international des productions animales (Space) de Rennes, qui s'est tenue du 12 au 15 septembre, a connu une hausse de fréquentation de 12% par rapport à 2016 : 114.653 visiteurs, dont 14.029 internationaux de 128 pays. Le jeudi a même été une journée d’affluence record avec plus de 38.000 visiteurs. La 32ème édition du Space se tiendra du mardi 11 au vendredi 14 septembre 2018.

L'Etat se désengage des aides au maintien de l’agriculture biologique

Le 20 septembre, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a annoncé que l’Etat allait cesser de verser les « aides au maintien » de l’agriculture biologique à partir de 2018, préférant se « recentrer » sur les « aides à la conversion ». « C'est au marché de soutenir le maintien de l'agriculture biologique car la demande est là et il faut que nous soyons collectivement en capacité d'y répondre » a précisé le ministre qui aimerait que d’autres mécanismes contribuent à la pérennité des exploitations biologiques. « Le secteur biologique français connait une croissance historique. Le marché est estimé à plus de 7 milliards d'euros pour l'année 2016, en croissance de 20% par rapport à 2015, année au cours de laquelle une hausse de 15% avait déjà été enregistrée. Et cela continue de progresser sur le premier trimestre 2017 ».

L'agriculture bretonne reprend des couleurs

A l’occasion du Space, le Crédit agricole a dévoilé des chiffres encourageants pour le secteur agricole breton. Si 10 % des agriculteurs souffrent encore beaucoup de la conjoncture, 50 % des exploitations, tous secteurs confondus, se portent bien, a résumé l’établissement bancaire. Au premier trimestre 2017, la banque a ainsi constaté une reprise de l'activité et un redressement des trésoreries sur l'ensemble des filières. Elle a également annoncé, pour le premier trimestre, une progression de 2,58 % de ses attributions de crédits aux agriculteurs bretons (362 millions d'euros) et envisage une progression de 4 % sur l'ensemble de l'année (700 millions d'euros). Dans le détail, les investissements des agriculteurs sont liés à la modernisation de leurs ateliers, l’achat de matériels agricoles, le développement de la robotisation, la conversion en agriculture biologique ou encore l'achat de foncier. Un quart des investissements se réalise dans le lait, 13 % dans le porc, 10 % dans les bovins viande. Le reste se partage entre les légumes, les céréales et les ateliers plein air en volaille. Concernant les installations, celles-ci sont très dynamiques puisque la Bretagne devrait franchir le cap des 540 installations pour un montant moyen de 179.000 euros. Si 71 % des JA ont déjà exercé une activité professionnelle avant leur installation, ils s'orientent (à 66 %) vers l'élevage et intègrent une forme sociétaire dans 44 % des cas. 32 % déclarent exercer une activité de diversification (vente directe par exemple...). Le Crédit agricole note enfin que les agriculteurs souscrivent de plus en plus d'assurances.

Baisse des fabrications de produits laitiers en juillet

La collecte de lait de vache a baissé de 1,4% en juillet 2017 par rapport à juillet 2016. e. Les fabrications de produits laitiers sont également orientées à la baisse. Les fabrications de lait conditionné baissent de 9,4% par rapport à juillet 2016, celles de yaourts et desserts lactés reculant de 3,9% et celles de crème conditionnée de 0,8%. Parmi les principales fabrications de fromages, seules celles de fromages à pâte pressée cuite progressent de 7,3% et celles de fromages fondus de 10%. Les fabrications des fromages frais diminuent de 3,6%, celles de fromages à pâte molle baissent de 2,5% et celles de fromages à pâte persillée de 0,4%. Parmi les produits industriels, les fabrications de matières grasses reculent de 8,6% tout comme celles de poudres séchées, en baisse de 14,8% par rapport au mois de juillet 2016.

France : toujours aussi peu de lait de chèvre

La collecte française de lait de chèvre a reculé de 3,9% au premier semestre par rapport à 2016, selon FranceAgriMer. Faute d'offres suffisantes, la tendance reste à la revalorisation du prix du lait de chèvre payé aux livreurs. À 730€/1.000 litres au premier trimestre selon l'Idele, il dépassait de 1,5% son niveau de 2016. Cette revalorisation en amont et la faiblesse des disponibilités ont permis aux industriels de redresser leurs prix de vente, tant pour les fromages sous marques nationales que sous marques de distributeurs. Une orientation aidée par une bonne tenue de la consommation.

Les producteurs de viande redoutent l'entrée en application provisoire du Ceta

Alors que le Ceta est entré en application provisoire le 21 septembre, les filières bovine et porcine demeurent méfiantes. En effet avec cet accord, les Canadiens ont obtenu de pouvoir exporter vers l'Europe 65.000 tonnes de viandes de boeuf sans droit de douane ; un calendrier a été établi pour les six prochaines années avec des contingents qui vont augmenter progressivement. L'inquiétude est vive du côté d'Interbev, l'interprofession du bétail et des viandes ; d'une part, parce que les contingents canadiens ont été négociés en 2009 avec une Europe qui comptait 28 Etats membres et non pas 27 comme cela va être bientôt le cas, et d'autre part, parce que les Canadiens, gros consommateurs de viande hachée, pourraient exporter les morceaux les plus valorisés de la carcasse (aloyau). Le Ceta qui attribue un quota de 80.000 tonnes de viande de porc sans droits de douane aux producteurs canadiens, suscite également l'inquiétude de la filière porcine française. Les Canadiens considérant le jambon comme un sous-produit de la carcasse pourraient en effet être tentés d'exporter là aussi les morceaux les plus valorisés et déstabiliser le marché européen. Comme pour la filière bovine, les écarts de production sont également pointés du doigt.

La Californie interdit à nouveau le foie gras

Une cour d'appel fédérale américaine a décidé de réinstaurer l'interdiction du foie gras dans toute la Californie, après avoir été ré-autorisé en 2015. Il pourra rester au menu des restaurants jusqu'à ce que les recours soient épuisés. Les plaignants qui contestaient l'interdiction ont « quatorze jours pour déposer une pétition », afin que la totalité des juges du neuvième circuit examine la décision prise par le panel de trois juges vendredi. Si la pétition était acceptée, la Californie devrait s'en remettre à la Cour suprême pour tenter de faire entrer en vigueur son interdiction.