actualités

Lettre d'information Agricole du 29 avril 2019

Publié le 29 avril 2019

La hausse des importations pèse sur l'excédent agroalimentaire 

L'excédent des échanges agroalimentaires français a reculé en février 2019, pénalisé par la forte croissance des importations, selon une note Agreste du service statistique du ministère de l'Agriculture. À 629 millions d'euros, l'excédent agroalimentaire français baisse de 17 millions d'euros par rapport à février 2018. Les importations sont en hausse de 216 millions d'euros, alors que les exportations sont en hausse de seulement 199 millions d'euros. Avec 457 millions d'euros, l'excédent commercial en produits transformés perd 7 millions d'euros par rapport à février 2018, en grande partie du fait de la progression des importations de tourteaux et des produits issus de la pêche. 

Recrutement en agriculture : Des « intentions d'embauche record pour 2019 » selon la FNSEA 

Le dernier baromètre de conjoncture Ifop publié par la FNSEA révèle une hausse significative des intentions d'embauche au 1er trimestre 2019. Au cours des trois derniers mois, 18% des exploitants agricoles ont embauché au moins une personne, soit +2 points par rapport à l'année dernière. Les intentions d'embauche pour les trois prochains mois atteignent quant à elles un niveau record tant en CDI qu'en CDD. Si une amélioration de la situation économique des exploitations agricoles interrogées permet d'expliquer en partie cette tendance, un nombre non négligeable d'exploitants a malgré tout fait part de difficultés ces derniers mois (baisse des cours, cadre réglementaire, charges…). Ce baromètre est aussi l'occasion de révéler une augmentation préoccupante des difficultés à recruter. 250.000 projets de recrutement sont en effet disponibles en 2019, soit 20.000 de plus qu'en 2018, mais 44% de ceux-ci restent difficiles à satisfaire en agriculture. Dans un contexte de chômage élevé, le secteur agricole totalise 10% des projets de recrutement en 2019, générant ainsi 14% des emplois en France. 

Circuits courts : 53 % des agriculteurs espèrent vivre ainsi dignement de leurs productions

Selon le premier baromètre annuel des circuits courts réalisé par Okadran.fr, 53% des producteurs s'orientent vers ce mode de commercialisation pour vivre dignement de leur métier. Ils comptent de cette manière améliorer leurs revenus de 34 à 50% selon la filière et mieux refléter la valeur des produits. 37% des personnes interrogées déclarent en outre vouloir investir dans des labels et appellations garants d'une production responsable et éthique. Le lien direct avec les consommateurs est également mentionné dans les réponses. Si les circuits courts prennent de l'ampleur, c'est parce qu'ils « répondent à de nombreux enjeux actuels, environnementaux, économiques et sociétaux », explique l'observatoire qui met toutefois en avant certains freins, notamment organisationnels. 

Europe : la tendance baissière de la collecte ralentit 

Selon Bruxelles, au cours des 2 premiers mois de 2019, l'Union européenne a collecté 0,8% de lait de moins que l'an dernier. Néanmoins en février la baisse n'est plus que de 0,1%. Parmi les principaux producteurs, on peut noter la chute de 1,8% des volumes néerlandais sous la pression des normes environnementales, mais aussi celle de 2% de la collecte italienne, de 2,5% de la collecte française et de 0,1% de la production allemande. À l'inverse, il faut noter des évolutions positives au Royaume-Uni (+3,1%), en Irlande (+2,5%) et en Pologne (+4%). 

France : « Maintenir la dynamique laitière » française 

L'attractivité de la filière laitière, autant sur l'amont que sur l'aval, ainsi que le renouvellement des générations étaient au cœur des journées des coopératives laitières les 17 et 18 avril 2019 à Paris. Pour Damien Lacombe, président de Coop de France métiers du lait, « sauvegarde et la promotion du modèle pérenne des coopératives », la revalorisation du prix du lait utilisé pour les Marques de distributeurs (MDD), et l'aide à l'installation sont autant de points qui vont permettre de « maintenir la dynamique laitière nationale ». Il existe notamment une forte attente sur les marques de distributeurs, qui pèsent actuellement pour 60% des volumes valorisés en produits de grande consommation en France par les coopératives. Il s'agira également d'asseoir le modèle coopératif français : Même si les coopératives laitières ont vu leur collecte (+0,2%) et leur chiffre d'affaires (+2%) augmenter en 2018 malgré la sécheresse, la perte de point de collecte, d'environ 3% par an, et la moyenne d'âge grandissante des producteurs (48 ans) constituent une menace pour la filière. 

Abattoirs mobiles : le décret d'application publié 

Un décret publié au journal officiel du 16 avril précise les modalités de participation et d'évaluation de l'expérimentation applicable aux abattoirs mobiles prévue par la loi Alimentation : « La participation à cette expérimentation est soumise à la transmission au préfet auprès duquel a été obtenu l'agrément, au plus tard trente mois après la publication du présent décret, d'un dossier comportant notamment un engagement de signer un protocole permettant l'organisation de l'inspection sanitaire ainsi que des contrôles et d'autre part de communiquer les informations nécessaires à l'évaluation de l'expérimentation ». 

Viande bovine : « tous les voyants sont au rouge », selon Culture viande 

Selon Culture Viande, la filière bovine connaît de grosses difficultés. En effet, le dernier baromètre Kantar annonce pour février 2019, un recul en volume de 4,5% pour les viandes de boucheries (par rapport à février 2018), et même de 7,5% pour la viande bovine. Un phénomène que Culture viande relie avec la moindre intensité promotionnelle alors que le prix moyen de la viande bovine a crû de 4,8% sur la période. Autres éléments de conjoncture négatifs pointés par Culture viande : la hausse des importations de viande bovine de 2% en janvier 2019 et un recul de 8% sur le seul mois de mars des abattages et de 4% en tête depuis le début de l'année. 

Consommation en berne pour le poulet et la dinde 

En cumul sur les deux premiers mois de l'année, les achats de volailles et élaborés frais (hors lapin) par les ménages français pour leur consommation à domicile ont reculé de 0,5% par rapport à la même période de 2018, selon FranceAgriMer-Kantar. Le poulet explique en grande partie ce manque de tonus. Les tonnages ont reculé de 5,6%, sous le poids de l'escalope (-4,9%) et du poulet prêt à cuire (-15,8%). Seule la cuisse a su tirer son épingle du jeu avec des volumes en hausse de 1,1%. La dinde n'arrive toujours pas à convaincre, avec des achats en retrait de 4,1%, dont -2,8% pour l'escalope et -4,6% pour la cuisse. Le canard fait figure d'exception, avec des tonnages qui continuent de se ressaisir (+3,1%). Avec des achats en hausse de 7,5%, le magret poursuit sa reconquête, au détriment toutefois du filet (-3,1%).