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Lettre d'information Agricole du 29 janvier 2018

Publié le 29 janvier 2018

Voeux à l'agriculture : Macron rappelle à l'ordre les distributeurs

Lors d'un déplacement dans le Puy-de-Dôme, Emmanuel Macron a invité les professionnels à respecter les engagements pris lors des Etats généraux de l'alimentation. Alors que le monde agricole est dans une situation difficile, le chef de l'État a déclaré qu'il était urgent d'agir en ce qui concerne la valeur et le prix payé aux agriculteurs. Il a en outre rappelé à l'ordre la grande distribution. En effet, issue des Etats généraux de l'alimentation, la charte signée en novembre dernier devant réguler les rapports commerciaux entre producteurs, transformateurs et distributeurs n'est pas respectée. Le président de la République a également promis un plan d'investissement de 5 milliards d'euros pour l'agriculture. Les syndicats agricoles se demandent toutefois si les producteurs les plus fragiles pourront en bénéficier dans la mesure où le nombre de défaillances d'exploitations continue d'augmenter.

Hausse de l'excédent agroalimentaire français en novembre

Selon le ministère de l'Agriculture, en novembre 2017, l'excédent des échanges agroalimentaires français a atteint 849 millions d'euros, en hausse de 252 millions d'euros par rapport à novembre 2016 sous l'effet d'une croissance soutenue des exportations sur un an (+508 millions d'euros), largement supérieure à la hausse des importations (+257 millions d'euros). Le solde des échanges de produits agricoles bruts est excédentaire pour le 4e mois consécutif à 27 millions d'euros, progressant de 157 millions d'euros par rapport à novembre 2016. L'excédent commercial en produits transformés, avec 823 millions d'euros, augmente de 95 millions d'euros sur un an, stimulé par la hausse des exportations de sucre et de vin.

Le Cese adopte un avis sur la compétitivité des filières agroalimentaires

Le 24 janvier, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a adopté, en séance plénière, un projet d'avis intitulé : « Quels leviers pour renforcer la compétitivité de l'agriculture et de l'agroalimentaire français ? » avec 122 voix pour, 15 abstentions et 31 voix contre. Souhaitant redéfinir la notion de compétitivité, le Cese a recommandé la prise en compte d'autres dimensions en plus du prix : la satisfaction des besoins alimentaires, la priorisation des productions génératrices de valeur ajoutée, la définition de stratégies d'exportation et la mise en œuvre de systèmes de production préservant les emplois. Pour améliorer le fonctionnement des filières, le Cese préconise de revoir le déroulement des négociations commerciales en réformant la LME, et de renforcer le rôle des interprofessions, notamment en « examinant leurs modalités de prise de décision afin d'éviter qu'un seul acteur puisse bloquer un processus collectif. Enfin, le projet d'avis évoque la mise en place d'une contractualisation inversée, proposition issue des Etats généraux de l'alimentation.

Filière lait : Stéphane Travert annonce de nouvelles mesures

Stéphane Travert a réuni l'ensemble de la filière lait le mardi 16 janvier. Dans le cadre de la contamination par Salmonella Agona des laits infantiles en poudre fabriqués par Lactalis, le Ministre de l'alimentation a annoncé de nouvelles mesures et un renforcement du cadre juridique. La première mesure concerne l'obligation pour les entreprises de transmettre aux services de l'État les résultats des contrôles défavorables portant sur les produits ou sur l'environnement, dès lors qu'ils peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé publique. Le Ministre insiste également sur « l'obligation de transmission par les laboratoires aux services de l'État des résultats défavorables portant sur les produits ». Jusqu'à présent, cette disposition était limitée aux cas d'intoxication. Stéphane Travers annonce aussi une assise légale donnée à la création de plates-formes de surveillance, notamment pour les denrées alimentaires. Autre conséquence de la crise médiatico-sanitaire, la création d'un plan de contrôle spécifique qui sera mis en oeuvre sur la chaîne de production et sur les plans de maîtrise des risques des produits laitiers en poudre à destination des enfants. Cette mesure sera mise en oeuvre dans les trois mois. Moins d'une centaine d'établissements seraient concernés. A la suite de cet état des lieux, l'Anses sera saisie pour vérifier que les systèmes de surveillance mis en place sont adaptés.

Hausse des fabrications de produits laitiers

Les fabrications de produits laitiers ont augmenté en novembre 2017, par rapport à novembre 2016 en lien avec les disponibilités de matière première. Les fabrications de lait conditionné ont progressé de 1,2%, celles de crème conditionnée de 1,3% tandis que celles de yaourts et desserts lactés reculaient de 0,3%, relève le service de statistiques du ministère de l'agriculture dans une note Agreste. Parmi les principales fabrications de fromages, Agreste note la progression des fabrications de fromage frais (+6,8%), de fromages à pâte persillée (+4,2%) et de fromages à pâte pressée cuite (+3,8%). Les fabrications de fromages à pâte molle et de fromages à pâte pressée non cuite ont reculé de 1,9%, et celles de fromages à pâte filée de 11,4%. Pour les produits industriels, Agreste souligne une augmentation des fabrications de matières sèches de 3,9%.

Abattoirs : de la formation plutôt que des caméras pour Stéphane Travert

Suite à la remarque du député Olivier Falorni qui s'inquiétait que le projet de loi sur l'agriculture et les relations commerciales ne comporte plus l'obligation d'installer des caméras dans les abattoirs, le ministre de l'agriculture Stéphane Travert a répondu le 28 janvier qu'il préférait donner la priorité à la formation des employés. « Le travail que je souhaite mener, c'est à la fois renforcer les contrôles mais aussi faire en sorte de mieux accompagner et mieux former celles et ceux qui font le travail, c'est comme cela que nous réussirons à enrayer cette maltraitance animale », a-t-il expliqué sur BFM-TV. On retrouvera par contre dans le projet de loi la disposition sur l'extension du délit de maltraitance aux animaux dans les abattoirs et les transports.

Le veau en perte de vitesse

Le veau n'échappe pas à la déconsommation de viande dont pâtit tout le rayon boucherie. L'érosion est toutefois moins forte qu'elle n'a été. En volume, les achats des ménages n'ont reculé « que » de 1,8% en 2017, contre - 4,1% en 2016. Autre source de satisfaction : la situation s'améliore encore sur les derniers mois de 2017. Côté production, les voyants repassent au vert. « La chute libre est stoppée. La production est stable depuis deux ans et repart même sur novembre et décembre », souligne Alexandre Merle, président de la section veau d'Interbev. 1.270.000 veaux ont été produits dans l'Hexagone l'an dernier, et 181.000 tonnes équivalent carcasse consommées. Les importations sont très faibles, estimées à moins de 4.000 tonnes par l'interprofession.

Les Français mangent moins de porc

Aujourd'hui, les Français consomment 33 kg de porc frais et élaboré par an, contre 36 kg par an en moyenne en 1986 et 2004. Malgré que la viande de porc soit la 1ère consommée, devant la volaille et le boeuf, sa part diminue en volume dans le panel de viande achetée par les Français, au détriment de la viande de volaille. Selon Culture Viande, cette baisse s'inscrit surtout dans un changement des modes de consommation, auquel s'ajoutent les préoccupations de santé des Français. Cette tendance à la baisse de la consommation de viande se retrouve un peu partout en Europe. En Allemagne, où chaque habitant consomme en moyenne 51 kg de porc par an, les achats de porcs frais ont reculé de près de 8% en volume au 1er semestre 2017. Recul également au Royaume Uni (- 4%), en Espagne (- 3%) et en Italie (- 6%). Selon les projections de l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, la consommation de viandes en Asie du Sud devrait augmenter de 4,2% par an jusqu'en 2050. La consommation mondiale de viandes va continuer de progresser durant les prochaines années à un rythme moyen de 1,3% par an, sous l'effet conjugué de l'augmentation du niveau de vie moyen et de la population mondiale.