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Lettre d'information Agricole du 4 décembre 2017

Publié le 04 décembre 2017

Pac : Phil Hogan veut accorder plus de subsidiarité aux états

Dans une communication sur l'avenir de la Pac, la Commission européenne a indiqué qu'elle proposait de « renforcer les compétences des États membres en matière de choix et de modalités d'affectation des ressources de la Pac afin d'atteindre des objectifs communs ambitieux dans les domaines de l'environnement, de la lutte contre le changement climatique et de la durabilité ». « Un nouveau système de mise en oeuvre sera introduit en remplacement du système actuel, et celui-ci accordera aux états membres/régions un degré plus élevé de subsidiarité », a précisé Phil Hogan, commissaire européen à l'agriculture. Selon l'idée de la commission, chaque pays de l'UE élaborera son propre plan stratégique, qui sera approuvé par la Commission, dans lequel il indiquera comment il envisage d'atteindre les objectifs. La communication de la Commission évoque aussi de nouvelles mesures au sein de la future Pac visant à : « s'attaquer aux préoccupations des citoyens en ce qui concerne la production agricole durable et notamment la santé, la nutrition, le gaspillage alimentaire et le bien-être des animaux » ou encore « créer une plateforme au niveau de l'UE sur la gestion des risques et envisager la meilleure manière d'aider les agriculteurs à faire face aux incertitudes du climat, à la volatilité des marchés et aux autres risques ». La FNSEA a réagi à ce projet en jugeant qu'il s'agissait d'un « mauvais signal pour le projet européen ».

Pac 2020 : Stéphane Travert livre la vision de la France

Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, s'est exprimé sur les quatre grands objectifs de la future Pac pour la France. Ces quatre objectifs sont : libérer le développement des entreprises agricoles et agroalimentaire, en assurant un « prix juste » pour les producteurs ; renforcer la gestion des risques et responsabiliser les acteurs ; valoriser et rémunérer les services environnementaux de l'agriculture et favoriser les transitions climatiques, énergétiques, territoriales, en encourageant la transformation des pratiques et des systèmes de production. Sur le premier axe, Stéphane Travert a notamment évoqué la nécessité au niveau européen « d'élargir les dérogations au droit de la concurrence au bénéfice de l'amont agricole » et de renforcer les missions des interprofessions. Sur le deuxième axe, il a émis l'idée de dispositifs fiscaux permettant aux agriculteurs de constituer de manière volontaire une épargne de précaution. Sur le troisième axe, le ministre s'est exprimé en faveur d'une « révision du champ de la conditionnalité qui devra également être simplifiée ». Enfin, il a souhaité que l'on « puisse introduire la notion de droit à l'erreur au niveau européen ».

S. Travert : l'objectif de 50% de bio dans les cantines sera dans la loi

Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a déclaré que l'objectif de passer à 50% de produits bio et locaux dans la restauration collective d'ici à 2022 ferait l'objet d'une loi. Expliquant également que l'équilibre de l'agriculture de demain reposait à la fois sur l'élevage et sur les céréales, il a en outre annoncé qu'il réfléchissait avec la ministre chargée de la Santé « à un fonds de prévention public-privé » en faveur de l'éducation alimentaire.

Les agriculteurs européens « préoccupés » par les négociations UE/Mercosur

Dans un communiqué en date du 1er décembre, le Copa-Cogeca, principal syndicat européen d'agriculteurs, s'est dit « sérieusement préoccupé » par les dernières négociations de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur. D'après le syndicat, « l'UE ne devrait pas faire de concessions importantes sur le boeuf, le sucre et l'éthanol alors que le marché européen ne manque pas de produits agricoles et que nous ne connaissons pas le résultat du Brexit ». En octobre, l'offre présentée par l'UE (entrée sur le marché européen de 70.000 tonnes de viande bovine et 600.000 tonnes d'éthanol) n'avait pas satisfait les pays du Mercosur. Une nouvelle offre sera faite au plus tard le 8 décembre.

Lait : partout en Europe, le même combat pour répercuter les coûts de production

En visite en Allemagne, des producteurs de lait belges et français, membres de l'European Milk Board ont fait le même constat : les difficultés à répercuter les coûts de production dans le prix du lait sont les mêmes en France, en Allemagne ou en Belgique. Selon eux, le combat de l'intégration de ces coûts dans les prix d'achat du lait doit se faire collectivement au niveau européen et non pas individuellement dans chaque État membre. Pour les producteurs membres de l'EMB, les coûts de production doivent servir de socle à la définition des prix lors de la contractualisation, partout en Europe. Dans le cadre de l'EMB, une alliance baptisée "Commission internationale de regroupement des producteurs de lait (CIRPL)" travaille pour améliorer la mutualisation entre les éleveurs laitiers dans les différents pays de l'UE. « L'objectif de cette collaboration est le renforcement de la position des producteurs sur le marché. » Le tout, non pas chacun de son côté, dans chaque État membre, mais au niveau européen.

Viande porcine : les promotions restent encadrées

Avec l'arrêté du 27 novembre 2017, les ministères de l'Économie et de l'Agriculture ont fixé les périodes des opérations promotionnelles de viande porcine fraîche pour l'année prochaine : du 28 décembre 2017 au 31 janvier 2018 et du 29 août au 30 septembre 2018. Sont concernées par ce calendrier, les opérations promotionnelles relatives à la viande de porc fraîche ou réfrigérée « quand elles mettent en avant un prix de vente au consommateur inférieur à 40% du prix moyen pratiqué hors promotion pour des produits similaires au cours des trente jours précédant l'opération.

Viande : Repli des viandes de boucherie fraîches en octobre

D'après des chiffres fournis par FranceAgrimer - Kantar Worldpanel, les viandes de boucherie fraîches se sont affichées en repli en octobre. Malgré un prix moyen élevé (15,21 euros/kg) au sein du rayon, le veau (-2.7%) a mieux résisté que le boeuf (-8,3%), l'agneau (-7,2%) ou le porc (-8%). Le marché de la viande bovine devrait reprendre des couleurs en cette fin d'année, dans la mesure où les détaillants vont commencer à mettre davantage en avant les pièces nobles, notamment les filets, en prévision des fêtes.

Grippe aviaire : 33 cas confirmés en Europe en un mois

Entre le 16 octobre et le 22 novembre, seuls 33 foyers d'influenza aviaire hautement pathogène de type H5N8 ont été détectés chez des volailles domestiques et 4 chez des oiseaux sauvages, ce qui confirme une forte diminution de l'incidence de la maladie en Europe. Comparativement, l'an dernier, environ 125 foyers étaient détectés chaque semaine sur la même période. Chez les volailles domestiques, 28 foyers ont été détectés en Italie et en Bulgarie. Les foyers détectés dans la faune sauvage se répartissent entre l'Allemagne (1), l'Italie (2) et Chypre (1). Quatre foyers faiblement pathogènes ont également été signalés en Italie et un en Allemagne.