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Lettre d'information Agricole du 6 mai 2019

Publié le 06 mai 2019

UE: 1 milliard d'euros pour faciliter l'accès au crédit des jeunes agriculteurs 

Le 29 avril, la Commission européenne et la Banque européenne d'investissement (BEI) ont lancé un programme conjoint pour financer des prêts aux jeunes agriculteurs à hauteur d'un milliard d'euros. Ce dispositif, entièrement financé par la BEI, devrait être complété par les banques participantes au sein de chaque Etat membre, portant potentiellement le montant total disponible à 2 milliards d'euros. Un peu plus d'un quart des demandes de prêt déposées par les jeunes agriculteurs dans l'UE est rejetée (27%), contre un taux de 9% pour les agriculteurs, déplore la Commission qui s'inquiète plus généralement du renouvellement des générations dans le monde agricole. Selon les chiffres d'Eurostat 11% des 10,3 millions d'agriculteurs en 2016 appartenaient à la catégorie des « jeunes agriculteurs » (et 32% avaient plus de 65 ans). 

Didier Guillaume lance un observatoire de l'agribashing 

Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, lance un « observatoire de l'agribashing » pour recenser les actes de malveillance envers les agriculteurs. Le ministre a indiqué que des « chartes » prévoyant des zones « de non-traitement » allaient être mises en place parallèlement, pour faciliter la cohabitation des agriculteurs en zone habitée, « le long d'un Ehpad, d'une maison de retraite ou d'une école », en concertation avec « le maire, les associations, les agriculteurs ». 

Europe : bon début d'année pour les entreprises laitières européennes

Après une année 2018 marquée par une offre limitée en raison d'un été trop chaud et d'une herbe rare, les exportations européennes de produits laitiers redémarrent. La collecte de lait australienne a chuté de 11% sur les deux premiers mois de l'année, en raison d'un épisode de sécheresse intense. La baisse est identique en Argentine. Aux États-Unis, la collecte s'est stabilisée, alors qu'elle progressait de 1 à 2% par an depuis des années. Confrontés à une forte baisse de rentabilité, des éleveurs américains jettent l'éponge. Conséquence, en l'espace de deux mois, sur janvier et février, l'exportation européenne de poudre écrémée a augmenté de +37% et celle des fromages de +7%. Au total, la conjoncture mondiale laitière s'est assainie depuis un mois avec la baisse de collecte dans les plus gros bassins producteurs, relançant le cours des matières premières à la hausse. La poudre se négocie à 2.400 euros la tonne aujourd'hui dans le monde contre 1.600 euros l'été dernier. En Europe, les prix sont remontés à 1.900 euros contre 1.300 euros en mars 2018. Les cours mondiaux du beurre en revanche se sont assagis passant de 6.000 euros la tonne en juin à 4.800 euros en mars 2019. Les prix en Europe ont suivi tombant de 6.000 euros à 4.200 euros. 

Le décret sur l'expérimentation de la vidéo en abattoir est publié 

Au journal officiel du 28 avril 2019, le décret n°2019-379 du 26 avril relatif à l'expérimentation de dispositif de contrôle par vidéo en abattoir a été publié. Il vise à donner « les conditions de mise en place d'une expérimentation d'un dispositif de contrôle par vidéo des postes de saignée et de mise à mort dans les abattoirs et de son évaluation ». Les données et informations enregistrées dans le traitement ne concernent que les images captées par les caméras, les dates et heures de prises d'image et n'intègrent aucune information sonore ou biométrique. L'accès à ces données est donné aux employés de l'abattoir, aux personnes intervenant pour le compte d'organismes d'audit ou de conseil et aux agents de l'Etat en charge du contrôle officiel de l'abattoir. 

Porc : des abattages soutenus 

D'après le ministère de l'Agriculture, la reprise de l'activité se confirme au premier trimestre 2019, après un second semestre 2018 assez calme. En poids, les abattages des trois premiers mois de 2019 sont en effet supérieurs de 1,8 % à la moyenne de 2014 à 2018, tandis qu'ils se maintiennent en têtes (+0,2 %). En mars 2019, les abattages français ont progressé de 2 % en têtes et de 2,7 % en poids par rapport à 2018. Tirées par la demande chinoise, les exportations sont particulièrement dynamiques (+4,6% sur un an en février 2019). Cette tendance se traduit également sur le marché européen (+1 800 tec sur un an en février 2019), notamment vers l'Espagne (+1 000 tec). Quant aux importations françaises, elles se contractent (-2,5 % sur un an, soit -1 200 tec). De la mi-octobre 2018 à la mi-mars 2019, le cours français du porc s'est établi en moyenne à 1,35 euros/kg en moyenne, entrée abattoirs. 

Recul des ventes de viande ovine 

Les ventes en volume de viande ovine diminuent. Alors que 49,1% des ménages achetaient de l'agneau en 2016, ils n'étaient plus que 46,1% en 2018 indique Kantar Wolrdpanel. Selon le cabinet, les quantités ont chuté de 7,8% entre 2017 et 2018. Chez les 35-49 ans, les quantités achetées ont diminué de près de 17%, tandis qu'elles ont augmenté de 8,2% chez les moins de 35 ans. 

Volailles : une association pour l'aviculture fermière 

Défendre le mode de production des élevages fermiers et en circuit court, c'est la volonté affichée de l'association nationale de l'aviculture fermière indépendante et citoyenne (Anafic), dont la création a été officialisée ce mardi 30 avril 2019. L'association se veut également asyndicale. « Nous souhaitons réunir tous les éleveurs concernés par ces modes d'élevages en dehors des circuits classiques en intégration ou sous contrat, autour des sujets qui nous concernent ». Par ailleurs, l'association compte également « solliciter la recherche publique pour valider des méthodes alternatives pour la désinfection et le vide sanitaire et pour l'équarrissage à la ferme ». Un collège des consommateurs sera également mis en place au sein de l'association. 

La volaille française pousse un cocorico 

Si les Français sont toujours aussi nombreux à consommer de la volaille (97,6% selon Kantar Worldpanel), ils en achètent moins souvent et ont tendance à privilégier des marques qui s'engagent sur la sécurité (73%, + 7 points en un an), la naturalité (84%, + 20 points) et la transparence nutritionnelle (56%, + 12 points). C'est ainsi que peut s'expliquer l'évolution de ce marché, qui chute en volume tout en gagnant 0,8% au global circuits (y compris boucherie-charcuterie) et 1,3% en GMS, selon Kantar, en CAM au 24 février 2019. Les segments valorisés sont ceux qui progressent le plus en volume : les découpes de poulet sont à +3,2%, les découpes certifiées à +15,3%, et les bio, label Rouge et fermier à +8,3%, alors que le poulet entier fait -7,5%.