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Lettre d'information Agricole du 7 octobre 2019

Publié le 07 octobre 2019

Agriculture : au Sénat, Guillaume promet « un grand travail sur l'étiquetage » 

Alors que le sommet de l'Élevage se tenait à Clermont-Ferrand du 2 au 4 octobre, le ministre de l'agriculture Didier Guillaume a promis au Sénat « un grand travail sur l'étiquetage ». « La question de l'étiquetage me semble essentielle », a affirmé Didier Guillaume, pour qui « il faut à la fois la montée en gamme, il faut à la fois les labels, les signes de qualité (...) et parallèlement il faut que l'ensemble de l'agriculture puisse se développer ». « Pour toutes les agricultures, si on a vraiment un étiquetage clair, alors je pense que ça permettra d'être plus performant sur le marché commercial ». «Nous voulons faire un vrai travail sur l'étiquetage en relation avec le Parlement. Ça va tanguer, je sais que tout le monde n'est pas d'accord, mais il faut que le consommateur soit informé », a souligné Didier Guillaume. 

Didier Guillaume soucieux du bien-être des animaux et des éleveurs 

En visite au salon Tech & Bio mi-septembre, Didier Guillaume a tenu à lancer « un appel solennel à nos concitoyens », « un appel à la raison, un appel à l'apaisement », pour sortir de « la confrontation et [de] l'opposition stérile ». Martelant que « l'agriculture française est la plus durable du monde », le ministre de l'Agriculture a dit comprendre les consommateurs qui demandent plus de garanties sur la qualité et la sécurité sanitaire, « mais qu'ils ouvrent les yeux car les agriculteurs sont déjà engagés dans la transition agroécologique ». Pas question toutefois de se contenter des progrès accomplis, notamment en matière de bien-être animal, en bio comme en conventionnel. « Je vais faire dans les jours à venir d'énormes annonces sur le bien-être animal », a annoncé Didier Guillaume, promettant de grandes nouveautés. 

Installer plus d'agriculteurs pour favoriser la transition agricole

InPact, un collectif d'associations qui défendent l'agriculture paysanne familiale, a remis au ministre de l'agriculture un rapport dans lequel il pointe la disparition d'environ 18% des exploitations agricoles françaises sur une décennie (2006-2016) mais aussi une concentration croissante de l'activité agricole. Ce dernier phénomène est, selon le collectif, d'autant plus préoccupant que dans les dix ans à venir, un paysan sur deux va quitter le métier d'agriculteur. Pour endiguer la désertification rurale et la course à l'agrandissement des exploitations, les auteurs du rapport insistent sur «l'importance de reprendre TOUTES les fermes existantes » et favoriser l'émergence d'«exploitations résilientes et aux pratiques vertueuses (agriculture paysanne et durable, agroécologie) ». Pour atteindre cet objectif, le rapport préconise notamment de «mettre en place une politique de soutien aux transmissions agricoles» ou encore l'instauration d'une «aide à la location du bâti». «Favoriser la libération de logements en aidant les cédants à se reloger ou les repreneurs à trouver un logement (communal, logement social, etc.) faciliterait les transmissions», relève en effet le rapport. Autre préconisation : repenser les aides européennes (PAC). 

Europe : la croissance de la collecte laitière européenne ralentit 

En raison de la sécheresse, la croissance de la collecte laitière européenne ralentit. Elle a affiché une timide hausse (+0,2%) sur les sept premiers mois de l'année. En juillet aussi, elle restait positive (toujours +0,2%), la hausse des volumes irlandais (+10,4%), britanniques (+2,7%) et polonais (+1%) compensant les baisses allemandes (-1,2%) néerlandaises (-1,5%) et italiennes (-1,5%). Selon les premières prévisions de la Commission, les températures plus élevées que la normale et les pluies sous la moyenne cet été dans une grande partie de l'UE ont eu des effets négatifs sur les prairies, en France, en Espagne en Allemagne et en Pologne. À l'inverse, le déficit hydrique s'est résorbé outre-Manche. 

France : pas d'inquiétude sur les débouchés du lait bio 

D'après la conférence organisée au Space par Interbio Bretagne, l'avenir semble sourire au lait bio. Même si les acteurs du secteur ont eu quelques craintes de production excédentaire pour le printemps 2019, tous s'accordent aujourd'hui sur la bonne dynamique de la consommation qui permettra d'absorber les volumes supplémentaires. Les produits laitiers bio gagnent en effet tous des parts de marché. Le lait de consommation reste le gros débouché en volume mais la gamme s'étend, notamment du côté des fromages bio. Dans le détail, la part des ventes réalisées en grandes surfaces est particulièrement importante pour les produits laitiers bio (62 %) et encore plus pour le lait liquide (82 %). La production de lait bio française devrait franchir la barre du milliard de litres en 2020. Suite à la vague de conversions de 2016, la progression a été très forte en 2018 : +33%, soit +200 millions de litres. Elle va se réduire en 2019-2020. On s'attend à une hausse de 30% sur deux ans et à un volume de lait bio mi-2021 de 1,158 milliard de litres. Le nombre de producteurs de lait bio devrait passer de 3.500 aujourd'hui à 4.120 (enquête conversion Cniel). 

Gros bovins : un marché déprimé 

D'après Normabev, la sécheresse et les épisodes de canicule de l'été n'ont pas entraîné une hausse des réformes de vaches laitières puisque les abattages ont au contraire reculé de 5 % au mois d'août par rapport à l'an dernier. Compte tenu du manque de fourrage et de récoltes de maïs décevantes, le rythme des réformes pourrait rester soutenu à l'automne. Sur les sept premiers mois de l'année, la France n'a abattu que 935.000 vaches, soit 2,7 % de moins qu'en 2018. Malgré cette baisse, les prix sont restés sous pression dans l'ensemble. En cause, une demande limitée et une pression des importations en provenance de nos voisins européens. Au premier semestre, la France a ainsi importé 172.200 tonnes équivalent carcasse (téc) de viande bovine, selon les données des Douanes rapportées par FranceAgriMer. C'est 3,5 % de plus que l'an dernier, à la même période. L'Irlande s'est distinguée en augmentant ses envois de 12,3 % (31.100 téc). Le Royaume-Uni, aussi, a vu ses expéditions vers la France décoller (+17 %). 

PAC 2019 : les montants d'aide aux bovins allaitants sont fixés 

Un arrêté du 27 septembre, paru au Journal officiel (JO) du 2 octobre 2019, précise les modalités d'attribution et le montant de l'aide aux bovins allaitants pour la campagne de 2019. Afin de respecter le nombre maximal de femelles primées au niveau national, un coefficient de réduction est fixé à 0,975 en 2019. Pour chaque demandeur de l'aide aux bovins allaitants, le nombre de vaches primées au titre de la campagne de 2019 sera donc égal au nombre de femelles éligibles multiplié par 0,975. Le montant unitaire de l'aide aux bovins allaitants est fixé à : 166 euros par animal primé pour les 50 premières vaches, 121 euros par animal à partir de la 51e vache, et 62 euros par animal à partir de la 100e vache, avec un maximum de 139 vaches primées. 

Volailles : flou avant le Brexit 

Le Royaume-Uni est l'un des plus gros importateurs de volailles en Europe, selon Anvol, il capte 33 à 50% du contingent de 881.000 tonnes importé par l'UE. Les conséquences d'un Brexit sans accord pourraient être dures pour les filières continentales. Si ce contingent n'est pas réévalué, ces marchandises devront être réparties au sein des 27 pays. Les envois européens vers le Royaume-Uni seraient aussi soumis à des droits de douane de 1,02 euro/kg. Mais les conséquences économiques du Brexit limiteraient le pouvoir d'achat autres pays européens. Quant au poulet britannique, il afficherait une forte hausse de prix, car l'équilibre carcasse dépend de l'exportation vers l'UE des cuisses et des ailes, le consommateur y appréciant avant tout le filet, selon le British Poultry Council.