Environnement

Conseil stratégique phyto : profiter de cette nouvelle obligation pour réfléchir à une évolution de ses pratiques agronomiques

Environnement

Publié le 30 avril 2021

Nouvelle obligation dans les pratiques phytosanitaires

L’action 22 du Plan national « biodiversité » du 4 juillet 2018 vise à réduire l’usage des produits phytopharmaceutiques tout en accompagnant les exploitants et les filières. Les priorités sont clairement définies. Elles portent sur :

  • la transparence sur les achats de produits afin de permettre à chacun de mesurer les efforts accomplis, dans le respect de l’anonymat. Une plateforme collaborative de capitalisation des données géolocalisées de l’indicateur de fréquence de traitements phytosanitaires (IFT) sera mise en place ;
  • la fin de l’usage du glyphosate d’ici trois ans au plus tard et d’ici cinq ans pour l’ensemble des usages, sans laisser d'agriculteurs sans solution ;
  • une offre de conseil agricole permettant de mieux prendre en compte l'enjeu de la biodiversité. En particulier, la séparation de la vente des produits phytopharmaceutiques et du conseil concernant l’utilisation de ces produits doit permettre de développer une offre de conseil indépendante et visant la réduction de leur utilisation et des impacts qui y sont associés. Par ailleurs ce conseil s’appuiera davantage sur le développement de la biodiversité comme levier de production et de résilience de l’exploitation ;
  • la diffusion des pratiques traditionnelles alternatives aux usages de produits phytosanitaires et de médicaments vétérinaires ;
  • la recherche de nouvelles solutions pour accompagner la transition des pratiques agricoles consécutives à la sortie des pesticides dans le cadre d’Écophyto, avec une enveloppe de 30 millions d’euros dédiés ;

Rappelons aussi qu’un des objectifs du Green deal européen prévoit une réduction de 50% de l’usage des produits phytosanitaires à l’horizon 2030.

Dans cette logique, la loi de séparation des activités de vente et de conseil des produits phytosanitaires est entrée en vigueur depuis le 
1er janvier 2021. La priorité est de garantir l’indépendance du conseil délivré aux agriculteurs.

Cette nouvelle loi instaure également une nouvelle obligation pour tous les agriculteurs : le conseil stratégique à l’utilisation des produits phytosanitaires.

Ce conseil individualisé à chaque exploitation vise à inciter les agriculteurs à améliorer leurs stratégies de gestion des bioagresseurs (ravageurs, maladies…). Il consiste en un diagnostic d’exploitation portant sur les caractéristiques techniques ou agronomiques, le système de culture et les enjeux environnementaux et sanitaires.

De cet état des lieux, il sera proposé un plan d’actions pluriannuel comprenant des leviers adaptés pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires de synthèse, tout en maintenant la viabilité de l’exploitation.

Un conseil stratégique phytosanitaire obligatoire, mais à quel moment ?

Les agriculteurs, utilisateurs de produits phytosanitaires, connaissent le Certiphyto, document indispensable à l’achat et à l’utilisation de produits phytopharmaceutiques. Dorénavant, pour obtenir le renouvellement de son certiphyto, il faudra justifier de deux conseils stratégiques par période de 5 ans, dans un intervalle de 2 à 3 ans entre les deux. Pour un renouvellement de certificat individuel intervenant entre le 31/12/2023 et le 31/12/2025, le justificatif d’un conseil stratégique devra être fourni. Pour un renouvellement intervenant au-delà du 1/1/2026, le justificatif devra porter sur les deux conseils stratégiques. Pour un renouvellement intervenant avant le 31/12/2023, il n’est pas attendu de justificatif de conseil stratégique.

Frise

Des exemptions et des allégements existent 

Les exploitations certifiées en agriculture biologique ou conversion bio sur la totalité de l’assolement ou certifiées « Haute Valeur Environnementale » (niveau 3 de la certification environnementale) seront exemptées de ce conseil stratégique obligatoire. 

Les « petites » exploitations (moins de 2 hectares en cultures maraîchères, arboriculture, horticulture, viticulture ou de moins de 10 hectares pour les autres cultures) bénéficient d’un allégement. Un seul conseil stratégique tous les 5 ans suffit.

Depuis 1er janvier 2021, seuls les conseillers des entreprises agréées pour la réalisation d’un conseil phytosanitaire et donc indépendantes de la vente ou de l’application de produits pourront donc réaliser ces conseils stratégiques à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.

Les conseillers Cerfrance Brocéliande s’engagent dans ce dispositif et peuvent vous accompagner, en collectif ou en individuel, pour optimiser vos conduites de cultures. 

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