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Lettre d'information Agricole du 1er février 2021

Publié le 02 février 2021

Les cours des produits agricoles flambent

Blé, orge, maïs, soja, sucre, huile de palme… La fièvre sur les prix des matières premières agricoles, démarrée l'été dernier, ne retombe pas. De mauvaises récoltes en Europe, des réflexes protectionnistes liés à la crise sanitaire et la spéculation sur des marchés mondialisés ont ainsi dopé les cours du blé de 20 % depuis un an, de 30 % pour l'orge de brasserie et le maïs, de 40% sur les tourteaux de soja qui nourrissent le bétail et jusqu'à 50 % pour l'huile de tournesol. Soit des niveaux jamais atteints sur les céréales et les oléagineux depuis huit ans. Au-delà des raisons déjà évoquées, «c'est vraiment le boom de la demande en Chine, entraînant tous les pays à l'achat, qui cause cette tendance longue, précise Sébastien Poncelet, directeur du développement chez Agritel, le spécialiste de la gestion des risques agricoles. Les causes sont multiples, notamment des stocks qui semblent au plus bas dans l'empire du Milieu malgré les données officielles, des parités monétaires favorables et la reconstitution du cheptel porcin dans le pays après l'épidémie de peste africaine.» Le cabinet ne voit pas la tendance se calmer. Pour les industriels, cette situation est intenable. Meuniers, fabricants de pâtes et autres volaillers veulent mettre le sujet au coeur des négociations tarifaires annuelles avec leurs clients distributeurs. «Il faudrait des hausses de 4 % à 8 % selon les filières, chiffre Dominique Chargé, à la tête de la Coopération agricole.

Négociations commerciales : le gouvernement ne veut pas que les agriculteurs supportent la crise

A un mois de la date butoir de fin des négociations commerciales, le gouvernement s'inquiète de quelques « divergences de vues » et parle de « négociations assez tendues », avec une situation assez hétérogène entre enseignes. Selon le gouvernement, ce n'est pas aux agriculteurs de supporter la crise, l'effort doit être collectif. Le ministère de l'agriculture s'inquiète en particulier de la hausse des coûts de production sur les filières animales (lait, oeuf, viande) et appelle à une meilleure répartition de la valeur, avec la mise en application du concept de prix « en marche avant », découlant de la loi Egalim.

Volaille et boeuf européens pâtiraient des accords commerciaux

Les accords commerciaux de l'Union européenne devraient permettre d'augmenter les exportations agroalimentaires de 25% à 29% d'ici à 2030 (soit +4,7 à 5,5 milliards d'euros) selon une étude de la Commission européennes parue hier. Les importations agroalimentaires augmenteraient pour leur part de 10% à 13% (soit +3,7 à +4,7 milliards d'euros) selon les différents scénarios. L'étude prévoit toutefois une hausse des importations de volailles de 22 à 29% et une hausse de 85 000 tonnes à 100 000 tonnes des importations de viande bovine (contre +25 000 à 40 000 tonnes à l'exportation). La viande porcine européenne pourrait à l'inverse voir ses exportations augmenter de 8,9% (dans le scénario ambitieux) et les exportations des produits laitiers progresser de 7,3%.

Production de boeuf : - 1 % attendu en 2021

Après une hausse estimée à +0,6 % en 2020, la production française de bovins devrait enregistrer une baisse de 1 % en 2021 (1,43 million de tonnes équivalent carcasse), indique l'Institut de l'élevage. Toutes les grandes catégories d'animaux seraient concernées par ce recul en 2021 : -0,6 % pour les veaux de boucherie, -0,9 % pour les gros bovins femelles, -1,4 % pour les taurillons et taureaux, -1,5 % pour les mâles castrés. La réduction du cheptel de vaches allaitantes, entamée en 2017, devrait se poursuivre en 2021, analysent les experts de l'Institut de l'élevage. « La baisse du nombre de génisses de renouvellement conduira à un ralentissement des réformes allaitantes (-0,5 %), dont le poids moyen devrait rester stable par rapport au niveau élevé de 2020. Les génisses de boucherie devraient aussi être un peu moins nombreuses (-0,8 %), mais leur poids moyen continuera d'augmenter en réponse au développement attendu du Label rouge. »

Porc : aucun changement depuis le début d'année

Rien ne change sur le marché du porc breton depuis le début de l'année. Si l'activité d'abattage est en retrait par rapport aux semaines précédentes, elle reste malgré tout soutenue pour la période. Cette semaine, environ 393.000 porcs devraient être abattus. Le poids moyen de carcasses poursuit son repli mais reste encore très élevé. Dans le nord de l'Europe, les cours restent stables mais la situation de l'offre allemande reste préoccupante.

[Brexit] Porc : des hausses de prix à prévoir en 2021

Conclu fin 2020, le Brexit aura des conséquences sur le prix du porc. Selon AHDB, le Royaume-Uni est autosuffisant à plus de 50% en viande porcine. En 2019, la consommation par habitant est restée stable (environ 24,2 kg). Mais, la demande intérieure se concentre sur certaines découpes, notamment la longe (bacon), le jambon fumé et l'épaule (saucisserie). En raison de la problématique d'équilibre carcasse, le pays devrait rester importateur net de produits porcins. Si le Danemark est le plus grand fournisseur de produits porcins vers le Royaume Uni, sa part dans les importations du Royaume-Uni a diminué, passant de 42% en 1997 à 25% en 2017, profitant à d'autres pays exportateurs comme l'Allemagne, l'Irlande et la Pologne. « La pression budgétaire liée à la Covid-19 et une possible augmentation des prix post-Brexit pourraient entraver la montée en gamme malgré une sensibilité développée à l'alimentation durable » prévient l'Ifip.

La filière volaille française inquiète pour 2021

Si les volailles françaises ont pu sauver leur saison festive, les opérateurs de la filière s'inquiètent du contexte de ce début 2021, s'alarme l'interprofession volailles (Anvol) dans un communiqué. Les opérateurs sont confrontés à trois défis majeurs : « la flambée des cours des matières premières, la lutte contre l'influenza aviaire et le manque de visibilité sur leurs activités liées à la restauration », pointe l'interprofession. D'après les prévisions de l'Itavi, la situation devrait se poursuivre tout au long du 1er semestre 2021, avec des hausses estimées des différentes matières premières de plus de 20 % par rapport au même semestre de l'année précédente. L'Interprofession demande ainsi « à l'ensemble des maillons de la filière de prendre en compte l'évolution de ces indicateurs et la hausse importante du coût de production ».

France : la progression des cas de grippe aviaire ralentit

Le dernier bilan du Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation au 28 janvier fait état de 418 foyers d'influenza aviaire hautement pathogène en élevage (H5N8) confirmés en France par le laboratoire national de référence (LNR) de l'ANSES, soit trois de plus que le jour précédent. Ces foyers se répartissent ainsi : 406 foyers en élevage dans le Sud-ouest ; 12 foyers hors Sud-ouest.