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Lettre d'information ACS du 22 février 2021

Publié le 25 février 2021

L'activité recule encore dans le secteur privé en février

D'après le cabinet IHS Markit, l'activité du secteur privé en France s'est de nouveau contractée en février. L'indice Flash composite de l'activité globale est en effet tombé à 45,2, après 47,7 en janvier. Impacté par le maintien du couvre-feu, il s'affiche à son plus bas niveau depuis trois mois.

Covid : quelles sont les entreprises qui ont le plus bénéficié des aides ?

Selon le Comité de suivi et d'évaluation des mesures d'urgence, les dispositifs de soutien mis en place par le gouvernement pendant la crise ont « principalement » bénéficié aux petites et moyennes entreprises entre mars et septembre 2020. Dans le détail, les entreprises de moins de 250 salariés ont représenté plus de 80 % des entreprises aidées durant la première phase de la crise liée à la Covid-19, mais également plus de 80 % du montant total des aides, tous dispositifs compris. Concernant les très petites entreprises (TPE), celles-ci ont représenté 50 % du montant des contributions sociales reportées et un peu moins de 32 % du volume des prêts garantis par l'Etat, d'après un rapport de France Stratégie et de l'Inspection générale des finances. Le Comité de suivi et d'évaluation des mesures d'urgence a par ailleurs constaté « une forme de spécialisation des aides par taille d'entreprise : les reports de charges pour les TPE, le fonds de solidarité pour les PME et le PGE pour les entreprises de taille moyenne ou grande ».

Pourquoi les PME-TPE deviennent à leur tour de mauvais payeurs

Publié le 18 février, le premier baromètre trimestriel portant sur les délais de paiement révèle que les entreprises de moins de 250 salariés sont désormais responsables de nombreux retards de règlement. « Les petites entreprises sont traditionnellement dans les temps, mais nous assistons à un effet cascade : les grands groupes ayant mal payé au début de la crise, les tensions sur la trésorerie se sont répercutées sur les plus petites, et ce sont elles qui suscitent désormais des retards de paiement », alerte Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises et coprésident du comité de crise des délais de paiement. Pour 81 % des entreprises sondées, les structures de moins de 250 salariés sont responsables des retards, et pour 54 % des sociétés interrogées, les structures de moins de 10 salariés sont en cause. Le baromètre met aussi en exergue l'effet délétère des confinements sur les délais de paiement. Ainsi, 16 % des patrons interrogés ont déclaré un nouvel allongement des délais en novembre 2020 par rapport au mois précédent, lorsque le deuxième confinement a commencé. Lors du premier confinement de mars, l'explosion des retards avait été immédiate. Le comité de crise alerte sur le risque que pourrait faire peser l'allongement des règlements à l'heure de la reprise.

UrgenceESS, le fonds de soutien des TPE solidaires créatrices d'emploi

Lancé le 22 janvier par Olivia Grégoire, secrétaire d'Etat à l'Economie sociale, solidaire et responsable, le fonds UrgenceESS aide les structures de l'économie sociale et solidaire (ESS). Le gouvernement a choisi l'association France Active pour gérer le guichet unique qui déploiera ce fonds doté de 30 millions d'euros. Cette enveloppe sera distribuée sous la forme d'aides, de 5.000 euros pour les structures employant jusqu'à trois salariés, et de 8.000 euros pour celles employant quatre à dix personnes. Il ne s'agit pas d'un prêt : la somme n'aura pas à être remboursée. Sont éligibles toutes les structures solidaires employant jusqu'à dix salariés, quel que soit leur statut juridique. Les associations, coopératives, entreprises solidaires d'utilité sociale (ESUS), mais aussi entreprises ayant inscrit les principes de l'ESS dans leurs statuts peuvent y prétendre. Une inclusion importante pour le gouvernement, qui a constaté que les structures solidaires avaient peu bénéficié des dispositifs d'aide mis en place depuis le début de la crise.

Bretagne : près de 700.000 emplois salariés dans les entreprises bretonnes

L'Insee vient de publier une étude consacrée à la démographie des entreprises en Bretagne. Elle établit que les quelque 170.200 établissements localisés dans la région, en 2017, représentaient alors 695.300 emplois, hors agriculture. En dix ans, entre 2008 et 2017, le nombre de ces emplois salariés a augmenté de 15.700. Dans le détail, 227.100 salariés travaillaient les petites et moyennes entreprises (PME) de Bretagne en 2017, 187.600 dans les entreprises de taille intermédiaire et 142.600 dans les grandes entreprises. Les micro-entreprises bretonnes, qui comptabilisaient 126.900 salariés en 2017, ont connu une baisse d'effectifs de 13.000 personnes en dix ans. Beaucoup d'entre elles ont grossi et sont devenues des PME.

Bretagne : la relocalisation, « un potentiel de 130 000 emplois »

D'après une étude de l'association Produit en Bretagne, plus de 130.000 emplois seraient susceptibles de « revenir » au pays, soit 6 % de la population active. Un potentiel énorme que le cabinet a estimé à cinq milliards d'euros de PIB. Pour obtenir ces chiffres, le cabinet a réalisé une étude macroéconomique basée sur les données de l'Insee, des douanes, sur des études sectorielles réalisées par Bretagne Développement Innovation ou par France Stratégie. Il a également mené une enquête terrain auprès d'acteurs du territoire. Le premier secteur à privilégier serait l'industrie. D'après les responsables de l'association, un grand rattrapage pourrait être opéré dans des secteurs comme l'aéronautique, le traitement des déchets ou la plasturgie. Dans ses conclusions, l'association mise aussi sur un développement de l'économie touristique régionale. Boostée par la tendance au voyage vert et au boom des pistes cyclables, la Bretagne pourrait être la grande gagnante de ce « slow tourisme ». Ce pilier de l'économie pourrait créer 20.000 nouveaux emplois d'après Produit en Bretagne.

Le secteur du bâtiment demande des « mesures puissantes » pour relancer le logement neuf

Le 17 février, le pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment (FFB) a appelé le gouvernement à prendre « des mesures puissantes pour relancer » le secteur de la construction de logements neufs, très affecté par la crise du Covid-19 en 2020. Pour l'ensemble des logements neufs, les permis de construire ont dégringolé en 2020 de 14,7 %, et ils pourraient de nouveau reculer à hauteur de 9,1 % en 2021. Ce décrochage en 2020 est dû à la lenteur de l'instruction des autorisations d'urbanisme et de la signature des actes notariés en raison de la crise sanitaire, mais aussi, selon l'organisation, à « l'attentisme des élus locaux à l'approche des municipales et la remise en question, voire le gel, de nombreux projets par les nouvelles équipes ». L'organisation voit en outre trois « écueils majeurs » en 2021 : l'effet du durcissement des conditions des prêts immobiliers, celui des « surcoûts » engendrés par la nouvelle réglementation environnementale et les conséquences des mesures « en matière de lutte contre l'artificialisation des sols qui accentuent déjà la rareté foncière et donc l'offre de terrains constructibles et de logements abordables ». La FFB estime qu'il y a « urgence à agir ».