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Lettre d'information Agricole du 15 mars 2021

Publié le 15 mars 2021

L'exécutif débloque 60 millions d'euros d'aides d'urgence aux éleveurs

Le 6 février, Jean Castex a annoncé le déblocage de 60 millions d'euros d'aides d'urgence aux éleveurs les plus en difficulté, c'est-à-dire ceux qui ont gagné moins de 11.000 euros en 2020, tout en incitant la filière à continuer à se restructurer. « Pour tous les éleveurs qui ont gagné moins de 11.000 euros en 2020 et qui ont subi des pertes importantes, ce qui représente 18.000 exploitations, […] nous allons mettre en place un dispositif exceptionnel de soutien financier qui permettra de couvrir jusqu'à 80 % des pertes d'exploitation », a affirmé le Premier ministre. Cela signifie une enveloppe de 60 millions (d'euros) qui va s'ajouter à l'enveloppe prévue dans le plan de relance […] de 50 millions pour la restructuration de la filière, actions que je veux lier », a-t-il ajouté.

486 millions d'euros d'aides Pac versés

Selon le ministère de l'Agriculture, 341 millions d'euros ont été versés à 220.000 agriculteurs pour le paiement des mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) et des aides à l'agriculture biologique au titre de la campagne de 2020 de la Pac. « Après étude de l'ensemble des dossiers, 55.500 ont été approuvés et font l'objet de ce versement, soit 73 % des demandeurs, assure le ministère. Ce chiffre est en hausse d'un point par rapport à l'année dernière. » Le ministère a également annoncé avoir versé des aides couplées végétales à 90.000 agriculteurs pour un montant de 141 millions d'euros. Pour ce qui est des aides animales, le ministère de l'Agriculture précise avoir versé les aides aux veaux sous la mère et aux veaux issus de l'agriculture biologique à 3.250 éleveurs, pour 4 millions d'euros. Au 3 mars 2021, 131.200 éleveurs, soit près de 98 % des demandeurs, ont perçu une aide couplée animale pour un montant total de 827 millions d'euros.

Le règlement amiable est toujours trop peu utilisé

Un rapport remis au gouvernement constate que les entreprises, y compris agricoles, n'ont généralement pas recours aux procédures amiables qui pourraient les protéger en cas de difficultés économiques. Le rapport avance une méconnaissance des dispositifs, un refus ou une incapacité de se rendre compte de la réalité de la situation et notamment la crainte de l'échec en assimilant le passage par le tribunal à « la faillite ». Pour y pallier, la mission recommande de promouvoir la formation des entrepreneurs le plus en amont possible, de demander aux créanciers institutionnels (organismes sociaux et fiscaux) d'informer l'entreprise sur les dispositifs de prévention lorsqu'ils constatent un premier impayé. Le rapport remis au gouvernement propose également de renforcer l'offre de prévention judiciaire pour les agriculteurs, par la mise en place de juges spécialisés au sein des tribunaux judiciaires et de rallonger la durée des échéanciers de paiement de dettes dues à la MSA au titre des cotisations dans le cadre du règlement amiable.

Europe : l'origine du lait n'est plus obligatoire sur l'étiquette, juge le Conseil d'Etat

Par une décision du 10 mars, le Conseil d'État a annulé l'obligation d'étiquetage de l'origine du lait prévu par le décret du 19 août 2016, considérant qu'il n'y a pas de lien avéré entre l'origine (UE, non UE) et les propriétés du lait. Cette décision fait suite à une requête du groupe Lactalis demandant l'annulation du décret, pour laquelle le Conseil d'État avait interrogé la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Tirant les conséquences de l'arrêt de la CJUE du 1er octobre 2020, le Conseil d'État juge ainsi que l'obligation sous peine de sanctions de l'étiquetage de l'origine du lait est illégale.

Près d'un quart des éleveurs laitiers envisagent d'arrêter la production dans les cinq ans

800 éleveurs laitiers représentatifs de la France laitière ont été interrogés à la fin de l'été 2020 sur l'évolution de leur activité laitière dans les cinq ans à venir (Baromètre social 2020-Cniel). Si la moitié des éleveurs interrogés pensent maintenir leur production laitière dans les cinq ans, 23 % d'entre eux envisagent de l'arrêter et 9 % de la réduire. Les régions les plus impactées sont la Bretagne et le Grand Ouest (37 % en cumulant arrêts et réductions au lieu de 32 % au niveau national). Les éleveurs en conventionnel (35 %) sont également un peu plus nombreux à vouloir lever le pied, ainsi que les élevages de 20 à 40 vaches (42 %) et ceux où moins de la moitié du revenu vient du lait (39 %). Dans la moitié des cas, cette tendance à l'arrêt ou à la baisse s'explique par des départs en retraite. Dans 20 % des cas, des raisons financières (prix du lait trop faible, manque de visibilité, manque de rentabilité) sont mises en avant. Mais la charge de travail (11 %), le manque de reconnaissance (7 %) et la perte de confiance dans la filière (5 %) sont également des raisons citées spontanément.

Porc : la rentabilité des élevages en Europe à son plus bas niveau depuis 2012

La hausse des prix des matières premières a des répercussions sur la rentabilité des élevages de porcs à l'échelle mondiale. Selon les informations relayées par l'Institut du porc, le ratio a sensiblement reculé dans l'UE, atteignant son plus bas niveau depuis 2012, avec des chutes de 33% en France et de 47% en Allemagne. En revanche, avec des prix supérieurs à leurs niveaux de 2020, les ratios au Brésil et aux États-Unis ont moins baissé qu'en Europe : -17% et -18% respectivement. En Chine, le prix du porc reste plus élevé que son niveau d'avant la PPA.

Poulet, dinde : la consommation de volailles a résisté à la crise en 2020

D'après l'interprofession Anvol, la consommation de volailles en France n'a baissé que légèrement en 2020 malgré la crise du Covid-19 (-0,7 %), la hausse des achats de poulet ayant en partie compensé le fort recul sur les pintades ou les canards. Avec un bond de 12,3 % dans les achats des ménages et une hausse de 1,3 % au global (restauration hors domicile comprise), le poulet a représenté 71 % des volailles vendues en France en 2020. La consommation de dindes à domicile a également progressé, de 3,6 % (+1,8 % au total). Mais, malgré une hausse des achats des ménages pour les canards (+4,2 %), la consommation a chuté de 17 % tous circuits confondus, « en raison du fort impact de la fermeture de restaurants pour cette filière», a justifié Anvol. Les pintades ont connu une évolution similaire puisque la consommation a décliné de 11,5 % au total. Concernant la production de volailles, celle-ci s'est dégradée l'année passée (-1,4 % par rapport à 2019). Les productions de canards et pintades ont respectivement plongé de 12,4 % et 12,8 %, selon l'interprofession qui estime que « ces deux filières sont aujourd'hui en grande difficulté ».

Oeufs : en 2020, hausse des exportations françaises

Selon l'Itavi, les exportations françaises d'oeufs coquille ont bondi de 55 % en volume en 2020, avec notamment une hausse de 69 % des envois vers les Pays Bas et de 42 % vers la Belgique, tandis qu'ils ont chuté de 40 % vers l'Espagne. Dans le même temps, les importations d'oeufs coquille ont reculé de 12 %. Le solde reste toutefois négatif (-23.200 téoc ou -22,1 millions d'euros) mais s'améliore. Côté ovoproduits, les exportations françaises ont progressé en volume (+2,3 %) et en valeur (+1,6 %), grâce au tonus des envois vers la Belgique et l'Italie. Les importations françaises ont en revanche reculé de 1,1 % en volume et de 3,6 % en valeur. À 26 millions d'euros, le solde des échanges est positif et s'est amélioré de 4,3 millions d'euros.