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Lettre d'information Agricole du 6 avril 2021

Publié le 06 avril 2021

PAC : un accord de principe, à confirmer, trouvé sur plusieurs volets de la négociation

Les discussions concernant la réforme de la PAC avancent. La ministre portugaise de l'Agriculture Maria do Ceu Antunes a indiqué qu'une « série d'accords de principe qui doivent encore être validés au niveau technique » ont été trouvés. Du côté du Parlement européen, le Président de la commission de l'Agriculture Nobert Lins admet que les positions des institutions se sont rapprochées mais prévient qu'il attend encore « plus de flexibilité de la part du Conseil ». Dans le détail, un accord de principe a été trouvé sur l'application obligatoire d'une définition d'un agriculteur actif, la définition du nouvel agriculteur, les soutiens à accorder aux jeunes agriculteurs (3% répartis entre les deux piliers) ainsi que le nouveau modèle de mise en œuvre (avec un examen bisannuel de la performance et des garanties proposées au Parlement sur la rigueur des contrôles). Les discussions techniques doivent reprendre à partir du 6 avril. Deux gros dossiers restent en suspens : la conditionnalité sociale voulue par le Parlement et surtout l'architecture verte et ses éco-régimes.

Union européenne : des pistes pour développer l'agroécologie

« Face aux dangers du réchauffement climatique, de l'extinction de la biodiversité et de la dégradation des sols, cette pandémie renforce l'urgence pour l'Union européenne d'engager de nouvelles approches agronomique, sociale et territoriale qui protègent les ressources naturelles, préservent la santé, encouragent le renouvellement des exploitations agricoles et tissent la cohésion territoriale », a indiqué le Comité européen des régions dans le Journal officiel de l'Union européenne du 26 mars 2021. Cet organe consultatif de l'Union européenne a donc rendu une liste de recommandations pour renforcer les pratiques agroécologiques à l'échelle de l'Europe : diminuer de 20 % l'utilisation d'engrais et de 50 % les pesticides chimiques, allouer 30 % du premier pilier du trilogue aux écorégimes, mettre en place un système de bonus/malus en fonction des priorités environnementales du pays, faire évoluer les normes d'élevage, soutenir les circuits courts ou encore baisser la TVA sur les produits bio.

Origine du lait : vers un rétablissement de l'étiquetage obligatoire ?

Interpellé par le député Richard Ramos à l'occasion des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 30 mars, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a affirmé vouloir défendre au niveau européen l'obligation d'indiquer l'origine du lait et des viandes aux consommateurs, après l'annulation d'un décret suite à un recours du géant laitier Lactalis. Le ministre a également déclaré qu'il soutiendrait, dans le cadre de l'examen du projet de loi climat, un amendement « visant à pouvoir rétablir l'origine du lait a minima […] pour du lait venant de l'Union européenne. »

Europe : la Commission européenne table sur une progression des prix du lait dans l'UE en 2021

« La bonne demande mondiale et européenne en produits laitiers devrait encore s'améliorer avec la réouverture des services alimentaires, en particulier au second semestre 2021. Elle pourrait continuer à soutenir les prix des produits laitiers dans l'UE et se traduire par une hausse des prix du lait cru payés aux éleveurs dans l'UE », pronostique la Commission européenne dans ses prévisions agricoles de printemps rendues publiques le 30 mars 2021. « La production laitière européenne devrait progresser de 1 % en 2021, sous l'action conjuguée d'une hausse du rendement moyen (+2 %) et d'une nouvelle réduction du cheptel (-1 % dans l'UE, mais +4 % en Irlande). La production est également attendue en hausse en Pologne (+2 %), en Italie (+2,5 %) et aux Pays-Bas (+1 %) alors qu'elle serait à peu près stable (+0,2 %) en France et en Allemagne. »

France : une conjoncture « plutôt favorable » sur les marchés laitiers

Selon le Cniel, la conjoncture laitière du premier trimestre 2021 s'annonce « plutôt favorable » en raison d'une remontée du prix des produits laitiers industriels et du repli de la collecte européenne (-0,9 % sur un an en janvier). De plus, l'approche du pic de collecte suscite moins de crainte que l'an passé. En France, la collecte a enregistré un repli de 3 % sur les dix premières semaines de 2021 Cela s'explique par « la moindre qualité des fourrages récoltés en 2020 », « une complémentation perturbée par le prix élevé des aliments » et « une contraction marquée du cheptel » de l'ordre de 2 % sur un an.

Porc : stable en Europe, sauf en Espagne

Les cours du porc en Europe sont restés quasi-stable la semaine dernière. Compte tenu des fêtes de Pâques, l'activité devrait être moindre dans le nord de l'Europe. Les débouchés fermés de la restauration hors domicile font toujours défaut. Ainsi, l'équilibre entre l'offre et la demande en Allemagne a permis un maintien facile des cours à 1,5 euro/kg, la semaine dernière. En Espagne, la tendance restait positive. La forte hausse du cours s'est poursuivie sous l'effet d'une demande robuste et d'une offre insuffisante. Toutefois, l'augmentation peine à se répercuter sur tous les maillons de la filière. Si les envois vers la Chine et d'autres pays du sud est asiatique demeurent dynamiques, les tarifs tendent toutefois à reculer. Enfin, aux États-Unis, le cours du porc poursuit sa hausse atteignant la barre des 2 dollars, un record jamais enregistré depuis 2014. Le prix se place 55% au-dessus de sa référence de l'an dernier.

Porc : la hausse des envois de l'UE vers la Chine se poursuit

D'après Eurostat, les envois de viande et de produits porcins de l'union européenne vers les pays tiers s'élevaient à près de 499.698 tonnes en janvier, soit une hausse de 18,9%. Cette croissance est due à la forte demande chinoise dont les ventes ont progressé de plus de 56.284 tonnes sur le mois, soit une progression de 21,7%. La part de la Chine est estimée à 63,1% contre 62% en janvier 2020. L'Allemagne garde un accès au marché de Hong Kong dont les achats de janvier ont bondi de 73,6%. Les Philippines reviennent aussi aux achats en janvier avec des volumes qui ont progressé de 154% à 22.458 tonnes.

Grippe aviaire : net ralentissement de la maladie en France

Le dernier point de situation publié par le Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation fait état de 490 foyers d'influenza aviaire hautement pathogène confirmés dans les élevages français au 31 mars, soit seulement un de plus que le 26 mars. Ces foyers se répartissent en 475 foyers en élevage dans le Sud-ouest et 15 hors Sud-ouest. La situation est maintenant stabilisée dans plusieurs zones touchées du Sud-Ouest.