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Lettre d'information ACS du 6 avril 2021

Publié le 06 avril 2021

Le FMI voit une croissance 2021 plus rapide mais inégale

Kristalina Georgieva, la patronne du Fonds monétaire international, a indiqué que la croissance mondiale était en train d'accélérer, tirée par les États-Unis et la Chine. Cette amélioration est, selon ses propos, le fruit d'un « extraordinaire effort » des infirmières, des médecins, des travailleurs essentiels et des chercheurs à travers le monde, tandis que les gouvernements ont pris des mesures budgétaires « exceptionnelles » pour un montant cumulé de 16.000 milliards de dollars. Sans cette aide synchronisée, la contraction du PIB mondial enregistrée en 2020 (-3,5 %) aurait été « trois fois plus importante », a également souligné la patronne du FMI. Le Fonds constate toutefois « une reprise à plusieurs vitesses de plus en plus propulsée par deux moteurs: les Etats-Unis et la Chine ». L'inégalité en matière de vaccination et le développement de nouvelles souches de virus freinent en effet la croissance de certaines zones, « en particulier en Europe et en Amérique latine ». De probables pressions sur les marchés émergents « vulnérables » avec des capacités budgétaires limitées sont également à craindre. Le risque d'une reprise économique désynchronisée à travers le monde est réel et problématique. Si les pays avancés venaient à augmenter brutalement leurs taux d'intérêt, cela augmenterait les coûts de refinancement de la dette d'un certain nombre de pays émergents déjà à la traîne dans cette reprise. Dans ces conditions, Kristalina Georgieva recommande aux pays de se concentrer sur la sortie de crise en accélérant la production et la distribution des vaccins.

Les nouvelles restrictions auront un impact sur la croissance économique

Les 5,8 % de croissance annoncés jusqu'ici par le gouvernement pour 2021 devraient être revus à la baisse. Le ministre de l'Économie et des Finances a en effet laissé entendre le 2 avril que les nouvelles restrictions sanitaires allaient avoir un impact économique. « Nous sommes en train de le chiffrer, je donnerai des précisions d'ici quelques jours », a-t-il indiqué. La veille, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait de son côté estimé que les restrictions annoncées ne devraient pas conduire à une révision très significative de la prévision de croissance de 5,5 % établie par l'institution, dès lors que les mesures ne courent pas au-delà de « début mai ».

Extension des plans d'étalement de paiement des dettes fiscales des TPE et PME

Le 1er avril, le ministère de l'Économie et des Finances a annoncé que les TPE, PME et microentreprises « particulièrement touchées par la crise » pourraient étaler sur une durée de trois ans le paiement de l'ensemble de leurs impôts dus normalement au titre de 2020. Jusqu'ici, seuls les impôts dus entre le 1er mars et le 31 mai 2020 pouvaient faire l'objet d'un plan d'étalement auprès de l'administration fiscale. Cette mesure s'applique « sans condition de secteur d'activité ou de perte de chiffre d'affaires », a rappelé Bercy. Les impôts concernés sont les impôts « directs et indirects », notamment la taxe sur la valeur ajoutée, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, le prélèvement à la source, l'impôt sur les sociétés ou encore la cotisation des entreprises et l'impôt sur le revenu des entrepreneurs individuels. Les plans d'étalement peuvent être de 12, 24 ou 36 mois, après évaluation par l'administration fiscale du niveau de dette fiscale et sociale de l'entreprise. Les entreprises ont jusqu'au 30 juin prochain pour faire leur demande sur le site internet des impôts.

Covid-19 : la CPME réclame des aides spécifiques pour les indépendants en difficulté

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a réclamé le 30 mars des mesures spécifiques pour aider les trois millions de travailleurs indépendants à faire face aux conséquences de la crise sanitaire et économique, notamment en matière de protection sociale et personnelle. « Certains indépendants sont les principaux oubliés des filets de sécurité économiques et sociaux, mis en place pour faire face aux conséquences des mesures de restriction prises dans le cadre de la crise sanitaire. Il est impératif de ne pas les abandonner », juge l'organisation patronale dans un communiqué. Elle plaide notamment pour que la caution personnelle puisse être abandonnée en cas de défaillance, car si la prise de risque est « connue et acceptée en temps normal », elle « devient profondément injuste lorsqu'ils n'ont commis aucune faute (...) et sont simplement victimes de décisions administratives justifiées par la situation sanitaire ». La CPME demande aussi la suspension de l'inscription au Fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) pour les travailleurs indépendants « n'ayant jamais connu d'incident de paiement avant mars 2020 », ainsi que la possibilité de reporter des échéances de prêts pour l'achat de leur résidence principale en fin de prêt, comme cela peut se faire pour les prêts professionnels. L'organisation a aussi pointé les répercussions de la crise sur certains droits sociaux des travailleurs indépendants (absence de validation de trimestres de retraites en raison de pertes de revenus importantes). Elle souhaite enfin que soit abandonné le délai de 12 mois d'affiliation à la sécurité sociale pour que les créateurs d'entreprises victimes du Covid-19 puissent bénéficier des indemnités journalières maladie.

La Région Bretagne prolonge et étoffe son dispositif d'aides aux entreprises face à la pandémie

La Région Bretagne a annoncé une prolongation du dispositif COVID-résistance jusqu'au 30 septembre 2021 ainsi que la création d'une plateforme digitale pour faciliter les démarches des demandeurs. Selon le profil de la structure (entreprise, association...) et la nature de ses besoins, le demandeur peut effectuer sa demande directement en ligne. Fin mars, 610 entreprises et associations avaient souscrit un prêt pour un total de 7,4 millions d'euros. Lancé avec son partenaire BpiFrance, COVID-Résistance est à taux zéro et à remboursement différé de 18 mois. Il s'adresse aux entreprises jusqu'à 20 salariés et avec 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires, avec un plafond de prêt fixé à 20.000 euros. La Région a aussi développé le Prêt rebond. 280 TPE et PME y ont eu recours pour le montant total de 19,3 millions d'euros. Ces prêts sont financés par la Région, des fonds FEDER et Bpifrance.

Covid-19 : une nouvelle aide pour le petit commerce

L'arsenal d'aides à disposition des commerces s'étoffe. Bercy a en effet annoncé une aide à la prise en charge des stocks qui se sont accumulés en raison des confinements, couvre-feux et fermetures de centres commerciaux. Cette nouvelle aide ne concerne pour l'instant que les petits commerces, si, et seulement si, ils appartiennent à quatre secteurs identifiés : l'habillement, la chaussure, la maroquinerie et le sport. Dans ces quatre secteurs, la saisonnalité des collections génère une difficulté particulière à écouler les stocks. Leur chiffre d'affaires a par ailleurs particulièrement souffert ces derniers mois, estime Bercy. Cette aide ne pourra être versée qu'aux entreprises de moins de 50 salariés ayant bénéficié du fonds de solidarité en novembre. Elles toucheront 80 % de ce qu'elles avaient alors perçu (l'aide était plafonnée à 10.000 euros). 35.000 commerces en tout devraient bénéficier du nouveau dispositif, et toucher en moyenne 6.000 euros, pour un coût total de 200 millions d'euros pour les finances publiques. Pour les plus grosses enseignes, qui représentent selon Bercy 200 ou 300 entreprises, les stocks devraient également être indemnisés, dans le cadre d'une mesure plus globale de prise en charge des coûts fixes, à hauteur de 70 % des pertes d'exploitation. Cette aide-là est d'une autre ampleur puisqu'elle est plafonnée à 10 millions d'euros sur six mois.

La construction de logements ne montre aucun signe de reprise

Les derniers chiffres publiés par le ministère de la Transition énergétique marquent une nouvelle dégradation du marché de la construction résidentielle. Le nombre de mises en chantier de logements a encore reculé de 3,1 % de décembre 2020 à février 2021 et celui des permis de construire stagne à +0,5 %. Sur douze mois, les mises en chantier baissent de 9,5 % (79.500 unités en moins) et celle des logements autorisés à la construction de 17,4 % (36.900 unités en moins). Cela laisse déjà entrevoir une crise de l'offre, notamment dans certaines régions où le coup de frein est marqué, comme l'Ile-de-France, les Hauts-de-France, le Grand-Est, la Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Corse (-27,7 %).