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Lettre d'information Agricole du 3 mai 2021

Publié le 03 mai 2021

Les cours des matières premières agricoles atteignent des sommets

Les cours du soja, du blé et du maïs atteignent des niveaux jamais vus depuis huit ans. Le soja s´échange contre 15,42 dollars le boisseau sur les marchés à terme de Chicago. Depuis le début de l´année le maïs progresse de 50% à près de 7 dollars le boisseau et le blé gagne 40%. A Euronext, la tonne de blé est remontée à 247,50 EUR. En cause, la reprise du trafic automobile aux Etats-Unis, synonyme de demande en maïs ; les politiques pour le Climat du président américain Joe Biden ; une météo peu clémente ces dernières semaines dans les grands pays producteurs ; et enfin les achats chinois frénétiques.

Alimentation animale : hausse des prix des acides aminés

Face à la hausse des cours mondiaux du maïs, les cours des acides aminés ont progressé. Les prix de la lysine sont affectés par la flambée des prix du maïs et du soja. Avec la hausse du cours du soja, les éleveurs vont sans doute plus se tourner vers les acides aminés, de quoi booster la demande. Selon l´Ifip, le prix de la lysine de synthèse a augmenté de 28% en un an, atteignant sont plus haut niveau depuis 2013. Le prix de ces produits principalement fabriqués en Chine est aussi tributaire de l´envolée des coûts du transport maritime.

Valoriser les efforts de l'amont jusqu'au consommateur, les industriels s'y mettent

La nutrition des animaux représente de 60 à 80% de la valeur du produit en sortie d´élevage. Quelques démarches en valorisent des aspects positifs jusqu´aux consommateurs. Les signes officiels de qualité ont ainsi communiqué tôt vers les consommateurs. Le « sans OGM » se développe désormais dans toutes filières. L´ensemble du secteur travaille sur la sécurité alimentaire (via le système de certification Oqualim) et l´aspect durable des matières premières (plateforme Duralim, non déforestation - bas carbone). Parmi les éléments mis en valeur auprès des consommateurs figurent la nature des matières premières ; la proportion, comme les « 80% de céréales de volailles label rouge » ; les caractéristiques nutritionnelles avec, en tête, leur richesse en oméga 3 ; la question de la provenance. Si 99% de céréales incorporées dans les aliments pour animaux sont déjà françaises pour les adhérents à Duralim, notre dépendance en certains minéraux indispensables et en protéines reste forte. Malgré le nouveau plan Protéines, il n´y en aura clairement pas assez localement pour tout le monde. Les démarches locales se multiplient pourtant, à l´image de Tromelin, Valorex et Eureden qui veulent relancer la culture des protéagineux en Bretagne ou encore de Multifolia qui a relancé le sainfoin dans l´Hexagone en 2008.

Nutrition animale : la production d'aliments bio a triplé en dix ans

Entre 2010 et 2020, la production française d´aliments destinée aux élevages bio a été multipliée par trois. Selon La Coopération Agricole nutrition animale et le Snia, elle s´élève à 667.000 tonnes en 2020, soit 3,2% de la production nationale. Cela représente une progression de 15% (+87.100 t) par rapport à 2019. La production nationale d´aliments conventionnels affiche, quant à elle, une relative stabilité (-0,6%). Dans le détail, la production porcine enregistre la plus forte augmentation des volumes entre 2019 et 2020 à +24%. Avec 72.800 tonnes, elle représente 11% de la production française d´aliments destinés aux élevages conduits en agriculture biologique. Les aliments pour volailles s´élèvent à 76% de la production d´aliments biologiques (+15% par rapport à 2019) et les aliments pour ruminants à 12% (+13%).

La collecte de lait bio croît plus vite que la demande

D'après l'Idele, la collecte de lait bio a augmenté de 10 % en février 2021 par rapport à février 2020. Si la croissance de la collecte bio flirtait davantage avec les +20 % les années précédentes, l'évolution reste quand même très forte par rapport à celle du lait conventionnel (-2,6 %). Dans le même temps, les ventes au détail ne progressent pas sur le même rythme. En cumul annuel mobile se terminant fin février, Kantar rapporte une stagnation des achats des ménages de lait bio (-0,4 %), une baisse en yaourts bio (-11,2 %) et en fromages frais (-9,4 %). Beurre et crème ont également moins progressé en bio qu'en conventionnel, seuls les desserts frais se sont montrés toniques (+14,6 %). Dans ce contexte, l'Idele estime que le taux de déclassement a augmenté. C'est à cette période que l'équilibre est le plus crucial, en plein pic saisonnier de production (28 % de la collecte annuelle bio est réalisée sur le 2ème trimestre sur une année normale, contre seulement 26 % en lait conventionnel, précise l'Institut).

Porc : la hausse se poursuit en France

Une nouvelle hausse significative du cours du porc a été enregistrée ce jeudi en France. Le prix a repris 3,7 centimes pour s'établir à 1,535 euros/kg vif selon le Marché du porc breton (MPB). L'offre demeure mesurée au regard des besoins des abatteurs français. La baisse de l'offre se poursuit. L'activité sur la zone Uniporc Ouest devrait s'élever autour de 368 000 porcs, soit un nouveau repli de 6 000 porcs environ par rapport à la semaine précédente. Le poids moyen de carcasse reste quant à lui plutôt stable. Ailleurs en Europe, les tendances varient selon les mesures sanitaires mises en place pour lutter contre la pandémie et le positionnement sur le marché du grand export. Après une forte baisse la semaine dernière, le prix allemand a été reconduit, dans un contexte de marché plus équilibré. Le cours espagnol devrait aussi se maintenir au même niveau que la semaine passée.

Oeufs calibrés : marché toujours prudent

La prudence règne sur le marché des oeufs calibrés. Les acheteurs, centres ou grossistes, passent prudemment leurs commandes. La fréquentation magasin semble avoir été bonne ce week-end, d'où des besoins de réassorts mais la plupart des opérateurs se montrent largement en mesure de les satisfaire. Le samedi férié ne va pas changer grand-chose pour la logistique des commandes mais la fréquentation des magasins sera décalée. Au bilan, l'ambiance était assez calme et les cours ont continué de s'effriter.

La part des importations de poulet brésilien progresse en 2020

La part de l'origine brésilienne dans les importations européennes de viande de volaille a augmenté passant de 37 % en 2019 à 44 % en 2020. À 296 000 téc importées en 2020 selon Eurostat, le Brésil se place en tant que premier pays tiers exportateur de viande de volaille vers l'union devançant ainsi la Thaïlande (236 000 téc) et l'Ukraine (90 000 téc). Le quasi-maintien de l'origine brésilienne (-3,6 % en 2020 par rapport à 2019) s'est toutefois fait au détriment des autres origines comme le traduit la chute libre des importations ukrainiennes (-27,4 %) et thaïlandaises (-23,6 %). En 2020, les importations des pays tiers étaient principalement constituées de filets : préparations à base de poulet (33 %), volailles saumurées (42 %) et découpes congelées (16 %). Les poids des préparations à base de poulet et de volailles saumurées ont fortement progressé.