actualités

Lettre d'information ACS du 5 juillet 2021

Publié le 05 juillet 2021

L'Insee table sur une croissance de 6 % en 2021

Selon l'Insee, l'économie française devrait nettement rebondir cette année, portée par une forte reprise de la consommation des ménages après un an de restrictions. Alors que le gouvernement a anticipé une croissance du PIB de 5 % pour 2021, l'institut table plutôt sur une croissance du PIB de 6 %. L'activité économique « pourrait retrouver à peu près son niveau d'avant-crise dès la fin 2021 », estime l'Insee.

Reprise : les entreprises françaises prêtes à rebondir

Après une année 2020 compliquée, les entreprises de taille intermédiaire (ETI) s'affirment prêtes à rebondir, selon la dernière enquête de conjoncture de Bpifrance. 60 % d'entre elles pensent en effet retrouver un niveau égal ou supérieur à celui d'avant-crise d'ici à la fin de l'année, dont 39 % dès cet été. C'est le cas dans l'industrie et la construction (à 62 %), mais aussi dans le commerce et le tourisme (à 41 %) malgré les restrictions sanitaires toujours en vigueur. Les ETI les plus internationalisées, réalisant plus de 25 % de leur chiffre d'affaires à l'export, sont les mieux positionnées. Dans ce contexte, les recrutements devraient repartir dès 2021 : 34 % des ETI envisagent ainsi une hausse de leurs effectifs en France. Si cet optimisme s'explique par l'avancée des campagnes de vaccination dans le monde, il est aussi le résultat du soutien massif de l'État qui a amorti le choc de la crise dans les entreprises et a permis à l'économie de viser 6 % de croissance du PIB cette année, 4 % en 2022. »

La production industrielle recule de 0,3 % en mai, selon l'Insee

Selon l'Insee, la production de l'ensemble de l'industrie a reculé de 0,3 % en mai par rapport à avril, et reste inférieure de 5,6 % à son niveau de février 2020, avant le premier confinement. Dans le détail, la baisse la plus forte concerne les matériels de transport (-5,4 %), en raison des pénuries sur les chaînes d'approvisionnement de l'industrie automobile, et se redresse dans les industries agroalimentaires, extractives et de raffinage. L'indice manufacturier diminue de 0,5 %, après avoir été révisé à -0,1 % pour le mois d'avril.

L'Etat va financer des audits écologiques pour les artisans et commerçants

Le 5 juillet, Alain Griset, le ministre délégué chargé des Petites et Moyennes Entreprises, a annoncé le déblocage d'une enveloppe de 15 millions d'euros afin d'inciter les TPE-PME à amorcer leur transition écologique. L'enveloppe sera partagée à parts égales entre CCI France et les chambres de métiers et de l'artisanat (CMA). Elle permettra aux deux réseaux consulaires de proposer gratuitement 35.000 diagnostics de maturité écologique et 10.000 « actions d'accompagnement », qui pourraient en résulter. Concrètement, il s'agit pour les entrepreneurs de réaliser dans un premier temps un bilan et ensuite de se faire aider par un expert pour se lancer dans la rénovation énergétique des locaux, changer de véhicule, mieux gérer les déchets, améliorer sa consommation en eau, etc.

Commerce : les ventes au 1er trimestre supérieures à leur niveau d'avant la crise

D'après une étude publiée par l'Insee, les ventes des commerces en France ont dépassé au 1er trimestre 2021 celles de deux ans plus tôt. Dans le détail, les ventes dans le commerce de gros non alimentaire se sont affichées en hausse de 4 % par rapport au premier trimestre 2019, et celles dans le commerce de détail alimentaire ont enregistré une hausse de 7 % par rapport à la même période deux ans auparavant. A noter, « les ventes à distance des commerçants qui vendent essentiellement sur internet » ont bondi de 31 % par rapport à leur niveau au premier trimestre 2019. D'après les dépenses de carte bancaire analysées par l'Insee, les fermetures des commerces non essentiels pour combattre l'épidémie de Covid-19 ont eu « un impact très différent en 2020 et 2021 ». Ainsi durant le troisième confinement du 3 avril au 19 mai 2021, « les dépenses dans l'habillement sont en moyenne très inférieures à leur niveau de la période équivalente de 2019 (-56 %), mais la baisse est beaucoup moins prononcée qu'entre le 17 mars et le 11 mai 2020 », durant le premier confinement (-85 %), selon l'institut. Dans les magasins de quincaillerie, les dépenses par carte bancaire sont même « supérieures de 19 % pendant la fermeture de 2021 par rapport à 2019, alors que la fermeture de 2020 avait réduit leur niveau de moitié ».

Le secteur de la construction capte le tiers des travailleurs en situation de détachement

Une analyse de la Dares révèle que sur les 261.300 salariés détachés au moins une fois en France dans le courant de l'année 2019, 34 % des effectifs appartenaient au secteur de la construction. De fortes disparités sont constatées selon les régions. C'est en Corse et en région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) que le recours aux travailleurs détachés est le plus important au sein de la construction (respectivement 6% et 3,5 % de l'emploi salarié privé du secteur), avec un "pic" enregistré dans les Alpes-Maritimes (8,3 %). Tous secteurs confondus, « le recours au travail détaché se fait majoritairement via des prestations de services transnationales entre deux entreprises distinctes (57 % de l'emploi) », viennent ensuite « les mises à disposition de salariés au titre du travail temporaire (26 %) [désignées comme le 'modèle M3'], fortement utilisées dans les régions frontalières, puis les mobilités intra-groupes (19 %). Dans le BTP, ce sont les nationalités portugaise et polonaise qui sont les plus représentées.

Bretagne : pénurie de matériaux et envolée des prix, le secteur du bâtiment va droit dans le mur

Alors que le BTP retrouve des couleurs et que les carnets de commandes débordent, l´ombre d´une pénurie de matériaux menace les chantiers. En sortie de crise, Chine et États-Unis se sont rués sur les stocks mondiaux de matières premières, entraînant une pénurie et une envolée des prix. « La situation est grave et très inquiétante avec une hausse des prix des matériaux de 30 à 150 % », s´alarme Stéphane Le Teuff, président de l´antenne bretonne de la Fédération française du bâtiment (FFB). A l´exemple du mètre cube de bois, dont le prix a été multiplié par trois. « Presque tout le bois français part en Chine », déplore Rachel Denis-Lucas, présidente de l´Union régionale des négociants de matériaux de Bretagne. A cause de la volatilité des prix, les constructeurs ont bien du mal à faire des devis. La filière s´inquiète : « Environ 30 % des chantiers vont bientôt devoir être mis à l´arrêt », estime le président de la FFB Bretagne.