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Lettre d'information Agricole du 5 juillet 2021

Publié le 05 juillet 2021

Egalim 2 : les principales mesures adoptées par l'Assemblée Nationale

L'Assemblée Nationale a adopté, en première lecture, la proposition de loi Egalim 2 le 24 juin. Ce texte s'inscrit dans la continuité d'Egalim avec pour ambition de corriger certains manquements du texte initial, notamment au niveau de l'amélioration du revenu des agriculteurs. Le texte introduit la non-discrimination tarifaire qui va permettre aux industriels de proposer un tarif identique à tous les distributeurs. Il prévoit également la non-négociabilité du prix des matières premières agricoles entre les industriels et les distributeurs, dès lors qu´il y a au moins 25% de matières premières agricoles dans la composition du produit alimentaire. Par ailleurs, la proposition de loi impose des contrats pluriannuels de trois ans minimum entre agriculteurs et transformateurs. Elle interdit aussi les pénalités financières lorsqu'un producteur ne peut pas respecter les volumes inscrits au contrat en raison d´aléas climatiques exceptionnels. Un tunnel de prix pour les contrats de ventes de produits agricoles sera expérimenté. Enfin, le « rémunérascore » sera testé pendant cinq ans.

Réforme de la Pac : retour sur les points clés enfin tranchés lors du trilogue

Après deux jours de négociations, un accord sur la future Pac a enfin été trouvé en trilogue le 25 juin, entre la Commission européenne, le Parlement et les ministres de l'agriculture. Le pourcentage dédié aux écorégimes, sujet qui a fait couler beaucoup d'encre, est donc fixé à 25 % du budget du premier pilier, avec la possibilité pour les États de ne faire que 20 % en 2023 et 2024. À partir de 2025, si les 25 % ne sont pas atteints, les fonds pourront abonder le budget des écorégimes d'ici 2027 ou être transférés vers des mesures du second pilier en faveur du climat et de l'environnement (hors ICHN), sous peine d'être perdus. Du côté du second pilier, 35 % du budget sont fléchés sur l'environnement et le climat. Parmi les autres points qui restaient à trancher figuraient la rotation des cultures : l'introduction de légumineuses dans la rotation et la diversification seront finalement possibles dans le cadre de la BCAE 8 (avec un certain nombre d'exemptions). Quant à la BCAE 9, elle fixe à 4 % la part minimale des terres arables qui doivent être retirées de la production. Une part ramenée à 3 % pour les agriculteurs qui s'engagent à hauteur de 7 % de surfaces non productives dans le cadre des écorégimes. 13 % du budget du premier pilier pourront être consacrés aux aides couplées, et la dérogation de 2 % pour les protéagineux a été validée par le trilogue. Les États pourront ainsi soutenir les cultures de protéagineux et de légumineuses sans condition. Une réserve de crise est également créée, ce qui n'existait pas dans la programmation actuelle.

Produits laitiers : l'UE peine à l'export

D'après la Commission européenne, les exportations européennes de beurre ont reculé en volume de 15 % sur les 4 premiers mois de l'année, et celles de poudres grasses de 2 %. Alors que la poudre de lait résistait plutôt bien, elle a enregistré une chute de 12 % sur le seul mois d'avril, la hausse des envois vers l'Asie du Sud-Est n'ayant pas pu compenser la baisse vers l'Afrique du Nord. La France a présenté des résultats un peu plus positifs sur les quatre premiers mois de l'année : +9 % pour les envois de beurre, +27 % pour la crème, +13 % pour les poudres grasses, +13 % pour le lactosérum en poudre, +37 % pour les yaourts, +11 % pour les préparations alimentaires. Seuls les laits liquides conditionnés et les poudres de lait écrémé ont reculé (respectivement -31 % et -2 %).

La Commission européenne se dit favorable à la suppression progressive des cages

Après l'avis favorable du Parlement européen, la Commission européenne s'engage à son tour à proposer, d'ici à la fin 2023, la suppression progressive et finalement l'interdiction des cages pour un certain nombre d'animaux d'élevage. Cette proposition sera intégrée à la révision en cours de la législation sur le bien-être animal dans le cadre de la stratégie « De la ferme à la table ». La proposition de la Commission concernera en particulier : les animaux déjà couverts par la législation (les poules pondeuses, les truies et les veaux) mais aussi les autres animaux mentionnés dans l'initiative citoyenne européenne (lapins, poulettes, poules pondeuses reproductrices, poulets de chair reproducteurs, cailles, canards et oies). La Commission examinera les conséquences socio-économiques et environnementales des mesures à prendre et les avantages pour le bien-être des animaux dans le cadre d'une analyse d'impact qui sera effectuée avant la fin 2022. Dans ce contexte, une consultation publique sera menée au plus tard début 2022. La Commission évaluera la faisabilité d'une entrée en vigueur de la législation proposée en 2027.

Hausse des abattages de gros bovins

D'après Agreste, les abattages de gros bovins ont progressé de 2,4 % en cumul sur les cinq premiers mois de l'année. La France a ainsi produit 528 964 tonnes équivalent carcasse de viande bovine sur cette période. On note une hausse de 5,4 % de la production issue des abattages de gros bovins mâles, de 4 % pour celle issue de génisses et de 1,3 % pour celle de vaches allaitantes. À l'inverse, les abattages de laitières ont reculé de 1,9 % en téc. Les abattoirs étaient au rendez-vous pour répondre à une demande toujours centrée sur la viande française, faute de restauration. À noter qu'à partir de juin les abattages s'affichent moins dynamiques. Ils reculent en têtes de 1,8 % en cumul sur les semaines 21 à 24 rapporte Interbev, la hausse des abattages de JB mâles (+7,6 %) ne compensant pas le recul des femelles (-2 % en vache viande, -5,3 % en vaches mixtes et lait).

Feu vert à l'aide de 60 millions d'euros aux éleveurs de bovins viande

La Commission européenne a validé l'aide de 60 millions d'euros annoncée au début de mars 2021 par le Premier ministre et visant à soutenir les petites et moyennes entreprises du secteur de l'élevage de bovins à viande touchées par les conséquences de la pandémie. « Les bénéficiaires admissibles seront indemnisés jusqu'à 80 % environ des pertes subies entre avril 2020 et mars 2021. La mesure devrait bénéficier à 22. 000 entreprises agricoles », a précisé la Commission européenne dans son communiqué de presse.

Porc : net recul des cours

Le 28 juin, le prix de base du porc s'élevait à 1,480 euro/kg au Marché du porc breton de Plérin, soit un recul de 1,6 centime par rapport à la précédente vente. En cause, l'arrêt brutal des achats chinois et une demande intérieure très insuffisante. Les entreprises doivent aussi faire face à une concurrence agressive de viandes européennes qui ne trouvent plus de débouchés sur les grands marchés à l'export.

Poulet : chute des envois vers les pays tiers

Depuis mars, les exportations françaises de poulets ont fortement repris, principalement à destination des Pays Bas, de l'Allemagne et de l'Espagne. Ainsi, sur les quatre premiers mois de l'année, les envois ont bondi de 19,5 % en volume et de 2,6 % en valeur vers les pays de l'UE, indique FranceAgriMer. En revanche, les exportations vers les pays tiers ont reculé : -2,6 % vers le proche et Moyen-Orient, -45 % vers l'Afrique subsaharienne et -26,9 % vers Hong Kong. À noter que l'Arabie saoudite a récemment imposé de nouvelles mesures de restrictions sur les importations avicoles. En mai, onze entreprises brésiliennes ont été suspendues d'exportation. Début juin, ce fut le tour de certaines régions françaises et ukrainiennes d'être sanctionnées. En effet, au 8 juin, l'autorité saoudienne des produits alimentaires et pharmaceutiques (SFDA), a temporairement interdit les importations de viande de volaille et d'œufs en provenance des Landes, des Pyrénées-Atlantiques et du Gers pour cause d'Influenza aviaire. Les importations de produits avicoles qui subissent un traitement thermique, sont toutefois autorisées. L'année dernière, la France a exporté environ 73 000 tonnes de viande de poulet vers l'Arabie saoudite.