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Lettre d'information Agricole du 27 septembre 2021

Publié le 28 septembre 2021

Vers une hausse du budget du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation en 2022

Le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation a dévoilé le détail de son projet de budget inscrit dans le projet de loi de finances (PLF) 2022. Ce budget traduit l´action du ministère autour de 3 grands axes : le soutien à l'agriculture et à la transition agroécologique, la capacité à prévenir et réagir face aux risques sanitaires et la formation des jeunes et l'innovation. Le PLF 2022 prévoit ainsi une augmentation des moyens du ministère dans les domaines de la sécurité sanitaire des aliments, de la santé et de la protection animales et de la santé des végétaux, avec un budget de 614 millions d´euros en autorisation d'engagement (AE) et 611 millions d´euros en crédits de paiement (CP), soit une hausse de 2,6% en AE et 2,1% en CP par rapport à la loi de finances initiale 2021.

« La France doit accélérer vers l'agroécologie »

Un rapport de France Stratégie, rendu à l'Assemblée nationale le 22 septembre 2021, livre des recommandations pour orienter le pays vers une alimentation plus saine et plus durable. Remis par Gilles de Margerie, commissaire général de France Stratégie, à la demande du président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, ce rapport dresse d'abord un diagnostic avant de faire des propositions. Les auteurs du rapport ont pris le parti de ne traiter que la situation française dans une perspective européenne. Sur le volet agricole, « quelles que soient les approches développées, celles-ci convergent pour affirmer que la soutenabilité du système alimentaire français à longue échéance impliquera de réorienter l'agriculture vers des modes de production agroécologiques, nécessitant moins d'intrants et moins d'eau ». Pointant le déclin du secteur agricole, le rapport évoque également la dégradation de l'autonomie alimentaire nationale et les baisses de performance à l'exportation. Selon Gilles de Margerie, si « la France a franchi des étapes », elle doit s'inscrire dans une stratégie de transition alimentaire à long terme, les politiques nationales de nutrition et d'alimentation actuelles « n'apportant que des réponses partielles et restant trop sectorielles ». Davantage de convergences et de coordination entre les instances et instruments existants (programmes nationaux nutrition santé – PNNS, programmes nationaux pour l'alimentation (PNA), Pac, loi Climat et Résilience) seraient donc la clé pour améliorer la situation. « On tâtonne et on évalue tellement peu qu'on n'est pas capable de dire de manière argumentée et factuelle ce qui marche ou ne marche pas. Le défi qui arrive, c'est d'être bien au clair sur qui fait quoi, comment on le fait et que fait-on si ça ne va pas. »

Egalim : les sénateurs émettent de sérieux doutes sur l'efficacité de la loi

La proposition de loi du député Grégory Besson-Moreau a été examiné par la commission des Affaires économiques du Sénat le 15 septembre. Les sénateurs ont émis de forts doutes concernant l´amélioration des revenus des agriculteurs. Ils estiment que cette proposition « repose en partie sur les mêmes mécanismes que ceux de la loi Egalim 1 qui ont prouvé depuis trois ans leur inefficacité ». Par ailleurs, si la commission critique la « complexité des dispositifs créés et le fort déséquilibre que cette proposition de loi instaure entre fournisseurs et distributeurs », ils apportent leur soutien à la contractualisation et à la clause de révision des prix. Les sénateurs ont validé la généralisation de la contractualisation écrite tout en encadrant les possibilités de dérogation et en s´assurant que des modalités d´application spécifiques pour les petits producteurs agricoles puissent être édictées. La commission a intégré la non-négociabilité des MDD. Enfin, les articles 3 bis et 4 sur l´étiquetage de l´origine ont été supprimés. La commission souhaite ainsi mettre l´accent sur le renforcement des contrôles en la matière

France : les prix des produits laitiers industriels marquent le pas

D´après la note conjoncturelle publiée par l´interprofession laitière (Cniel), les perspectives d´offre et de demande sont équilibrées. Après une période de hausse au cours du premier semestre, les prix des produits laitiers industriels se sont stabilisés et une variation modérée des prix est anticipée pour les prochains mois. Concernant la production laitière, si celle-ci continue d´être dynamique en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis (+3 % en cumul sur les 12 derniers mois), l´évolution est bien plus timide en Europe (+0,5 %). FranceAgriMer fait état d´un prix standard du lait de vache conventionnel de 342 euros/1 000 litres en juin 2021, soit 20 euros/1 000 litres de plus sur un an. Bien que les marchés semblent apaisés, la crise des intrants met « sous pression les exploitations laitières. »

France : la collecte de lait de vache a reculé en juillet

En juillet 2021, la collecte française de lait de vache a atteint 1,916 milliard de litres contre 1,954 milliard à la même période en 2020 (-1,9 %). La collecte laitière se replie dans tous les bassins laitiers, sauf en Auvergne-Limousin où elle progresse de 1,6 %. Les baisses les plus fortes s´observent dans le Sud-Ouest (-3,7 %) et en Nord-Picardie (-4,5 %). La part du lait bio dans la collecte française s´élève à 5,4 %. C´est 0,7 point de plus que l´année dernière. Celle du lait produit selon les cahiers des charges des AOP/IGP se stabilise à 17 %. En cumul depuis le début de l´année 2021, la collecte française de lait accuse un repli de 1,3 % par rapport à 2019.

Porc : la dépression européenne contamine la France

Le prix du porc a enregistré une première baisse de 2,9 centimes/kg. Au 17 septembre, le cours était à 1,306 euro/kg. Il était ainsi à 5,3% sous son niveau de l´an dernier. L´abattage s´établit aux environs des 371 000 porcs. Le marché du porc français ne résiste pas à la dépression qui sévit en Europe. Le marché reste toujours dégradé en Allemagne. Alors que le pays vit sa pire crise financière jamais enregistrée depuis des décennies, le ministère de l´Agriculture allemand a débuté une discussion avec les différentes associations et entreprises du secteur. Enfin, en Espagne, la cotation devrait se replier de 2 à 3 centimes dans un contexte d´offre en hausse, les éleveurs proposant plus de porcs aux abattoirs.

Des abattages et des éclosions très disparates

Selon les chiffres du ministère de l'agriculture publié le 6 septembre 2021, depuis janvier 2021, les abattages de volailles ont chuté, comparés à la moyenne sur trois ans, pour toutes les espèces (-7 % pour les dindes, -11 % pour les canards à rôtir, -38,4 % pour les canards gras et -35,3 % pour les pintades), hormis pour le poulet (+3,5 %). En juin 2021, les mises en place de poussins de chair étaient contrastées selon les espèces. Comparées à juin 2020, les mises en place de poulets étaient en augmentation (+5,6 %), celles de pintades étaient stables tandis que celles de dindes reculaient fortement (-15,2 %). Les mises en place de canetons ont par contre connu une forte augmentation (+32,8 %), avec un rebond des éclosions qui pourrait annoncer les sorties de crise de production pour les deux filières : fin du dépeuplement d'élevages de canards à gaver pour endiguer l'épidémie d'Influenza aviaire dans le Sud-Ouest (mise en place de janvier à mai), et pour la filière canards à rôtir, une reprise de l'activité de production compte tenu d'un contexte sanitaire plus favorable à l'ouverture des débouchés.

La MSA met fin aux reports de cotisations liés au Covid

Les possibilités de report des cotisations sociales mises en place par la Mutualité sociale agricole (MSA) du fait de l'épidémie de Covid-19 prennent fin en septembre 2021. À compter de ce mois, les échéances devront être réglées selon les modalités habituelles. « En fonction de l'évolution de la situation, des dérogations pourront néanmoins être mises en place pour certains secteurs d'activité », affirme la MSA.