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Lettre d'information Agricole du 4 octobre 2021

Publié le 04 octobre 2021

Les chambres d'agriculture très déçues par le manque d'engagement de l'État

Alors que les chambres d'agriculture ont engagé depuis plusieurs années un travail important de modernisation pour accompagner les agriculteurs dans leur transition, s'engageant sur des objectifs chiffrés, acceptant de nouvelles missions, le gouvernement reste réticent à signer un contrat d'objectifs et de performance. Selon Sébastien Windsor, le président des Chambres d'agriculture, le blocage viendrait de Bercy, qui souhaite garder des marges de manœuvre l'année prochaine, notamment pour baisser le budget des chambres. Or, sans visibilité budgétaire, difficile d'anticiper et d'accompagner le changement. « Tout le monde a des ambitions pour l'agriculture, mais personne n'en a pour les gens qui veulent accompagner cette transformation » déplore Sébastien Windsor. Les chambres d'agriculture craignent également de ne pas pouvoir poursuivre certains chantiers prévus en l'absence de signature d'un contrat pluriannuel : conseil stratégique sur les phytosanitaires, développement d'outils numériques nécessaires à la réalisation des diagnostics carbone, élaboration d'une base de données moderne sur l'identification animale…

Plan de relance : 84 millions d'euros déjà engagés pour la modernisation des abattoirs

Le ministère de l´Agriculture s´est félicité du succès du plan de relance pour la modernisation des abattoirs. 132 dossiers ont été sélectionnés depuis l´ouverture de la mesure et plus de 84 MEUR d´aides ont déjà été attribués. Ce plan de modernisation contribue à améliorer la protection animale. 46 projets incluent notamment des dispositifs de contrôle par vidéosurveillance. Il a également permis de créer 390 emplois et de former 1 215 employés.

Baisse des exportations européennes de produits laitiers

Les exportations européennes de produits laitiers ont dans l'ensemble reculé sur les sept premiers mois de l'année 2021 : -22 % pour le beurre, -4 % pour la poudre de lait écrémé, -11 % pour la poudre grasse et -14 % pour le lactose. Fromages et poudre de lactosérum ont par contre enregistré des envois en hausse (respectivement +6 % et +8 %). Cette tendance s'explique avant tout par les disponibilités communautaires, les fabrications ayant été davantage dirigées vers le couple lactosérum/fromage que vers les beurres/poudres et la collecte a été peu dynamique. Le retrait de l'UE sur le marché mondial de la poudre de lait a profité aux États-Unis qui en sont devenus le premier exportateur (543 700 t, +12 %, contre 482 600 t pour l'Union). Les chiffres communautaires confirment par ailleurs la bonne dynamique des achats chinois sur cette période : +23 % en beurre, +45 % en poudre 0 %, +34 % en poudre grasse, +44 % en fromages, +37 % en lactosérum. Le fromage est particulièrement recherché par les importateurs, en cette période de reprise de la restauration hors foyer, avec par exemple des importations en hausse de 16 % en Russie, 7 % en Corée du Sud, 19 % aux USA.

Ceta : la viande bovine canadienne n'a pas encore déferlé sur l'Europe

Quatre ans après l'adoption provisoire du Ceta, le traité de libre-échange décrié entre l'Union européenne et le Canada, les importations de viande bovine canadienne sur le Vieux continent restent encore très discrètes, indique un rapport présenté le 29 septembre à l'Assemblée nationale. En 2020, 1.577 tonnes équivalent carcasse ont été expédiées vers l'Union européenne, tandis que l'UE en a exportées 21.000 vers le Canada, contre seulement 1.000 avant l'adoption de cet accord. La faiblesse des exportations canadiennes s'explique par le fait que les fermes canadiennes susceptibles d'exporter et d'alimenter ces flux, ne sont pas encore en état d'être au niveau des standards européens et de produire en conformité avec les normes européennes. Sur les deux premières années d'entrée en application du Ceta, les fromages français ont de leur côté connu une progression de 46 % des exportations, sous l'effet de la forte baisse des droits de douane.

Production d'aliments : un repli plus marqué en volailles et porcs

D´après le Snia et la Coopération Agricole, la production globale d´aliments destinés aux animaux d´élevage enregistre une baisse de 1,2% sur les sept premiers mois 2021, par rapport à la même période l´an dernier. Dans le détail, la production d´aliments porc accuse un repli de -2,8% et celle d´aliments de volaille de -2,7%. La forte augmentation de l´aliment ovins/caprins (+9%) et bovin (+2,3%) ne compense pas la baisse en porc et en volaille. Sur le seul mois de juillet, la production d´aliments pour porc a baissé de 5,3% dont 4,7% en porcs engraissement.

Porcelets : commerce compliqué

Face à un marché morose du porc charcutier et à la hausse des coûts des matières premières, le marché des porcelets en France est atone et attentiste. Les prix poursuivent ainsi leur repli aussi bien en laiton de 8 kg qu´en porcelets de 25 kg. D´autres marchés européens sont également atteints par cette tendance baissière. Depuis juin, les prix des porcelets continuent à baisser au sein de l´Union Européenne. En semaine 37, le cours a reculé de 2,2% pour s´afficher à 31,7 euros/tête, soit 21% sous son niveau de l´an dernier, selon la commission. Dans le détail, les envois de porcelets néerlandais ont reculé de 3,8% sur les 33 semaines de l´année, par rapport à la même période l´an dernier, selon les données du MPB. Les importations allemandes ont baissé de 390 346 têtes, gommant la hausse des importations espagnoles (317 922 têtes de plus sur un an). Les envois néerlandais ont aussi reculé de 6,7% vers la Belgique. De même les exportations danoises reculent de 4% sur les sept premiers mois de l´année avec près de 8 416 490 porcelets expédiés.

Le casse-tête chinois du secteur porcin

Le ralentissement de la demande chinoise entraîne des répercussions sur le marché européen et donc sur celui de la France bien que le pays soit peu dépendant du marché chinois. Pendant l´été, les principaux marchés européens du porc ont plongé face aux volumes importants de viandes non exportées vers la Chine. Dans ce contexte, la concurrence s´intensifie en France et l´Hexagone devrait voir arriver sur son marché des viandes venant de ses voisins européens. Au cours des cinq premiers mois de 2021, les importations françaises de produits porcins ont progressé de 9,7% sur un an, avec une hausse de 15% des volumes allemands. L´augmentation n´est que de 0,8% pour l´Espagne, mais le pays reste notre premier fournisseur et pourrait bien peser plus lourd sur notre marché avec le retrait des achats chinois. Dans ce contexte, la diversification des débouchés pourrait être la solution pour le secteur porcin européen. En effet, le Japon et la Corée du Sud représentent une valeur à capter, tandis que les Philippines recèlent un fort potentiel puisque, touchées par la PPA, le pays a plus que triplé ses achats.

De nouvelles mesures de prévention obligatoires contre l'influenza aviaire

Dans un arrêté publié le 29 septembre 2021, le ministère de l'Agriculture a détaillé les règles de biosécurité à respecter dans les établissements détenant des volailles ou des oiseaux captifs, pour lutter contre l'influenza aviaire hautement pathogène. Parmi les mesures phares de cet arrêté figure l'obligation, pour tout propriétaire ou détenteur d'oiseaux, de définir un plan de biosécurité pour l'ensemble de son établissement. En parallèle, les organisations de producteurs ainsi que les couvoirs sont tenus de mettre en oeuvre « un système de management de la biosécurité à destination des éleveurs adhérents à leur organisme de production et de leur personnel intervenant dans les établissements. » Les détenteurs de volailles avec une finalité commerciale sont tenus de faire réaliser une évaluation annuelle de l'application de leur plan de biosécurité par un organisme tiers. « Toutefois, lorsque les conclusions sont favorables, l'évaluation est renouvelée tous les deux ans », précise l'arrêté. Les organismes tiers autorisés sont « les organismes à vocation sanitaire, les vétérinaires sanitaires désignés, la chambre d'agriculture, les organismes certificateurs, les organismes professionnels avicoles ou de développement qui utilisent des référentiels listés par le ministre chargé de l'Agriculture ». Cet arrêté entérine également la fin de la dérogation à la claustration pour les élevages de moins de 3.200 volailles.