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Lettre d'information Agricole du 5 mars 2018

Publié le 06 mars 2018

Comment se répartira le plan de 5 milliards d'euros

Selon Agra Presse, le plan d'investissement de 5 milliards d'euros promis par Emmanuel Macron serait composé ainsi : 3 milliards d'euros orientés vers l'amont, dont 1 milliard d'euros sous la forme de prêts garantis pour les investissements et 100 millions d'euros supplémentaires dédiés à la méthanisation ; 1,5 milliard d'euros fléchés vers l'aval, en particulier les PME, dont 1,4 milliard d'euros sous forme de prêt ; et 500 millions d'euros consacrés à l'innovation.

L'UE et le Mercosur seraient très proches d'un accord commercial

Selon Cecilia Malmström, commissaire européenne au Commerce, l'UE et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) seraient « très proches d'un accord » commercial, alors que les négociations semblent patiner. « Nous sommes en train d'identifier les difficultés qui restent, nous avons fait de gigantesques progrès (...) ». Parmi les pays de l'UE, la France et l'Irlande sont les plus inquiètes de potentielles répercussions négatives de cet accord sur leur filière agricole, notamment en raison de l'importation de viande bovine en provenance du Mercosur.

Le bio : 8 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2017

Avec 1 milliard d'euros gagnés par rapport à 2016, le marché du bio en France atteint 8 milliards d'euros de chiffre d'affaires. En cinq ans, entre 2011 et 2016, le marché a progressé de 82%, soit un gain de 3,2 milliards d'euros. Des performances qui s'expliquent par un engouement toujours plus important des consommateurs : 16% d'entre eux ont consommé du bio au quotidien, contre 10% en 2015 (Enquête de l'Agence Bio/CSA du 16 au 22 novembre 2017 auprès de 1.002 Français). Si en 2015-2016, les magasins spécialisés avaient tiré la croissance du marché, en 2017 il s'agit davantage de la GSA. La grande distribution affiche une croissance de 20,5% pour les produits bio avec un dynamisme de la proximité (+23%) et du e-commerce (+33%). Les magasins spécialisés ont un dynamisme plus modéré autour de 15%. Au niveau des opérateurs, 36.664 producteurs bio ont été recensés fin 2017 (+13,6%) pour une surface agricole de 1,77 million d'hectares en 2017. On compte également 12.238 transformateurs (+15,5%) et 4.752 distributeurs (+18%). Enfin, la filière bio, qui a été largement mobilisée au cours des Etats généraux de l'alimentation, va commencer à travailler avec les pouvoirs publics et l'Etat sur le plan bio 2022. Deux objectifs ont été annoncés par le gouvernement : « arriver à 15% de surface agricole bio et proposer 50% de produits bio dans la restauration collective ».

Étiquetage de l'origine : un projet de texte attendu au 2ème trimestre 2018 

La Commission européenne devrait proposer un projet de texte sur l'étiquetage de l'origine des denrées alimentaires dans le courant du 2ème trimestre 2018. Vytenis Andriukaitis, commissaire européen à la santé et la sécurité alimentaire, a notamment déclaré : « l'étiquetage de l'origine des denrées alimentaires est une question très complexe et les discussions qui ont eu lieu avec les États membres et toutes les parties intéressées sur le projet de règlement d'application de l'article 26, paragraphe 3, du règlement 1169/2011 de la Commission (Information des consommateurs sur les denrées alimentaires) ont fait apparaître une certaine complexité et la nécessité d'approfondir la réflexion. Cela explique pourquoi l'acte d'exécution précité n'a pas pu être adopté en 2017 ». La Commission soumettra la version finale de son projet de règlement aux représentants des États membres au sein du Comité permanent des plantes, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux « afin qu'ils puissent procéder à un échange de vues et, si possible, voter au cours du deuxième trimestre 2018 ».

Le coût de production du lait est un tiers plus cher qu'il n'est payé 

En collaboration avec l'EMB (European Milk Board), les organisations françaises de producteurs de lait APLI (Association des producteurs de lait indépendants), OPL (Organisation des producteurs de lait) et FMB (France Milk Board) Grand Ouest et Bassin normand ont commandité une étude sur les coûts de la production laitière auprès du bureau d'études allemand BAL (Büro für Agrarsoziologie und Landwirtschaft). Cette étude porte sur plusieurs années de production (2013 à 2017) et sur l'ensemble des régions de France. Pour l'OP, cette étude «démontre que 450 euros/1000l sont indispensables pour vivre de la production laitière, pouvoir investir et se permettre d'engager un salarié» si besoin. Ce chiffre provient de l'addition des coûts de production après déduction des recettes des ventes de bovins (350,40 euros/1000l) et du revenu de l'éleveur (142,10 euros/1000l), moins le montant des aides de la Pac (41,10 euros/1000l). L'OP note qu'entre 2012 et 2017, les aides de la Pac se sont réduites de 18,80 euros/1000l. Alors que l'étude démontre qu'il faut au moins 45,14 cts pour couvrir les coûts de la production laitière, rémunération comprise, les statistiques des cinq dernières années mettent en évidence la part non couverte des coûts de production s'élevait à 27% sur les cinq dernières années (prix du lait moyen de 33,91 cts par kilogramme). Ainsi, même en 2017, qui avait pourtant connu une remontée des prix du lait, il manquait aux producteurs encore 10,72 cts par kilogramme de lait pour couvrir leurs coûts de production et de bénéficier d'une rémunération équitable de leur travail. En 2016, ce manque à gagner se montait même à 14,31 cts par kilogramme de lait produit.

Lait : création d'un groupe de travail pour comparer les prix 

À 5 jours de la fin des négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs, le ministre de l'agriculture annonce la création d'un groupe de travail qui réunira l'ensemble des observatoires de prix des différentes organisations (Ania, Ilec, Coop de France, FCD…) afin de comparer leurs données. « Ce travail se fera sous l'égide soit de FranceAgriMer, soit sous l'autorité de l'observatoire des prix et des marges », a indiqué le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert. Par ailleurs, il a indiqué que la DGCCRF avait contrôlé « plus de 180 entreprises depuis le début des négociations ». Enfin, « vers la fin avril », un comité de suivi de la charte de bonnes pratiques signée en novembre par les acteurs de la chaîne agroalimentaire devrait se réunir.

Agriculture: les régions veulent accompagner les mutations 

Lors du dernier salon de l'agriculture, l'association Régions de France a déploré le manque d'ambition de l'Etat en matière de transformation des systèmes agricoles et alimentaires et a fait valoir ses compétences pour bâtir avec les acteurs du secteur « de véritables stratégies régionales agricoles et alimentaires ». Souhaitant que le chef de l'Etat accélère « la clarification des compétences des régions en matière de politiques publiques dans ces domaines » et mette en place « une décentralisation réelle de ces compétences », l'association a fait cinq propositions : « recentrer l'Etat sur ses fonctions régaliennes » et « donner tous les moyens aux régions pour exercer leurs compétences », créer « un Conseil Etat-Régions sur l'agriculture, l'alimentation et la forêt, qui permettrait de définir les sujets qui présentent un enjeu pour le monde agricole », confier aux régions le pilotage du « grand plan d'investissement agricole » pour qu'il soit déployé en cohérence avec les dispositifs régionaux en place, se voir attribuer le pilotage « de véritables schémas/plans régionaux alimentaires » et enfin défendre une position ambitieuse sur le budget de la PAC pour l'après 2020.

La filière porcine va monter en gamme, sans négliger la compétitivité 

Épinglée par le Président de la République, la filière porcine française a décidé de travailler sur la montée en gamme, mais prévient que cela ne répondra pas à tous les marchés, notamment à l'export, et qu'elle doit améliorer d'abord sa compétitivité. Selon le président de l'Inaporc, si la filière est moins passée au bio et autres signes de qualité que d'autres, par exemple la volaille, « c'est parce que le porc conventionnel était rémunérateur ». L'interpellation du président a tout de même été entendue par l'interprofession, qui a construit un plan de filière qui laisse une grande place à la montée en gamme, avec 30% de signes officiels de qualité (bio et Label Rouge), contre 11% actuellement. Il prévoit également de créer une nouvelle segmentation située entre le conventionnel et les signes de qualité, qui devrait permettre de donner un cadre collectif aux nombreuses initiatives privées apparues ces dernières années. Les éleveurs espèrent aujourd'hui que l'autre promesse des EGA sera tenue et que toute la filière jouera le jeu de la contractualisation, y compris les distributeurs et la restauration hors foyer. Mais Guillaume Roué estime que cette contractualisation ne peut s'effectuer que sur la partie du porc vendue sur le marché intérieur.