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Lettre d'information Agricole du 23 avril 2018

Publié le 23 avril 2018

Les Etats généraux de l'alimentation arrivent au Parlement, avec quatre sujets traités par ordonnances 

L'examen de la loi des États Généraux de l'Alimentation par la Commission des affaires économiques de l'Assemblée Nationale a commencé lundi 16 avril. Pour garantir la mise en application rapide du projet de loi, le gouvernement a d'ores et déjà annoncé que quatre des articles seront adoptés via les ordonnances. Ces articles concernent le relèvement de 10% du seuil de revente à perte des denrées alimentaires revendues au consommateur, l'encadrement des promotions pratiquées sur les denrées alimentaires avec la limitation des réductions de prix à 34% de leur prix de référence d'un produit et à 25% de leur volume, les règles de contractualisation avec notamment les prix qui devront désormais prendre en compte les coûts de la production et enfin la lutte contre les prix anormalement bas. Doublé par le projet de réforme de la SNCF, le débat à l'Assemblée Nationale ne commencera que le 17 mai prochain. Les premières mesures adoptées entreront en vigueur à la fin de l'année. 

Projet de loi EGA : le bien-être animal en débat 

Dans le cadre du projet de loi « Pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable », la Commission du développement durable a examiné fin mars les 415 amendements déposés sur le titre 2 du projet de loi « Mesures en faveur d'une alimentation saine, de qualité et durable ». Elle a validé une bonne centaine d'amendements, parmi lesquels l'intégration de la notion de bien-être animal à la responsabilité sociale de l'entreprise, l'instauration d'un système d'astreinte pour l'abattage d'urgence, la limitation du temps de transport à 8h sur le territoire national pour le gros bétail, la nomination dans les préfectures d'un référent départemental « protection animale à l'abattoir », l'extension du dispositif de « lanceur d'alerte » à tous les abattoirs. Les articles amendés devront maintenant faire l'objet d'un nouvel examen en Commission des affaires économiques. 

UE: de nouvelles règles pour l'alimentation bio en 2021

Après plusieurs années de négociations, un accord visant la mise en place en janvier 2021 de nouvelles règles de certification et de contrôle des produits alimentaires bio a été adopté par les eurodéputés à 466 voix favorables (124 contre). Cet accord, qui doit encore recevoir l'aval purement formel des ministres de l'UE en mai, vise à renforcer les contrôles au long de la chaîne d'approvisionnement. Ces nouvelles procédures devraient notamment permettre de garantir que les produits biologiques importés soient conformes aux normes de l'UE. 

Coop de France lance une grande consultation publique 

Coop de France annonce le lancement d'une vaste consultation publique via une plateforme digitale dédiée (www.legranddebatcooperatif.coop). Jusqu'à fin septembre 2018, les 450.000 agriculteurs-coopérateurs et 165.000 salariés des coopératives agricoles et agroalimentaires françaises sont invités à exprimer leur avis et leurs attentes sur l'avenir de la coopération agricole. Chacun pourra voter sur 85 propositions de progrès autour de six grands thèmes : proposer une alimentation toujours plus saine et durable, créer plus de valeur et de revenu pour les agriculteurs-coopérateurs, réaffirmer le rôle des coopératives au coeur des territoires, renforcer la vitalité coopérative, s'engager davantage dans l'agroécologie et le bien-être animal et rendre plus attractif le modèle coopératif pour les salariés. Le bilan de la consultation sera présenté lors du prochain congrès national de Coop de France en décembre prochain. 

France : la France pourrait produire près d'un milliard de litres de lait bio en 2019 

Le rythme actuel des conversions des exploitations laitières à la production biologique va faire exploser la collecte de lait bio ces prochains mois. De 600 millions de litres collectés en 2017, la France pourrait produire près d'un milliard de litres en 2019. Au 1er janvier 2018, le pays comptait 2.792 exploitations laitières biologiques, soit 11% de plus qu'en 2015. Le cheptel a augmenté de 15% en deux ans, à 152.480 vaches début 2018. Au sein de l'Europe, c'est en France que la progression du lait bio sera la plus forte. En tête du classement, l'Allemagne va augmenter d'un tiers sa production entre 2016 et 2018. En fin d'année, la collecte de lait bio atteindra 1,042 milliards de litre outre-Rhin. Troisième sur le podium européen avec 680 millions de litres fin 2018, le Danemark devrait observer le même niveau de croissance que son voisin allemand. 

Lait : Bruxelles table sur une croissance de 1,4% 

Selon la Commission européenne, la progression de la collecte laitière va se poursuivre en 2018, en dépit d'un prix du lait en retrait. L'augmentation du niveau de production par vache devrait compenser l'érosion du cheptel. Les exportations communautaires de produits laitiers pourraient profiter du recul de la collecte en Nouvelle-Zélande. « Malgré une demande soutenue pour les produits laitiers européens et une collecte en deçà du niveau escompté en Nouvelle-Zélande, la croissance laitière en Europe et aux États-Unis devrait continuer de mettre la pression sur le prix du lait », affirme la Commission européenne. 

Bilan des achats de viande des ménages en 2017 et perspectives 2018 : le monde bouge ! 

Selon « Le bilan des achats de viande, volaille, charcuterie et oeufs de ménages français en 2017 » de KantarWorldPanel, les produits d'origine animale constituent un « incontournable du panier d'achat des foyers français », représentant un poids dans les dépenses de 38% (39,3% en 2013). Tous les foyers en achètent, pour une dépense moyenne de 1.628 euros ventilée en 94 actes d'achats par an. La boucherie fraîche est encore un marché conséquent et indispensable pour les foyers français : tous les foyers en achètent également, pour 343 euros par an en moyenne, ventilés en 30 actes d'achat, soit un achat tous les 12 jours, et pour 1kg acheté par acte, soit environ 31 kg par an. Enfin, alors que la conjoncture économique devient plus favorable, Kantar analyse que « le panier moyen des courses se réduit » (13,1 articles en 2017, pour 13,6 en 2011) marquant un « coup d'arrêt à la hausse de la fréquence des visites » (Étude : « Perspectives 2018 : 2018 une année de tous les dangers : le consommateur se rebelle »). Les Français semblent comme frappés par une crise de confiance, sachant que la confiance est une valeur primordiale pour 56% d'entre eux. 

L'interprofession volaille de chair est née 

Le 18 avril ont été signé, à Angers, les actes fondateurs pour la création de l'association interprofessionnelle pour la volaille de chair. Cette structure est notamment constituée des comités interprofessionnels existants (CIPC, Cidef, Cicar, CIP et Synalaf) associés à l'ensemble des familles professionnelles en rapport avec la volaille de chair et regroupées en six collèges (producteurs, abatteurs, nutrition animale, organisations de production, accouveurs et restauration-distribution). La prochaine étape est la reconnaissance de l'interprofession par les pouvoirs publics, un processus que la filière espère voir aboutir avant la fin de l'année.