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Lettre d'information Agricole du 14 mai 2018

Publié le 15 mai 2018

L'UE, première puissance agricole mondiale 

Lors de la journée de l'Europe qui s'est déroulée le 9 mai, plusieurs manifestations ont rappelé que l'Union européenne était la première puissance agricole mondiale. En 2016, la production agricole européenne représentait en effet 405 milliards d'euro. Parmi les plus gros producteurs : l'Italie (13% de la production agricole européenne), l'Allemagne (13%) et la France (12%). En 2015, les productions animales représentaient plus de 161 milliards d'euros et les productions végétales près de 213 milliards d'euros. En 2013, l'Union européenne comptait 10,8 millions d'exploitations réparties sur plus de 174 millions d'hectares de surface agricole et la main d'oeuvre agricole s'élevait à plus de 9 millions d'ETP (équivalent temps plein). 

Droit de la concurrence et secteur agricole : des règles clarifiées 

Saisie par Bercy à l'issue des EGA, l'Autorité de la concurrence a rendu le 4 mai un avis qui permettra notamment à la DGCCRF d'élaborer des lignes directrices sur l'application du droit de la concurrence au secteur agricole. L'Autorité de la concurrence encourage ainsi un « renforcement du mouvement de concentration de l'offre, à travers la création de nouvelles OP mais aussi d'AOP, ces dernières restant encore assez peu développées ». Il a également été rappelé que les échanges d'informations stratégiques, la fixation collective de prix minima de vente et les concertations sur volumes sont possibles au sein d'OP ou d'AOP, mais pas entre OP et AOP. Concernant les organisations interprofessionnelles, l'Autorité indique qu'elles peuvent « diffuser des données statistiques passées, anonymes et suffisamment agrégées », mais aussi élaborer des contrats types, initier des démarches qualitatives et de montée en gamme ou promouvoir les produits auprès du consommateur. Le règlement Omnibus leur permet par ailleurs d'établir des clauses types de répartition de la valeur entre agriculteurs et premiers acheteurs. Elles ne peuvent en revanche pas mettre en place des actions de régulation des volumes. 

L'UE veut harmoniser la qualité des aliments

La Commission européenne va lancer des tests comparatifs à l'échelle de l'UE pour déceler d'éventuelles différences de qualité entre produits alimentaires d'une même marque, une pratique de « double standard » dénoncée par les pays d'Europe de l'Est, a annoncé le 30 avril la Commissaire à la consommation, Vera Jourova. Des pays d'Europe centrale et orientale - Hongrie, Slovaquie, Bulgarie en tête - dénoncent depuis plusieurs mois la différence de qualité de certains produits de marque, pourtant commercialisés sous le même emballage. La Commission européenne avait déjà publié en septembre 2017 des recommandations aux États membres pour les aider à lutter contre les « doubles standards » alimentaires. 

Produits alimentaires : les prix mondiaux globalement stables 

Publié le 3 mai 2018, l'Indice FAO des prix des produits alimentaires est resté globalement stable en avril. Il affiche une moyenne de 173,5 points, soit une légère hausse depuis mars et un gain de 2,7 % par rapport à son niveau d'avril 2017. Côté produits laitiers, l'indice s'établit à 204,1 points en hausse de 6,7 points, soit 3,4 %, par rapport à mars. « Il s'agit du troisième mois consécutif de hausse, note la FAO. Avec cette augmentation, l'indice se situe 11 % au-dessus de sa valeur de l'année dernière. La tendance à la hausse s'explique par une forte demande à l'importation de tous les produits laitiers, associée aux inquiétudes du marché en ce qui concerne les disponibilités à l'exportation en Nouvelle-Zélande, qui a vu sa production de lait baisser plus que prévu. » 

Europe : hausse des exportations européennes de produits laitiers 

Sur les deux premiers mois de l'année, les exportations européennes de produits laitiers ont progressé de 5,2% en volume et 2,4% en valeur, comparé à la même période de l'année dernière, selon le Clal. Les poudres de lait infantiles confirment leur tonus à 93.530 t en deux mois, soit 24,2% de plus qu'en 2017, notamment grâce à la hausse de 42% des achats de la Chine, qui représente le principal client de l'Union européenne (UE) avec 45% des débouchés. Néanmoins, les prix de vente se sont tassés par rapport à l'an dernier. Les préparations infantiles restent à la première place des envois de l'UE en valeur, à 718,88 millions d'euros. Les ventes de poudre de lait écrémé sont restées dynamiques, avec 131.548 t, soit 11,7% de plus que l'an dernier. Les bas prix attirent les acheteurs, notamment l'Algérie dont les importations ont bondi de 87%, ce pays privilégiant la poudre de lait écrémé à la poudre grasse. Par ailleurs, le retour des disponibilités en matières grasses sur le marché européen s'est traduit par une reprise des exportations de beurre qui ont atteint 32.610 t, soit 33% de plus que sur la même période un an plus tôt. Enfin, les envois communautaires de fromages ont progressé de 2,9% malgré la baisse des achats américains et japonais, et grâce à une demande dynamique en Suisse et en Arabie saoudite. 

Le marché du porc breton recule 

Faisant face à une morosité des marchés tant en France qu'à l'étranger, le cours du kilo de porc est passé en avril 2018 en-dessous de la barre de 1,2 euro le kilo (1,18 euro pour la dernière cotation). Si les exportations françaises s'affichent en hausse de 10,6% principalement dans l'Union Européenne qui progresse de 20,7%, la filière s'inquiète en revanche du recul des exportations vers la Chine (-14,8%), pays qui a porté sa croissance depuis de longs mois. 

Le poulet garde la santé 

Selon la note de conjoncture d'Agreste de mai, sur l'année 2017, avec 1.856 milliers de tonnes-équivalent carcasse (tec), la production française de volailles de chair est en hausse de 1,4% par rapport à 2016. Néanmoins, seul le poulet y contribue (+2,6% par rapport à 2016), la dinde et le canard fléchissant de respectivement 1,3% et de 1,9%. L'année dernière, les exportations de viande de poulet représentaient 396.400 tec, soit 3,7% de moins qu'en 2016 ; une baisse principalement liée aux pertes de parts de marché vers l'Arabie Saoudite (-24.300 tec). Les exportations de viande de dinde sont en hausse de 7,2% en 2017 ; les principaux partenaires étant européens. Avec 547.100 tec, les importations de viande de poulet continuent de progresser (+3,5% par rapport à 2016), soit 22.700 tec de plus originaires de l'union européenne et 4.000 tec de moins des pays tiers. Enfin, en 2017, la consommation apparente de viandes de volailles progresserait de 4,6% pour le poulet. Elle reculerait pour la dinde et le canard, de 2,4% et de 6,3%. 

Vers une baisse de la production intensive d'oeufs de 5,6% en juin 

La production intensive d'oeufs de consommation devrait reculer de 5,6% en juin 2018, en glissement annuel, selon le modèle de prévision SSP-Itavi-CNPO, rapporte une récente note Agreste du service de statistiques du ministère de l'Agriculture. Au premier trimestre 2018, la production totale d'oeufs de consommation calculée par modèle est estimée à 3,721 milliards d'unités, en hausse de 0,7% par rapport à 2017. En février 2018, les mises en place de poussins de ponte ont progressé de 5,6% en glissement annuel et en amont les éclosions progressent de 13,9%.