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Lettre d'information Agricole du 3 septembre 2018

Publié le 03 septembre 2018

Loi Alimentation : le calendrier 

Le journal Officiel a annoncé la convocation du Parlement en session extraordinaire le 12 septembre 2018. Le projet de loi alimentation sera à l'ordre du jour de cette session. Le même jour, le 12 septembre prochain, la Commission des Affaires Economiques de l'Assemblée nationale doit se réunir pour terminer l'étude des amendements restants encore en discussion. Le Sénat envisage, quant à lui, de procéder à la nouvelle lecture du projet « sous réserve de sa transmission » à compter du 25 septembre. Le texte ne sera donc probablement pas adopté dans sa version définitive en septembre. 

Les agriculteurs bio, ces oubliés de la Pac 

La grande majorité des paysans bio en France affiche d'importants retards de paiement des aides de la Politique agricole commune (Pac). Une partie des aides dues au titre des années 2015 et 2016 ainsi que l'intégralité des subventions de 2017 n'ont en effet toujours pas été payées aux agriculteurs bio alors que les agriculteurs dits conventionnels ont touché l'intégralité de leurs aides. Alors que l'Etat affiche sa volonté de porter à 15% les surfaces agricoles utiles en agriculture biologique d'ici à 2022 (contre 6,5% aujourd'hui), ces retards de paiements sont à la fois dissuasifs pour les agriculteurs qui veulent se convertir au bio et une source de problème pour ceux qui sont déjà engagés en bio. Depuis 2015, plusieurs aides de la politique agricole commune (PAC) visant à soutenir l'agriculture biologique sont versées avec retard. En cause, officiellement, un problème informatique lié au boom de l'agriculture biologique, selon l'Agence de services et paiements (ASP), organisme public payeur des aides européennes. La PAC est organisée en deux piliers, le deuxième - réservé à l'Agriculture biologique - est versé une fois que le premier a été honoré. Les trois quarts des près de 36.000 agriculteurs bio en France, soit près de 27.000 paysans, ont ainsi connu des retards de paiement. 

L'UE vient en aide aux agriculteurs victimes de la sécheresse

Le 30 août, la Commission européenne a présenté des mesures supplémentaires pour les agriculteurs victimes de la sécheresse dans plusieurs Etats membres, avec pour objectif d'augmenter la disponibilité des fourrages. Plusieurs dérogations doivent ainsi permettre aux agriculteurs de cultiver en dérogeant aux règles habituelles, sans perdre leurs paiements liés au respect de l'environnement. Les règles concernant les cultures intermédiaires ont ainsi été assouplies et dans certains cas il sera possible de passer directement aux cultures d'hiver si elles sont destinées à produire pâturages et fourrages. La possibilité de ne semer qu'une seule espèce de cultures intermédiaires a également été autorisée. La France va enfin être rajoutée aux pays bénéficiant d'une dérogation pour utiliser les terres en jachère afin de nourrir les animaux. 

La collecte laitière française se tasse en août 

Au premier semestre, la collecte laitière française a progressé de 1,4% par rapport à l'an dernier, selon FranceAgriMer, portée par une production dynamique en Normandie (+2%), dans les Pays de la Loire (+1%), la région Auvergne Rhône Alpes (+2,6%) et le Grand Est (+5,3%) tandis que la collecte bretonne s'effritait (-0,5%). Une progression qui s'est enrayée au mois d'août, avec une chute de 2,2% en semaine 32, mais en cette période de creux de la collecte, la perte de volume est limitée. De plus, la production semble se reprendre maintenant que les températures sont plus clémentes. 

Les charges des exploitations laitières repartent à la hausse 

Le prix du panier de charges typiques d'un élevage laitier a augmenté début 2018, tiré par la flambée du coût de l'énergie et la remontée des prix des aliments. Dans le détail , l'évolution sur un an s'élève à +3,6% (mai 2018 vs mai 2017) avec +16,8% pour l'énergie et +3,3% pour les aliments achetés sachant que ces deux postes représentent respectivement 8 et 32% du panier de charges. D'autres postes sont également orientés significativement à la hausse comme les produits et services vétérinaires (+3,3% / 7% du panier). Concernant le prix du lait, celui de mai 2018 est resté quasi-égal à celui de mai 2017 : -0,3% pour le lait conventionnel (306 euros/1 000 l) et +0,9% pour le lait toutes qualités confondues (321 euros/1 000 l). La difficulté à constituer des stocks de fourrages suffisants en raison de la météo estivale chaude et sèche ainsi que la baisse des rendements céréaliers 2018-2019 pourraient peser encore plus sur le poste alimentation. 

La production de porcs en baisse depuis 10 ans 

Selon l'Office fédéral de la statistique, en 2017, la Suisse comptait 1,44 millions de porcs répartis sur 6.400 exploitations, contre 1,54 millions il y a dix ans. Le nombre de bêtes a ainsi diminué de 6% en une décennie, tandis que le nombre d'exploitations a fondu de plus d'un tiers. Durant cette même période, le nombre de truies d'élevage a perdu plus de 21.000 têtes, à près de 118.000 unités. L'élevage et l'engraissement se concentrent sur quatre cantons-clé, à savoir Lucerne, Berne, Thurgovie et St-Gall. À eux seuls, ils totalisent les 60% des porcs suisses, et quasiment trois-quarts des truies d'élevage. La consommation de viande de porc a nettement reculé en Suisse, passant de 30 kilos à 22 kilos en moyenne par habitant. Quant au prix payé au producteur, il s'est établi à 3,75 francs par kilo de viande en moyenne annuelle l'an dernier. En 2008, il était encore de 5 francs. Le prix payé par le consommateur n'a lui quasiment pas changé en dix ans. 

Une baisse de la production d'oeufs annoncée 

Selon le service de statistiques du ministère de l'agriculture, la production totale d'œufs de consommation a atteint 3,721 milliards d'unités au 1er trimestre 2018, en hausse de 0,7% par rapport à 2017. Toutefois, en avril dernier, les mises en place de poussins de ponte ont fléchi de 7% en glissement annuel, en lien avec les exportations importantes de poussins. Selon le modèle SSP-Itavi-CNPO de prévision de production intensive d'œufs de consommation, une baisse de production de 4,5% serait à prévoir pour août, en glissement annuel. 

Volailles de chair : les OP alertent sur la hausse des coûts 

Constatant depuis le printemps des « hausses significatives des coûts de production », les organisations de production de la filière volailles de chair réunies au sein de l'AOPV ont alerté « sur l'impérieuse nécessité de répercuter ces hausses pour préserver l'équilibre économique de la filière ». L'AOPV rappelle que l'alimentation des volailles de chair en France est composée à plus de 65% de céréales et produits céréaliers. Or le prix du blé a dépassé les 215 €/t en août 2018 et l'IPAA, indice représentant l'évolution du prix des matières premières utilisées en alimentation animale réalisé par La Dépêche Le Petit Meunier et publié par Les Marchés, s'élève à 163,5 points au 24 août dernier (contre 135 en août 2017).