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Lettre d'information Agricole du 3 décembre 2018

Publié le 04 décembre 2018

Le ministre Didier Guillaume réaffirme les objectifs du plan Ambition bio 2022 

Lors des 11èmes Assises de la bio, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Didier Guillaume, a réaffirmé les engagements du gouvernement en matière d'agriculture biologique. Il a ainsi rappelé l'ambition du gouvernement de voir 15% des surfaces agricoles converties au bio d'ici à 2022 (contre seulement 6,2% à l'heure actuelle) et 20% de produits bio en restauration collective. Le ministre s'est également prononcé en faveur d'une meilleure prise en compte de l'agriculture bio dans la PAC. 

444 millions d'euros à rembourser aux agriculteurs européens 

La Commission européenne remboursera 444 millions d'euros aux agriculteurs européens, conformément au règlement publié le 27 novembre. Ce montant avait été initialement déduit du budget de 2018 pour le soutien des revenus des agriculteurs dans le cadre de la politique agricole commune (Pac) afin de créer la dite réserve agricole de crise de cette année. Les dommages causés par les mauvaises conditions météorologiques du printemps et de l'été ont été pris en compte par d'autres mesures disponibles pour aider les agriculteurs à surmonter les conséquences. Cela inclut des dérogations à certaines conditions liées aux paiements écologiques et à des paiements anticipés plus élevés pour 2019, toujours selon la Commission. Cette décision signifie que les montants déduits des paiements directs cette année pourront être remboursés aux agriculteurs par les Etats membres à compter du 1er décembre 2018. 

La tension monte au sein des coopératives agricoles

Les coopératives agricoles, qui génèrent 40% du chiffre d'affaires total de l'industrie agroalimentaire française, ont pour certaines tellement grossi que de plus en plus d'agriculteurs ont le sentiment que ces outils qu'ils financent leur échappent. Les critiques portent généralement sur la gouvernance jugée trop opaque, ou une rémunération jugée insuffisante des coopérateurs. Ce mécontentement, attisé par un environnement économique très incertain, a pris assez d'ampleur pour que le gouvernement planche sur une réforme des coopératives. Une réforme qui sera précisée par voie d'ordonnances au printemps prochain suite à l'article 8 de la loi des États généraux de l'alimentation. De son côté, Coop de France, alertée par des signaux multiples, s'est emparée du dossier et va tenter d'apporter des éléments de réponse en proposant « un code de bonne gouvernance » à toutes. 

Lait bio : gérer l'offre et la montée en gamme 

En progression de +38,8% en cumul sur les 8 premiers mois de l'année, selon FranceAgriMer, la collecte laitière biologique poursuit son essor et devrait approcher 1 milliard de litres à fin octobre 2019 en raison de nouvelles conversions. Au niveau de la consommation, le lait liquide est le produit sur lequel le bio a le plus percé, puisqu’il représente 9% des ventes en volume. Et alors que les achats des ménages en conventionnel sont en berne (-5,2%), ceux de lait liquide bio ont bondi de 21,5%. Mais le lait de consommation fait l'objet d'une nouvelle bataille avec la montée en gamme et la segmentation du conventionnel. Bleu-Blanc-Coeur, équitable, lait de pâturage, local, sans OGM, les initiatives sont très nombreuses. Pour continuer à se démarquer, le bio va devoir mieux communiquer sur ses atouts comme l'origine France. De nombreux opérateurs de produits bios entament d'ailleurs une segmentation. 

Au Sénat, un nouveau projet de loi pour rendre la vidéosurveillance obligatoire 

Non contente d'une mise en oeuvre facultative sur la base du volontariat, la sénatrice centriste Sophie Joissains a déposé une proposition de loi visant à rendre obligatoire la vidéosurveillance dans les abattoirs. En effet, l'article 71 de la loi Alimentation explique que, « dans un délai de six mois à compter de l'entrée en vigueur de la présente loi, à titre expérimental et sur la base du volontariat, pour une durée de deux ans, un dispositif de contrôle par vidéo des postes de saignée et de mise à mort, visant à évaluer l'efficacité des protocoles et l'application de la réglementation du bien-être animal, est mis en oeuvre. » - Le 23/11/2018 d'après Agri Mutuel. 

UE : les exportations de viandes porcines vers la Chine en question 

Sur les huit premiers mois de l'année, les exportations de viandes porcines de l'UE sont en légère progression en volume +1.4%, mais en repli sensible en valeur -8%. Le niveau des exportations de l'UE vers la Chine reste stable, les ventes progressent vers le Japon (+3,2%), la Corée (+17,2%) et les Philippines (+12%). Hong Kong, marché de régulation de la Chine, a limité son accès de façon drastique (-33,8%). Si les volumes 2018 d'exportations de porc de l'UE vers les pays tiers s'annoncent stables, la question qui se pose aujourd'hui compte tenu de la multiplication des foyers de Fièvre Porcine Africaine (FPA) sur le territoire chinois est de savoir si ce pays augmentera ou pas ses importations? Dans un premier temps, la FPA a eu pour effet d'accroitre les volumes mis sur le marché national, du fait des abattages intérieurs. Il faudra donc attendre encore quelques mois pour savoir si les Chinois vont développer leurs achats en provenance des pays tiers. 

Mesures de biosécurité recommandées pour les élevages vis-à-vis du risque de Fièvre Porcine Africaine 

L'IFIP, l'ANSP, la DGAl, le SNGTV et GDS France proposent un document décrivant les mesures de biosécurité recommandées pour limiter le risque de contamination d'un élevage vis-à-vis de la PPA et des autres dangers sanitaires (DEP et salmonelles). Des arrêtés ministériels précisent les mesures obligatoires à mettre en oeuvre dans tous les élevages (AM du 16 octobre 2018) et dans les élevages situés dans un périmètre d'intervention de la PPA (AM du 8 octobre 2018). 

Baisse des abattages de poulets destinés à l'export 

Selon Agreste, en cumul sur les neuf premiers mois de l'année, les abattages français de poulet ont atteint 573.529 têtes, soit 0,6% de plus qu'un an plus tôt, pour une production de 818.000 tonnes équivalent carcasse (téc), en hausse de 3,4%. Toutefois, cette croissance cache une inversion de tendance. En effet, depuis l'été, l'heure est à la baisse des abattages : -6,8 % en août et -5 % en septembre en têtes pour des volumes en retrait de 4,9% et 2,7% dans le même temps. En cause, selon Agreste, « les restructurations en cours dans la filière avicole de l'Ouest », qui conduisent « depuis juillet à une baisse des abattages de poulets destinés au grand export ». Cette baisse de la production est en mesure de se prolonger ; les mises en place de poussins de chair diminuent depuis le mois de mai pour s'afficher en cumul annuel en repli de 2,1% à 583.143 têtes.