actualités

Lettre d'information Agricole du 28 janvier 2019

Publié le 28 janvier 2019

Les prix mondiaux des produits alimentaires ont légèrement reculé en 2018 

En 2018, l'indice des prix des produits alimentaires de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a perdu 3,5% par rapport à 2017, à 168,4 points. Une baisse qui cache de fortes disparités. L'indice des prix des produits laitiers a pour sa part perdu 4,6%. L'indice des prix de la viande a quant à lui décroché de 2,2% en 2018, sous l'effet d'un recul des prix de la viande de volaille et de la viande porcine. Les prix de la viande ovine ont, en revanche, été orientés à la hausse.

Accord commercial UE-USA : Les produits agricoles exclus de l'accord sur les droits de douane 

Le 18 janvier, la Commission européenne a adopté des propositions de directives de négociation pour ses négociations commerciales avec les États-Unis. Les deux propositions de directives publiées doivent permettre à la Commission « d'oeuvrer à l'élimination des obstacles tarifaires et non tarifaires au commerce transatlantique des produits industriels ». D'après le communiqué, l'accord commercial portant sur la suppression des droits de douane sur les produits industriels ne concerne pas les produits agricoles. 

Loi Egalim : les coopératives craignent pour leur avenir

Les ordonnances de la loi Egalim inquiètent le monde coopératif qui ne veut pas que le contrat coopératif soit assimilé à un contrat commercial ; craignant une remise en cause de leur modèle de développement. Selon Coop de France, la relation entre l'associé coopérateur et son entreprise n'est pas comparable à une relation entre un fournisseur et un client. Avec un contrat coopératif, le producteur a l'assurance de trouver des débouchés. Dominique Chargé, président de Coop de France (2.400 entreprises pour un chiffre d'affaires de 84,4 milliards d'euros), a déclaré : « À l'heure du grand débat national, les agriculteurs coopérateurs demandent aux pouvoirs publics de les écouter et de les entendre. Il y a de la place pour une diversité de modèles économiques, notamment pour des sociétés de personnes fonctionnant de manière solidaire et démocratique à la recherche de compétitivité ». 

France : la collecte française de lait de vache a continué de décliner en décembre 

En semaine 52, les volumes étaient inférieurs de 3,1% à leur niveau de 2017, selon FranceAgriMer. Ils baissaient depuis 17 semaines. Sur une partie du mois de décembre, la collecte est même passée sous son très bas niveau de 2016. En Bourgogne Franche-Comté et dans le Grand Est, la baisse annuelle atteignait respectivement 5,7% et 6,6%. Ces Régions ont été très affectées par la sécheresse estivale et la quantité comme la qualité des fourrages sont insuffisantes. Dans le sud de la France, la baisse est encore plus prononcée avec -8,8% dans le bassin Occitanie Paca et -8% en Nouvelle-Aquitaine. Selon l'Institut de l'élevage, les difficultés climatiques ont accentué le mouvement de déprise laitière dans ces deux Régions. Dans le bassin Hauts-de-France Île-de-France, les volumes se maintiennent (-0,3%) tandis que la Normandie se distingue comme étant la seule Région à voir sa production progresser (+1,6%).

Europe : les volumes de lait ont baissé en fin d'année 

La France n'est pas le seul pays où les volumes reculent. En semaine 49, la collecte allemande se situait 2% sous son niveau d'un an plus tôt, soit 13 semaines sous le niveau de 2017. Aux Pays-Bas, novembre a été le dixième mois de baisse consécutive, sur fond de contraintes environnementales, avec des volumes en recul de 6,8%. En revanche, le Royaume-Uni a réussi à faire progresser ses volumes d'environ 2% en décembre après une hausse de 0,3% en novembre. La Pologne affichait +3% au compteur en novembre et l'Irlande fait la course en tête avec 111.000 t de lait supplémentaires produites en octobre, soit une hausse de 20,3%, selon la Commission européenne. 

Grand Ouest en chiffres (2018) : la filière porcine en difficulté 

La Lettre Economie « Grand Ouest en Chiffres - Bilan 2018 » de Culture Viande dresse le constat d'une filière porcine toujours en difficulté. Alors même que les principaux pays concurrents affichent des niveaux de production en hausse : Espagne (+7%), Danemark (+4%), Pologne (+9%), Pays-Bas (+6%), Allemagne (+1%), la France ne fait que maintenir ses volumes. Du côté des prix, le Marché du Porc Breton, dont l'activité a encore reculé de près de -6%, affiche un prix moyen annuel de 1.196 euro/kg, soit un repli de 12.7%. La tendance baissière de la consommation des ménages observée ces dernières années se confirme en viande fraiche (-4%), ainsi qu'en charcuterie (-3%). 

Brexit : un divorce forcé pour le secteur avicole 

Des deux côtés de la Manche, les filières chair sont opposées au Brexit. En effet, le Royaume-Uni importe 40% de sa consommation (les trois quarts en filets de poulets), dont les deux tiers importés proviennent de l'Union européenne, laquelle absorbe 75% des exports britanniques. Un Brexit dur se traduirait par des surcoûts de 50% de sa main-d'oeuvre et de 8% de ses frais commerciaux, par une baisse de qualité et par la scission du marché entre des consommateurs de frais haut de gamme et de produits importés du Brésil ou de Thaïlande. C'est cette perspective qui inquiète les Européens, plus que le devenir des exportations vers le Royaume-Uni. Ils craignent que celui-ci ne devienne une voie d'entrée détournée vers l'UE à 27. Par ailleurs, Londres et Bruxelles se sont réparti les quotas d'importation des pays tiers, 177.755 tonnes revenant au Royaume Uni sur les 806.850 t de la période 2013-2015. Sauf que le volume réel est supérieur. Et ces quotas sont à renégocier séparément à l'OMC avec les pays tiers qui feront certainement front. 

Situation de l'Influenza aviaire hautement pathogène en Europe 

Du 1er octobre 2017 au 31 décembre 2018 inclus, 181 foyers (en élevage) et cas (dans l'avifaune) d'influenza aviaire hautement pathogène de sous-type H5 (dont 64 foyers et cas d'H5N8, 96 foyers et cas d'H5N6, et 21 foyers d'H5Nx) ont été déclarés dans douze pays européens : Italie, Bulgarie, Chypre, Allemagne, Pays-Bas, Suisse, Royaume-Uni, Irlande, Suède, Danemark, Finlande et Slovaquie. Deux sous-types ont été formellement identifiés : H5N6 et H5N8, sachant que les virus de 21 foyers sur 181 n'ont pas été complètement typés. Au 31 décembre 2018, la dernière déclaration d'H5N6 datait du 26 septembre 2018 (trois faisans de Colchide - Phasianus colchicus) au Danemark. Toutefois, un nouveau cas déclaré d'infection IAHP au sein de l'avifaune sauvage a été confirmé le 16 janvier, également au Danemark. L'ensemble des déclarations en fin d'année 2018 (d'octobre 2018 à décembre 2018) a concerné exclusivement des foyers en élevages de volailles (en majorité à virus H5Nx) en Bulgarie ; la dernière déclaration d'H5N8 date du 30 octobre 2018 et la dernière déclaration d'H5Nx date du 17 décembre 2018 (dans une basse-cour).