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Lettre d'information ACS du 28 janvier 2019

Publié le 28 janvier 2019

La conjoncture économique en Ille-et-Vilaine se replie 

D'après l'enquête semestrielle de la CCI 35, le nombre des entreprises brétiliennes présentant un chiffre d'affaires en baisse au second semestre de 2018 est en progression. Si les investissements chez les industriels semblent bien orientés, la situation s'avère en revanche plus compliquée dans le commerce où 70% des entreprises commerciales s'estiment touchées par le mouvement des gilets jaunes. Dans un contexte de ralentissement de la rentabilité des entreprises et de baisse des recrutements, les dirigeants se disent inquiets pour 2019. 

Les défaillances d'entreprises attendues en hausse cette année 

D'après le cabinet Altares, la dégradation de la conjoncture pourrait entrainer une augmentation de 2,6% du nombre de défaillances d'entreprises cette année après une légère baisse en 2018. En effet, 54.600 entreprises ont fait faillite en 2018. Après un bon premier semestre, les défaillances globales ont enregistré une hausse de 2,3% sur la deuxième moitié de l'année. Sur l'ensemble de l'année, la quasi-stabilité du nombre de défaillances cache également une forte augmentation des sinistres concernant les grandes PME. En 2018, les entreprises de plus de 100 salariés qui ont fait faillite ont bondi de 11,5% et de 24% sur le seul dernier trimestre. Sur l'année, les difficultés rencontrées par les grosses PME ont fait grimper à 171.000 le nombre d'emplois menacés par les défaillances d'entreprises. Pour les entreprises déjà fragilisées, notamment dans l'habillement, le mouvement des gilets jaunes a été un accélérateur de difficultés. Enfin, l'endettement important des entreprises est sous surveillance. 

Contrats courts : la boîte à idées du patronat pour éviter le bonus-malus 

A l'issu de la huitième séance de discussions sur l'assurance-chômage, les partenaires sociaux n'ont toujours pas trouvé d'accord. Le patronat et les syndicats s'opposent toujours sur l'instauration d'un mécanisme de bonus-malus visant à limiter le recours aux contrats courts. Malgré leurs désaccords, les partenaires sociaux ont fixé un nouveau rendez-vous le 31 janvier. Le Medef, la CPME et l'U2P devraient arriver avec un texte détaillant un peu plus leurs 12 propositions « anti-précarité ». Le patronat propose notamment de donner la priorité de réembauche en contrat long aux personnes qui enchainent les contrats courts, de figer une liste de secteurs habilités à user d'un nouveau CDD multi-remplacement prévu par la loi « Avenir professionnel », de revoir les règles du temps partiel ou encore de restreindre le recours aux CDD d'usage. Les partenaires sociaux ont convenu de deux dates supplémentaires (14 et 20 février), sous réserve que Matignon les leur accorde, puisque la date butoir de la négociation était fixée à fin janvier. 

Les revenus des «non-salariés» font le grand écart 

D'après une étude de l'Insee, les revenus des entrepreneurs individuels, des micro-entrepreneurs et des gérants de SARL ont progressé de 2,7% en 2016, contre 2,5% en 2015. Dans un contexte d'amélioration de la conjoncture économique, les entrepreneurs individuels voient leur salaire net augmenter de 2,8%, à 3720 euros nets par mois. Celui des gérants de sociétés affiche une hausse de 2,6%, à 3070 euros. Le revenu des micro-entrepreneurs s'accroît de 3,4%. Le revenu moyen des non-salariés « classiques » s'élève ainsi à 3440 euros par mois. L'enquête révèle également qu'ils exercent dans les secteurs les plus rémunérateurs comme la santé et les activités juridiques et comptables. Par ailleurs, 9% des non-salariés classiques déclarent un revenu nul, faute de bénéfices. Représentant 31% des non-salariés, les micro-entrepreneurs retirent en moyenne 450 euros par mois de leur activité. Le secteur qui génère les revenus les plus faibles est le commerce de détail avec 1120 euros nets par mois. Viennent ensuite les services de taxis et de VTC, les services personnels et les activités artistiques et récréatives, avec des revenus compris entre 1370 euros et 1430 euros nets par mois. Les médecins et les dentistes se hissent en haut du classement avec un revenu de 8620 euros nets, devant les juristes et les comptables (8620 euros) et les pharmaciens (6990 euros). Enfin, « les femmes non-salariées classiques gagnent en moyenne 22% de moins que leurs confrères : 2900 euros nets par mois contre 3730 euros » indique l'étude. 

En 2019, l'artisanat du bâtiment s'inquiète pour ses marges 

Alors que l'année 2018 a été faste pour les artisans du bâtiment (hausse d'activité de 5% dans le neuf et 1% dans l'entretien), 2019 sera plus calme. D'après les prévisions de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), une croissance de tout juste +0,5% est envisagée pour l'année à venir (-0,5% dans le neuf, +1% dans l'entretien-amélioration). La courbe des carnets de commandes, qui s'est élevée jusqu'à atteindre un pic en juillet 2017 (94 jours), descend en effet depuis et s'élève aujourd'hui à 76 jours. Si la Capeb note un certain attentisme des clients, elle pointe également des causes plus profondes comme le ralentissement sur le marché du neuf, ou encore l'absence du décollage, tant attendu depuis maintenant dix ans, du marché de la rénovation énergétique des logements. 

Les artisans partagés sur la fin de stage préalable à l'installation 

Le stage de préparation à l'installation (SPI) avant de s'immatriculer au registre des métiers et de débuter son activité ne sera bientôt plus obligatoire pour les artisans. En effet, le projet de loi Pacte prévoit la suppression du caractère obligatoire de ce dispositif d'accompagnement des entreprises dispensé par les Chambres de métiers et de l'artisanat. Après la publication des décrets d'application de la loi, ce stage s'effectuerait uniquement sur la base du volontariat. Selon le gouvernement, cette mesure permettra un gain de temps et d'argent pour les artisans lors de la création de leur entreprise. Mais les artisans réfutent cet argument. Bernard Stalter, président de l'Assemblée permanente des Chambres des métiers et de l'artisanat (Apcma) estime ainsi que ce stage est nécessaire. Il souligne que « le taux de survie des entreprises accompagnées lors de leur création est de 75% à trois ans, alors qu'il n'est que de 50% sur la même période pour les dirigeants non accompagnés. » Selon l'Apcma, 83.000 artisans ont suivi cette formation en 2017 et 55.000 autres en ont été dispensés pour des cas de force majeure, pour avoir déjà bénéficié d'un accompagnement à la création d'entreprise (Adie, BGE, CCI, CRA...), ou pour avoir reçu une formation équivalente. L'U2P et l'Apcma ont rencontré Bruno Le Maire au début de l'année pour lui proposer une alternative. Il s'agit d'un stage d'une journée sur l'environnement juridique et fiscal avant l'inscription au répertoire des métiers, suivi d'une formation de quatre jours. 

Commerce plombé à Rennes 

Selon une enquête réalisée par la CCI d'Ille-et-Vilaine et l'union du commerce, les commerces rennais ont particulièrement souffert du mouvement des gilets jaunes et de la concurrence du e-commerce fin 2018. 75% des 300 commerçants interrogés se sont en effet déclarés insatisfaits de leurs activités de la fin d'année 2018. Pour 34% d'entre eux, la baisse du chiffre d'affaires a été comprise entre 20 et 40%. Enfin, les soldes ne semblent pas être une solution de rattrapage car 73% des enseignes ont indiqué que le chiffre d'affaires généré était pour le moment insuffisant.