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Lettre d'information Agricole du 1er avril 2019

Publié le 03 avril 2019

L'agriculture doit être exclue de l'accord commercial UE/USA, selon Macron 

Le 22 mars, Emmanuel Macron a fixé les conditions auxquelles la France serait prête à approuver l'ouverture de négociations commerciales entre l'UE et les Etats-Unis. Parmi celles-ci : l'exclusion de l'agriculture ou encore la présence de garanties environnementales. Le président de la République a profité d'un sommet européen à Bruxelles pour rappeler que les précédentes négociations du TIPP devaient être définitivement abandonnées. Il a particulièrement insisté sur le fait que l'agriculture devait être « exclue » des futures discussions, contrairement à ce que souhaitent les Américains. 

La Chine lève l'embargo sur la volaille 

En marge de la visite du président chinois Xi Jinping en France, un protocole d'accord a été signé entre la France et la Chine pour la filière poulets de chair, levant ainsi l'embargo sur les volailles imposé depuis la grippe aviaire de 2015. Les exportations de pattes, têtes et ailes de poulets congelés français vers la Chine devraient reprendre dans les prochains mois. 

1,7 million d'euros pour structurer des filières agricoles et agroalimentaires

28 lauréats ont été sélectionnés pour un montant total de dépenses de 3,5 millions d'euros et un montant d'aide maximum de 1,7 million d'euros suite à l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) « structuration des filières agricoles et agroalimentaires » opéré par FranceAgriMer et lancé par le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation l'été dernier. Un AMI s'inscrivant dans l'axe 3 du volet agricole du grand plan d'investissement concourant à l'innovation et la structuration des filières. Parmi ces projets, on peut citer la structuration et le développement de la filière amandes (de la Compagnie des Amandes), la mise en place d'une filière lait de foin STG (par l'Association Lait de foin), la création d'un label Rouge caprin (par le syndicat caprin de la Drôme) ou encore la création d'une salle de découpe de viande bovine, porcs et petits ruminants (par Elvea 82). 

France : recul de la collecte de lait en janvier 

Selon les derniers chiffres du service de statistiques du ministère de l'Agriculture (Agreste), la collecte de lait de vache a reculé de 2,9% sur un an en janvier 2019. Le prix du lait standard s'est établi à environ 332 euros les 1.000 litres en janvier dernier, ce qui représente une hausse de 1,3% par rapport à janvier 2018. La collecte de lait de vache bio a pour sa part légèrement progressé, représentant 3,7% de la collecte totale contre 3,1% un an plus tôt, tandis que la part de lait AOP/IGP a atteint 15,7%. Néanmoins, le prix du lait de vache bio standard a reculé de 13 euros/1.000 litres, à 462 euros/1.000 litres. 

Europe : la collecte européenne ne repart pas

Selon Bruxelles, la collecte européenne ne s'est pas reprise et reculait de 1,5 % en janvier comparé à l'an dernier. La progression des collectes polonaise (+3,2%), danoise (+1,7%) et britannique (+1,7%) n'efface pas les baisses enregistrées en Allemagne (-2,1%), en France (-2,9%) et aux Pays-Bas (-5,1%). À eux trois, ces pays seraient responsables d'une baisse de 186.000 t de la collecte européenne, soit 95% du repli. Dans ce contexte, les fabrications communautaires ont reculé en janvier de 1% pour le fromage, de 1,9% pour le beurre, de 6,4% pour la poudre grasse et de 8,5% pour la poudre maigre. Les fabrications de crème continuaient de progresser (+1,3%). En France, les fabrications reculaient de 2,13% pour le beurre, de 1,85% pour le fromage et de 12,05% pour les poudres de lait, selon FranceAgriMer. En revanche, la crème se distinguait aussi avec une hausse des fabrications de 5,51%.

Porc : la baisse de la consommation touche les GMS et les circuits spécialisés 

Une analyse des achats des ménages en 2018 par circuit de distribution donne un éclairage nouveau sur l'évolution des habitudes des consommateurs. Au global, le repli est de -4,1% pour le porc frais et -2,6% pour la charcuterie. Par type de distribution, on constate des changements dans les comportements des acheteurs et des orientations contrastées. Pour le porc frais, les circuits traditionnels de commerce spécialisés et les marchés, qui avaient plutôt résisté ces dernières années, sont en recul (-14% pour les marchés, -10% pour le commerce spécialisé). Les GMS dans leur ensemble sont en perte de vitesse en viande, comme en charcuteries. Si les ventes en ligne chutent pour le porc frais -30%, elles progressent légèrement pour les achats de charcuteries +1%. Enfin, le hard discount parvient à faire progresser ses volumes en viande fraiche (+1,4%) et à se maintenir en charcuterie (-0,9%) : un résultat obtenu en déployant une stratégie de prix attractifs toute l'année et un recours limité aux promotions qui semble séduire les consommateurs. 

Porc : rebond des cours à travers le monde portés par la demande chinoise 

Selon la note de conjoncture du 18 mars du cadran de Plérin, la cotation du marché du porc breton (MPB) a rebondi de 5 cents lors de la séance du 14 mars, soit la hausse maximale permise. Après plusieurs mois de stagnation entre 1,16 et 1,2 euro le kilo, ce rebond, qui porte la cotation à 1,233 euro le kilo, « exprime une amélioration de la demande intérieure et extérieure puisque de nombreux abattoirs français doivent également répondre à une demande chinoise en croissance ». 

La volaille européenne assoit sa présence mondiale 

Selon Bruxelles, l'Union européenne (UE) a exporté plus de 1,77 million de tonnes équivalent carcasse (téc) de volaille en 2018, soit 6% de plus qu'un an plus tôt. Cette progression est à rapprocher de la forte croissance des ventes aux Philippines (+40.329 téc) qui prend ainsi la place de 2nd client derrière l'Ukraine, où l'Europe a également accru ses ventes l'an dernier (+15.511 téc). L'UE a également augmenté ses envois de 34.570 téc au Vietnam, de 19.034 téc au Ghana (3ème débouché des états membres) et de 5.952 téc à l'Afrique du Sud. En revanche, l'Europe continue de perdre du terrain à destination du Bénin (-13.406 téc) et de Hong Kong (-21.238 téc). En janvier 2019, le dynamisme du commerce avec l'Ukraine s'est poursuivi (+1% sur un an pour plus de 16.000 téc exportées), tandis que les ventes se sont accélérées vers les Philippines (+45% à près de 16.800 téc) et vers le Ghana (+45% à plus de 16.700 téc). Les plus forts gains ont toutefois été réalisés en Afrique du Sud (+130% à 11.867 téc) et au Vietnam (+85% pour 9.757 téc). Au total, l'UE a exporté 160.052 téc en janvier, soit 24,2% de plus qu'en janvier 2018.