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Lettre d'information Agricole du 15 avril 2019

Publié le 15 avril 2019

L'excédent agroalimentaire s'est redressé en 2018 

Selon le service de statistiques du ministère de l'Agriculture, l'excédent des échanges agricoles et agroalimentaires s'est redressé en 2018 de 1,3 milliard d'euros pour s'établir à 6,9 milliards d'euros, et ce, après deux années de baisse. Les produits agricoles bruts favorisent cette reprise, avec une progression de 1,4 milliard d'euros, principalement grâce aux exportations de céréales, et dans une moindre mesure, à la baisse des importations. À l'inverse, l'excédent en produits transformés recule de 100 millions d'euros, malgré la progression de l'excédent commercial des vins et spiritueux (à 11,7 milliards d'euros) et la réduction du déficit des échanges de produits issus de la pêche (à -4,4 milliards d'euros). 

55% des agriculteurs revoient leurs investissements à la baisse pour 2019 

Selon deux sondages en ligne menés par Terre-net.fr, de nombreux agriculteurs affichent un regard pessimiste quant à l'évolution de leurs comptes d'exploitation. Un quart des agriculteurs interrogés estiment en effet que la santé financière de leur exploitation s'est fortement dégradée ces douze derniers mois et seul un agriculteur sur cinq aurait vu sa situation économique s'améliorer en 2018. Face à ce contexte économique tendu, 55% des agriculteurs indiquent avoir revu à la baisse leurs investissements pour 2019. 

Moins de défaillances en cultures, mais davantage en élevage pour ce début 2019

Malgré un nombre de défaillances d'entreprises agricoles globalement stable au 1er trimestre 2019 (339 procédures enregistrées) par rapport au 1er trimestre 2018 (337 procédures enregistrées), des différences existent entre les filières, indique un rapport du cabinet Altares. Le nombre de redressements judiciaires s'affiche ainsi en hausse dans le secteur de l'élevage (92 en 2019 contre 61 en 2018), mais en baisse dans le secteur des cultures (64 en 2019 contre 81 en 2018). Dans le secteur agricole, l'année 2018 s'est soldée par une baisse sensible des procédures collectives. Fin décembre 2018, 571 procédures avaient été enregistrées dans le secteur des cultures, contre 584 l'année précédente. En élevage, le nombre de procédures avait baissé de 15,7%, passant de 725 en 2017 à 611 en 2018. 

Les marchés laitiers se redressent en 2019 

Si les signes de redressement peuvent encore sembler timides pour les producteurs de lait, la conjoncture à l'œuvre depuis l'été 2018 apparaît relativement positive. La tension exercée sur les cheptels européens à la suite de la sécheresse estivale a permis de limiter les disponibilités sur les marchés laitiers. Dans le même temps, la robustesse des fondamentaux de la demande internationale, avec le retour d'acheteurs comme la Chine, a contribué à tirer l'ensemble des prix laitiers à la hausse. 2019 démarre donc sur des bases optimistes pour la filière. Néanmoins, la hausse du prix des charges (énergie et aliment) appelle à la vigilance le maillon élevage, dont les marges se contractent. 

France : naissance de l'association interprofessionnelle des éleveurs de brebis français 

Début avril 2019, la première association interprofessionnelle des producteurs de lait de brebis a vu le jour en France. Baptisée « France brebis laitière », son siège est à Toulouse : elle devrait réunir quelques 6.000 éleveurs. Le lait de brebis est une filière qui se porte bien dans l'Hexagone, avec 300 millions de litres de lait produits chaque année. Mais les transformations ont tendance à voir s'éparpiller les intérêts des uns et des autres. « France brebis laitière » a pour objectif de fédérer tous les acteurs, des producteurs aux coopératives, en passant par les transformateurs, et de préserver la bonne image de la filière. 

La filière porcine rebondit grâce à la forte demande chinoise 

Au cours des quatre dernières semaines, le prix de vente du kilo de porc a augmenté de 18% pour atteindre 1,39 euro selon le Marché du porc breton. En effet, marquée par une forte épidémie de peste porcine africaine, la Chine multiplie les abattages préventifs, ouvrant la porte aux importations. D'après Guillaume Roué, le président de l'interprofession porcine Inaporc, « la Chine importe généralement 3 millions de tonnes par an de viande porcine. Compte tenu de la disparition des cheptels, elle va désormais avoir rapidement besoin de 12 millions de tonnes ». Les observateurs s'accordent pour admettre que le volume des importations chinoises devrait rester soutenu pendant plusieurs mois. Si les éleveurs européens voient l'avenir en rose, ce n'est pas le cas des fabricants de jambons et autres produits transformés à base de porc. La Fédération des industriels charcutiers traiteurs réclame la réouverture rapide des négociations tarifaires pour 2019 qui viennent d'être bouclées avec la grande distribution. 

Volailles de chair : les demandes de l'interprofession face aux importations 

La France a importé 4% de volumes de poulet en plus l'an passé qu'en 2017. Moralité, 43% des 1,3 milliard de tonnes de poulet consommées dans l'Hexagone viennent d'ailleurs, soit deux points de plus que l'an dernier. Toutefois, lors de son assemblée générale le 11 avril 2019, l'Anvol voit enfin un palier se dessiner. Pour atteindre l'objectif de reconquête du marché national de reprendre au moins un point par an les dix prochaines années, elle demande le soutien réel des pouvoirs publics, sur le volet financier mais surtout réglementaire. "Le plan d'investissement nécessaire pour que la France travaille à armes égales avec les autres pays européens est de 2,7 milliards d'euros dont 2,3 Mds dans les bâtiments d'élevage", rapporte Jean Michel Schaeffer, le président d'Anvol. L'association pointe une autre déception : malgré son travail de lobbying pour obtenir l'étiquetage obligatoire de l'origine des viandes dans tous les lieux de consommation, le décret n'est toujours par paru.

Les Français continuent de manger de moins en moins de viande à domicile 

Dans sa note de conjoncture du 9 avril, le ministère de l'Agriculture indique que les achats en volume de viandes par les ménages pour leur consommation à domicile continuent de diminuer pour la 4ème année consécutive. Toutes les espèces sont concernées par cette désaffection à l'exception de la viande de canard, dont les volumes progressent après deux années marquées par une crise sanitaire. La consommation de viande de porc à domicile (45% des quantités de viandes achetées par les ménages) diminue de 3,4% tant du fait de la viande fraîche que des charcuteries dont le déclin s'accélère. Les achats des ménages de viande de bœuf (18% des quantités totales) diminuent de 3,3% en 2018. Alors que depuis 2012, la consommation viande de bœuf haché était à la hausse, elle diminue de 1%. Enfin, la consommation de poulet (17% des achats) diminue de 1,1% en 2018, après avoir progressé de 1,5% en 2017.