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Lettre d'information ACS du 20 mai 2019

Publié le 20 mai 2019

Une croissance française 2018 légèrement plus forte que prévu 

L'Insee a réévalué à la hausse la croissance française pour 2018. L'organisme table désormais sur une progression de 1,7%, contre 1,6% annoncé auparavant. L'impact macroéconomique de la grève à la SNCF et des manifestations des gilets jaunes a été moins important que prévu. Par ailleurs, l'Insee a revu à la hausse les exportations françaises, qui ont augmenté de 3,5% l'an dernier. Les entreprises de l'Hexagone ont également réalisé une meilleure année. Le déficit public pour 2018 reste, lui, à 2,5%. Le niveau de la dette publique rapportée au PIB reste stable, à 98,4%. L'Insee a aussi confirmé le niveau des dépenses publiques à 56,0% du PIB fin 2018. 

Conjoncture économique positive pour la Bretagne 

Selon le rapport d'analyse conjoncturelle du mois d'avril de la Banque de France, tous les voyants sont au vert en Bretagne. Le secteur industriel affiche une activité en hausse, les services marchands se portent également bien, la situation est favorable dans les travaux publics et les recrutements se poursuivent dans certaines activités du bâtiment comme le gros oeuvre. Même si le nombre de permis de construire a tendance à se réduire sensiblement depuis quelques mois, la Banque de France indique que les professionnels du bâtiment compensent avec les activités de rénovation et d'extension. 

Une entreprise sur deux prévoit d'investir en 2019 

D'après la 5ème édition du baromètre Investissement et trésorerie des entreprises de l'assureur-crédit Euler Hermes, le ralentissement de la croissance française (1,2% après 1,6% en 2018 et 2,3% en 2017) devrait conduire les entreprises françaises à restreindre leurs investissements cette année. Après avoir enregistré des hausses de leurs chiffres d'affaires de +6,6% en 2017 et +3,1% 2018, les entreprises devront compter sur une progression de seulement +2,5% en 2019, estime Euler Hermes. Leurs marges devraient toutefois croître légèrement (+0,9 point) en raison d'une inflation plus faible. Compte tenu de ces prévisions, les entreprises devraient rester prudentes en matière d'investissements. Ces derniers ne devraient en effet progresser que de 2,9% en 2019, après 3,9% en 2018 et 4,4% en 2017. Dans le détail, la part des entreprises qui indiquent vouloir investir autant ou plus que l'an passé est en baisse par rapport à l'édition 2017 du baromètre, tandis que la part des entreprises qui déclarent ne pas vouloir investir cette année, soit un tiers, est presque deux fois plus importante qu'il y a deux ans. Les investissements «offensifs» seraient cette année privilégiés à une courte majorité (52%) et les investissements dans le digital devraient se maintenir. 

Prêt de trésorerie : Truffle Capital investit dans la Fintech RollingFunds 

Alors que près d'un tiers des demandes de crédits de trésorerie effectuées par des TPE sont refusées par les banques, la jeune pousse parisienne RollingFunds entend leur faciliter la tâche grâce à son modèle original de financement court terme. Ce dernier consiste à proposer à des grandes sociétés qui traitent avec plusieurs centaines de petites entreprises de leur faciliter l'accès au crédit en mettant à leur disposition une technologie basée sur l'intelligence artificielle, capable de traiter en temps réel leurs demandes de crédits court terme. Ces grandes entreprises, en contact avec des plus petites, disposent en effet de nombreuses données à leur égard, qui, selon RollingFunds, permettent une meilleure appréciation du risque. La mise à disposition d'une place de marché en ligne permet ainsi d'accentuer l'automation des procédés et la mise au point de nouveaux modèles de scoring alimentés par des données "fraîches et variées". En offrant ce type de services aux petites entreprises avec qui elles travaillent, les plus grandes structures peuvent espérer une augmentation de leur volume d'affaires ou s'assurer qu'il n'y ait pas de rupture dans la chaîne d'approvisionnement. Hébergée au sein de l'incubateur de Truffle Capital, la startup a annoncé avoir levé 1,35 million d'euros pour développer son modèle. Elle devrait signer ses premiers partenariats avec une poignée de grands groupes dans les semaines à venir. Les crédits octroyés iront de 10.000 à 150.000 euros pour une durée inférieure à un an. RollingFunds ambitionne d'octroyer une dizaine de millions d'euros de crédits d'ici la fin de l'année. 

Les créations d'entreprises reculent légèrement 

Selon les derniers chiffres de l'Insee, le nombre de créations d'entreprises recule à -1,3% en avril, contre +1,5% en mars. Dans le détail, les créations d'entreprises classiques ont baissé de 1,8%. Les immatriculations de micro-entrepreneurs diminuent plus légèrement de -0,8%. Sur un an, le nombre cumulé d'entreprises créées enregistre en avril une augmentation de 17,3%. La hausse est plus importante pour les micro-entrepreneurs, à 28,4%. Le secteur le plus dynamique reste celui des transports et de l'entreposage, avec une augmentation qui correspond à 8.200 créations supplémentaires. Par ailleurs, le dernier bulletin de la Banque de France fait état d'une hausse de 1,1% du nombre de défaillances d'entreprises en février en glissement annuel. Sur 12 mois, le cumul s'établit à 54.344 contre 53.748 en février 2018. Enfin, les entreprises de taille moyenne ont enregistré la plus forte hausse de défaillances (8,2%). Les PME ont également souffert au mois de février avec une hausse des défaillances (+1,1%) avec 54.307 destructions de PME en février 2019 contre 53.699 en février 2018. Beaucoup de dirigeants des moyennes entreprises ont également déposé le bilan en février passant de 291 à 315 en un an (+8,2%). Les défaillances pour les microentreprises ont légèrement augmenté (1,2%) passant de 50.394 à 51.014 sur un an. A l'inverse, les grandes entreprises s'en sortent beaucoup mieux avec 24,5% de défaillances en moins. 

La baisse alarmante des cessions-transmissions de PME 

Les cessions-transmissions d'entreprises en France sont passées de 76.000 en 2013 à moins de 51.000 en 2016, d'après une étude de l'Observatoire BPCE. Cette tendance se confirme en 2017-2018. Depuis 2013, 10.500 PME ont trouvé un repreneur, soit une baisse de 28%, et 667 ETI (-54%). Néanmoins, le modèle familial s'installe dans le paysage entrepreneurial français. La transmission familiale représente 22% des cessions en 2016, contre moins de 17% en 2013. Cette étude montre également que les dirigeants restent à la tête des entreprises de plus en plus tard et qu'ils cèdent de moins en moins. En 2016, la part des ventes ou des transmissions au-delà de 60 ans s'est établie à 28% avec 3.200 cessions, contre une moyenne annuelle de 4.300 en 2013-2014. Le taux de cession des dirigeants quadragénaires a perdu 1,8 point de pourcentage entre 2013 et 2016, celui des sexagénaires perd 3,1 points et 4 points au-delà de 65 ans. La taille de l'entreprise joue un rôle dans la cession. Plus les salariés sont nombreux, plus la fréquence des opérations augmente, passant de 1,9% pour les TPE de 1 à 5 salariés, à 8,5% pour les entreprises moyennes et à 13,3% pour les ETI. La baisse des cessions-transmissions de PME ne concernerait pas seulement la France. Selon les estimations de l'Observatoire BPCE, l'Europe serait aussi concernée. 

Marchés publics : de nouvelles mesures et outils pour favoriser les TPE et les PME 

En janvier 2019, l'Observatoire économique de la commande publique a publié ses chiffres, révélant que seulement 29,4% du montant des marchés publics étaient attribués à des PME, contre 33% en 2014. Conscient du problème, l'État a mis en place de nouveaux dispositifs pour aider les petites et moyennes entreprises à se lancer sur les marchés publics. Entré en vigueur le 1er avril 2019, le nouveau Code de la commande publique impose à l'État de régler 20% de sa commande, au lieu de 5%, au moment de la signature du contrat avec des PME. De même, le taux maximal des retenues de garantie est passé de 5% à 3%. Par ailleurs, avec la loi Pacte, les acheteurs ont la possibilité de passer un marché public sans appel d'offres pour leurs achats innovants d'un montant inférieur à 100.000 euros HT. Sur le terrain, les initiatives pour mieux connaître le tissu économique et rencontrer les acheteurs publics se multiplient.