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Lettre d'information Agricole du 11 juin 2019

Publié le 11 juin 2019

2018 a été l'année de tous les records pour la filière bio 

L'année 2018 a été une année exceptionnelle pour le bio, et à tous les niveaux. Avec un marché du bio qui a augmenté de 15,7% à 9,7 milliards d'euros (représentant 5% des dépenses alimentaires des Français), la France a aussi « franchi un nouveau cap », selon l'Agence bio, avec deux millions d'hectares cultivés en bio (+17%). En hausse de 12% (5.000 exploitations) l'an dernier, les conversions au bio n'avaient jamais enregistré une progression aussi forte ; le gros des conversions s'étant fait dans les exploitations céréalières. Désormais, une ferme française sur dix est bio. Stimulées par la demande, les productions de légumes ont fortement progressé (+24%), mais aussi celles de fruits (+20%) et de vigne bio (+20%). Les élevages bio de poules pondeuses ont bondi de 31% en 2018, permettant de répondre à la demande. Les poulets de chair ont progressé aussi (+13,6%), mais représentent une très faible part de l'ensemble (1,6%). Même constat pour les truies (+20%), si bien que le marché français de la charcuterie-salaison reste tributaire des importations. 

Les exploitations en procédure collective vont pouvoir être aidées 

Le dispositif de soutien aux agriculteurs en difficulté (Area, ex-Agridiff) s'élargit aux exploitations agricoles qui font l'objet d'une procédure collective (redressement judiciaire, sauvegarde,…). Depuis le 6 juin 2019, ces dernières peuvent bénéficier d'une aide à la restructuration, qui inclura « une prise en charge partielle des dividendes correspondant aux intérêts », précise le décret d'application. Le plafond du montant de l'aide demeure inchangé (2.000 euros par salarié travaillant sur l'exploitation et à 10.000 euros par UTH (unité de travail humain) non salariée). 

Relève agricole: Guillaume s'engage sur le budget pour installer des nouveaux agriculteurs 

Alors que le syndicat des Jeunes agriculteurs s'inquiétait de ne pas avoir suffisamment de fonds pour accompagner les jeunes à l'installation et à la transmission, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume s'est engagé le 6 juin à garantir les financements de l'aide à l'installation des jeunes agriculteurs. «J'ai pris l'engagement ce matin que nous rallongerons l'enveloppe, s'il le faut. Il est impossible qu'il y ait un seul jeune qui ne puisse pas s'installer pour une question de budget», a déclaré Didier Guillaume. Au coeur de la discussion, la dotation jeunes agriculteurs, une aide destinée au repreneur, financée à 80% par l'Europe et qui a été revalorisée, notamment avec l'implication des régions. Après 5.010 nouveaux agriculteurs bénéficiaires de ce dispositif en 2018, et environ 6.000 en 2019, ce sont à nouveau 6.000 installations qui devraient en profiter en France en 2020. Cette aide augmente notamment si le repreneur met en place un projet agro-écologique ou s'il s'installe hors cadre familial. 

Prix agricoles en hausse de 2,2% en 2018 mais forte disparité 

Selon le rapport 2019 de l'Observatoire des prix et des marges, les prix agricoles affichent une progression de 2,2% (contre +3% en 2017), pour des prix à la consommation en hausse d'un peu plus de 2%. L'Observatoire constate une augmentation des prix à la production pour le lait de vache (+1%), les fruits (+12,3%), les légumes (+8,2%), ainsi que pour le blé tendre (+11,9%), les prix à la production diminuant en revanche fortement pour le porc (-11,8%), ainsi que pour les bovins et les veaux de boucherie (-0,6%). Côté industrie, l'observatoire a noté une baisse du résultat courant avant impôt des abattoirs de viande de porc de 1,2% en 2017 à 0,1% en 2018 (sur neuf mois) et de 0,5% à 0,3% pour l'abattage-découpe de gros bovins. Pour les GMS, la marge nette avant impôt calculée en 2017 a reculé à 1,2% (contre 1,7% en 2016). 

Filières animales : améliorer la qualité pour rivaliser avec la concurrence 

Depuis le début des années 2000, les produits d'origine animale français ont vu leur part de marché à l'international se réduire fortement, passant de 9% des exportations mondiales à 5% en 2016. Les auteurs d'une étude publiées par le Centre d'études et de prospectives du ministère de l'Agriculture sur la compétitivité des filières françaises de produits animaux estiment donc que les stratégies d'identification et de protection des AOP françaises, hors du marché communautaire, sont à poursuivre afin « que l'impact positif de ces appellations sur les exportations dépasse les frontières européennes ». Et de faire l'hypothèse que « si la France augmentait la qualité de ses produits à un niveau comparable à celui de l'Italie, ses importations de produits animaux transformés diminueraient de 2,5% ». 

Europe : contexte haussier pour le lait européen 

Au niveau européen, la production de lait se redresse et retrouve un niveau similaire à celui de l'an dernier. Cette situation masque toutefois la forte variabilité entre les pays de l'UE : alors que la production de lait en Irlande est très élevée, celle des Pays-Bas est en très forte baisse. La forte baisse de production constatée chez les principaux pays exportateurs (Argentine, Australie et Nouvelle-Zélande) est un élément favorable pour l'Union européenne, très présente à l'export, notamment sur le marché de la poudre de lait écrémé. Le prix de la poudre de lait écrémé a d'ailleurs dépassé les 2 000 euros/tonne en Europe, et cette tendance devrait se maintenir. Dans ce contexte haussier, on s'attend à une amélioration du prix du lait liquide en Europe dans les mois à venir. 

Porc : les abattages marquent le pas 

Après une « reprise d'activité observée au premier trimestre 2019, les abattages français « retrouvent les niveaux moyens quinquennaux », estime le ministère de l'Agriculture, dans une note de conjoncture publiée le 3 juin 2019. Sur les trois premiers mois de l'année, la production porcine française progresse de 1,6% sur un an, par rapport à 2018. Sur le marché intérieur, en mars, « la consommation apparente de viande de porc se redresse légèrement de 0,6% sur un an. Au premier trimestre 2019, elle égale celle du premier trimestre 2018 ». Les exportations françaises de viande et de graisse porcines se replient de 1,5% sur un an en mars 2019. Pour autant, l'accroissement des envois vers la Chine de viande comme de graisse se poursuit : +1.800 tonnes équivalent carcasse (téc) sur un an en mars, atteignant 6.640 tec et compensant la baisse des achats philippins (-1.300 tec). Dans le même temps, les importations de produits porcins se contractent fortement (-8,9% sur un an, soit - 4.460 téc) sous l'effet de la nette baisse en provenance de l'Espagne et des Pays-Bas. Si le cours du porc est resté stable et bas d'octobre 2018 à mi-mars 2019, « la flambée en avril (+ 16 centimes sur un mois) pour afficher un cours moyen de 1,55 euro/kg en avril (contre 1,49 euro/kg en moyenne 2014-2018) ». En mai, la hausse se poursuit, de manière plus mesurée (+3 centimes par kilo sur les deux premières semaines). 

La dinde entre en campagne 

En juin, le comité interprofessionnel de la dinde française (Cidef) va mettre la dinde à l'honneur, dans l'objectif de redynamiser les ventes et la consommation. Au premier trimestre, les achats de découpes de dinde par les ménages ont en effet reculé de 4,8% par rapport à l'an dernier. Le Cidef constate que la dinde est en concurrence à la fois avec le porc et les autres volailles, que la viande de dinde est peu valorisée que ce soit le packaging ou les produits et que le consommateur n'en connaît pas les qualités (organoleptiques et nutritionnelles). Pour remédier à cette situation, l'interprofession va positionner la dinde comme aliment « healthy ». Au premier trimestre, les abattages de dinde ont reculé de 9,7% par rapport à la même période de 2018, selon le Cidef. Les stocks de viande ont reculé de 19,1% sur la période. Les poids moyens restaient au-dessus de leur niveau de l'an dernier (+1,4%). Enfin, les mises en place globales s'élèvent à 752.061 têtes par semaine. En mars, elles sont 4,3% sous leur niveau de l'an dernier.