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Lettre d'information Agricole du 23 septembre 2019

Publié le 23 septembre 2019

Le solde commercial agroalimentaire s'est redressé en juillet 

D'après la note Agreste du ministère de l'Agriculture, l'excédent commercial agroalimentaire français a atteint 736 millions d'euros en juillet, une hausse de 76 millions sur un an due principalement aux échanges avec les pays tiers car ceux avec l'UE ont reculé. La hausse des exportations (+297 millions d'euros soit +6% en valeur) a été supérieure à celle des importations (+221 millions d'euros, soit +5%). Le solde des produits agricoles bruts affiche même un excédent positif pour la première fois depuis avril 2019 à 79 millions d'euros, mais il reste en recul de 19 millions d'euros par rapport à juillet 2018. Avec 657 millions d'euros, l'excédent commercial en produits transformés augmente de 95 millions d'euros sur un an grâce à la hausse des exportations et plus particulièrement des ventes de vins mais aussi de produits laitiers. Avec les pays tiers, l'excédent s'établit à 858 millions d'euros, en hausse de 170 millions d'euros par rapport à juillet 2018, parallèlement à des exportations qui ont progressé de 234 millions sur un an (+12%).

La Bretagne accélère sur l'agriculture biologique 

D'après l'Observatoire de la production bio en Bretagne, la région connaît une bonne dynamique de conversions. A la fin de l'année 2018, le cap des 3.000 fermes biologiques a ainsi été franchi (3.080 fermes soit 1 ferme sur 10 en Bretagne). Cette croissance est marquée par deux grandes tendances : l'installation en maraîchage et la conversion de l'élevage laitier. Dans le détail la Bretagne est la sixième région française en nombre de fermes biologiques, la première en production d'oeufs et de légumes bios, et la deuxième en production de lait bio. Selon la Frab, les conversions représentent 63% des engagements du premier semestre 2019. Largement prisé par les jeunes installés en bio, le maraîchage redevient la production majoritaire chez les nouveaux engagés en bio (27 %), devant les bovins lait (24 %) et les grandes cultures, qui connaissent toutefois une forte augmentation (18 % de nouveaux engagés en 2019 contre 8 % en 2018). 

France : La sécheresse pénalise la collecte laitière

« L'épisode caniculaire qu'a connu la France fin juin 2019 a fortement pénalisé la collecte laitière et les effets se sont ressentis en juillet avec une baisse de la collecte de 0,9% par rapport à juillet 2018 et ce malgré un prix du lait revalorisé », indique le service de statistiques du ministère de l'Agriculture dans une note Agreste. En cumul depuis le début de l'année, elle est en retrait de 1,1%. 

France : un référentiel bien-être vache laitière dans l'Ouest 

Georges Galardon, président de Triskalia, Olivier Chaillou, président de Terrena, et Hervé Guyomard, directeur de recherche à l'Inra, ont présenté, le 12 septembre au Space, l'association Lit Ouesterel (Laboratoire d'innovation territorial Ouest Territoires d'élevage), créée cet été, qui réunit plus de 40 acteurs des filières agricoles et alimentaires régionales, « de la fourche à la fourchette ». Son ambition : « faire de l'Ouest de la France un territoire de référence en matière de bien-être et de santé des animaux d'élevage ». D'ici à la fin 2019, trois référentiels devraient être finalisés pour trois espèces : la vache laitière, le poulet de chair et le porc, avec, pour chacune d'elles, cinq niveaux d'exigences. Les niveaux 1 à 3 porteront essentiellement sur l'amélioration des bâtiments, les niveaux 4 et 5 visant l'accès au plein air, l'expression des comportements naturels et la suppression des mutilations (ou, au minimum, la prise en charge de la douleur), explique Hervé Guyomard, président de Lit Ouesterel. Objectif affiché : 50% d'éleveurs au niveau 3 dans les dix ans. 

Comment les éleveurs français tirent parti de la peste porcine 

Le lundi 9 septembre, la viande porcine s'est échangée à 1,693 euro le kilo au cadran de Plérin, soit 40% de plus qu'au début du mois de janvier. Une situation inédite depuis 2013, qui leur permet enfin de vendre leur matière première à un coût supérieur à son coût de production. L'épidémie de PPA qui touche la Chine, 1er producteur mondial de porcins, mais également 1er consommateur, a des conséquences directes sur les exploitations bretonnes. Les exportations européennes de porc vers la Chine devraient passer de 1,8 à 2,6 millions de tonnes entre 2018 et 2019, sur une production totale de 22 millions de tonnes. Du côté français, on table déjà sur 150.000 tonnes de viande de porc exportées cette année, contre 110.000 habituellement. Des chiffres qui devraient poursuivre leur progression en 2020. 

La filière porcine bretonne décolle 

En Bretagne, la production porcine bio progresse : 85 élevages de porcs bio ont été dénombrés à fin 2018, soit 18 de plus que l'année précédente (Chiffres de la Fédération régionale d'agriculture biologique de Bretagne - Frab). Les Pays de la Loire, quant à eux, comptaient 175 élevages bio. « À la fin de l'année dernière, le Grand Ouest abritait 5.544 des 13.133 truies gestantes recensées au niveau national », précise Goulven Oillic, chargé de développement économique à Initiative Bio Bretagne (IBB). Selon la Frab Bretagne, l'offre est encore loin de la surproduction. Il faut savoir que la moitié de la consommation française de porc bio est importée. Toutefois, la perspective de développement sur ce marché incite l'entrée de nouveaux opérateurs. 

Le poulet français est très menacé par l'accord UE-Mercosur 

Après l'annonce de la signature le 28 juin, le service économique de l'Itavi a évalué les impacts potentiels du projet d'accord commercial portant sur 180.000 tonnes supplémentaires de contingents de volailles à droits nuls. Selon François Cadudal, « les volumes supplémentaires accordés permettraient de porter les exportations brésiliennes de 600.000 tec à 860.000 tec, faisant du Brésil le 6ème fournisseur du marché européen du poulet, États membres inclus. » Cette hausse de 20% des volumes contingentés ferait passer à 10% la part des pays tiers dans la consommation européenne de viandes de volailles et à 35% pour celle du filet de poulet. L'impact risque d'être plus élevé pour la France qui est déjà à 45% de viande de poulet importée, en majorité de l'UE. Son coût sortie abattoir est supérieur de 5% à celui de l'Europe du Nord et de 15% à celui de la Pologne. Dans le même temps, le poulet brésilien rendu Europe hors taxes douanières coûte 30% moins cher que le poulet européen. La France va continuer de subir une triple concurrence : celle des autres États membres en frais ou produits élaborés (15% des 630.000 tec de l'UE) à base de volaille européenne ou non, celle du Brésil et de Thaïlande en volaille congelée pour l'industrie alimentaire, celle de l'Ukraine directement (2.100 tec en 2018) ou via d'autres États membres. 

Un été atypique sur le marché de l'oeuf 

Pendant les vacances scolaires, le prix moyen des oeufs de calibre M et G établi par Les Marchés a gagné 0,80 euro/100 oeufs. Une situation assez inhabituelle, les vacances estivales étant souvent synonymes de consommation calme. Ce qui a d'ailleurs surpris les opérateurs. Première explication, une offre plus limitée. En cause, notamment, les deux épisodes de canicule au mois de juillet qui ont conduit à une baisse de la productivité des poules et des poids moyens des oeufs, mais aussi une surmortalité. Au 2ème trimestre, la France a ainsi produit 3,23 milliards d'oeufs, c'est 5,8% de moins que l'an dernier. Au premier semestre, les mises en place de poulettes de ponte dépassaient certes de 5,4% leur niveau de 2018, mais elles restaient 1% sous les effectifs moyens de la période 2014-2018. Les prix des oeufs destinés à l'industrie ont de leur côté gagné 0,125 euro/kg pendant les congés. Certes, les industriels ont des besoins, mais les opérateurs jugent le marché de l'ovoproduit décevant par rapport à l'an dernier, avec des commandes françaises assez calmes. Quant aux exportations, elles ont légèrement progressé en volume au premier semestre (+0,8% selon l'Itavi), mais elles ont chuté de 10,3% en valeur.