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Lettre d'information ACS du 14 octobre 2019

Publié le 14 octobre 2019

Ménages, entreprises: les impôts baissent, les recettes explosent 

Alors que 10 milliards d'euros de baisse sont prévus pour les impôts des ménages et des sociétés, les annexes du budget 2020 indiquent que les recettes de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés vont bondir de presque 20 milliards d'euros l'année prochaine (19,3 milliards d'euros exactement). Un effet calendaire favorable permet en effet à l'Etat de voir les revenus du mois de décembre 2019 être taxés en janvier 2020, de même que la contemporanéité des prélèvements contribue à augmenter sensiblement l'assiette de l'IR. Du côté de l'impôt sur les sociétés, les recettes devraient exploser l'année prochaine : +16,4 milliards d'euros (à 48,2 milliards d'euros), soit 20,8 milliards d'euros de plus dans les caisses de l'État en en deux ans. Si la transformation du CICE en baisse de charges y est pour beaucoup, le dynamisme de l'économie contribue également à la situation en permettant d'accentuer les rendements. 

Bpifrance portée par le financement de projets dans la transition écologique 

A l'occasion de la publication des chiffres du premier semestre 2019 de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, son directeur, a indiqué que l'activité de la banque publique avait été particulièrement dynamique sur cette période. Les financements aux entreprises ont en effet enregistré une progression de 4 %, à 9 milliards d'euros. Les crédits à moyen et long terme, compris dans cette enveloppe, ont notamment bondi de 14 %, à 3,9 milliards d'euros. Dans le détail, le financement de projets dans la transition énergétique et écologique devient un axe de développement stratégique pour Bpifrance. 800 millions d'euros ont ainsi été engagés au premier semestre sur des projets d'énergie renouvelables (éolien et photovoltaïque essentiellement), soit une hausse de 18 % par rapport à la même période l'an dernier. Les volumes devraient encore croître d'ici à la fin de l'année pour approcher les 2 milliards d'euros au total. Même si les prévisions s'annoncent plus sombres pour l'économie mondiale, Bpifrance continue d'afficher sa confiance. Selon le patron de Bpifrance, « les TPE et les PME françaises veulent se développer, mais leur croissance est davantage bornée par les problèmes de recrutements ».

Les défaillances d'entreprises en hausse à fin juillet sur un an 

D'après les données dévoilées par la Banque de France, le nombre d'entreprises défaillantes s'élevait à 53.508 fin juillet. Cumulées sur douze mois, elles ont ainsi augmenté de 1% à fin juillet par rapport au même mois de 2018. Dans le détail, des hausses ont été constatées dans plusieurs secteurs : conseil et service aux entreprises (+11,4%), transports (+7,2%) et activités financières et d'assurance (+5,5%) ; certaines secteurs sont restés stables : enseignement, santé et services aux ménages (+2,1%), agriculture (+1,5%) et hébergement-restauration (+1,2%) ; tandis que d'autres ont connu une baisse : information et communication (-5,1%), activités immobilières (-2,7%), commerce (-1,8%), construction (-1%) et industrie (-0,6%). Les évolutions diffèrent également en fonction de la taille des entreprises : TPE (-6,4%), PME (+1%), ETI (+9%) et grandes entreprises (+9%). Des données provisoires de la Banque de France indiquent un recul de 0,8% du nombre de défaillances sur douze mois à fin août. 

Les entreprises de taille intermédiaire espèrent un choc fiscal 

Afin de relancer la production industrielle dans les territoires, l'Institut Montaigne et le Mouvement des entreprises intermédiaires (Meti) préconisent un « choc fiscal » à 15 milliards d'euros (étude réalisée avec le cabinet Astérès). En effet, les impôts de production, qui recouvrent un ensemble hétérogène (fiscalité locale, versement transport, forfait social, taxe sur les salaires ou C3S), sont estimés à 70 milliards d'euros. Dans cette étude, l'Institut Montaigne souligne le caractère pénalisant de ces impôts pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI). Selon le think tank, la priorité devrait être de diminuer de moitié la taxe foncière sur les propriétés bâties, soit 6,5 milliards d'euros, de supprimer le reliquat de C3S (3,8 milliards d'euros) et de mettre fin aux nombreuses taxes sectorielles qui pèsent pour 3,8 milliards d'euros. Pour ce faire, l'institut propose de relever la TVA de 0,5 point ou de réduire la dépense publique. 

La CCI de Bretagne fait le compte des emplois à créer 

D'après une enquête de la CCI de Bretagne portant sur les intentions d'embauche dans les entreprises de plus de 10 salariés, 4.120 projets d'embauches ont été publiés au cours du troisième trimestre 2019. Ce chiffre est en recul de 1.616 postes par rapport au deuxième trimestre 2019. Dans le détail, l'industrie concentre 39 % des intentions d'embauches (552 postes proposés) contre 34 % pour les services. La restauration propose, quant à elle, 306 postes. 

Des dirigeants de TPE à flux toujours tendus 

D'après les résultats de la 1ère édition de L'Observatoire des TPE American Express/BVA, le poids des charges, le manque de temps et l'exigence client surmènent les « petits » patrons. Dans le détail, 6 dirigeants de TPE sur 10 estiment que leur trésorerie est restée stable ces derniers mois (70 % pour le secteur de la construction), tandis que 27 % des sondés déclarent qu'elle s'est détériorée. Les dirigeants de TPE affectés sont le plus souvent situés en zone rurale (33 %). Le coût du travail figure encore en tête des difficultés rencontrées au quotidien par les dirigeants de TPE sondés (58 %), avec comme principales entraves, la fiscalité (30 %) et la complexité des démarches juridiques et administratives (29 %). Parmi les priorités à court terme désignées par les patrons de TPE, on relève l'amélioration de la trésorerie (33 %) et la recherche de nouveaux clients (44 %). Paradoxalement, malgré tous ces obstacles et même si 60 % des dirigeants de TPE sont inquiets pour la situation économique du pays, une grande majorité d'entre eux demeurent confiants en leur avenir. 67 % des sondés se disent optimistes quant à la performance économique de leur entreprise (78 % pour les micro-entrepreneurs et les professions libérales, hors santé). Et 64 % des dirigeants de TPE estiment leur secteur porteur (73 % pour le secteur des technologies de l'information et 71 % dans le secteur du voyage). 

La rentabilité des entreprises du BTP progresse mais leur trésorerie s'affaiblit 

D'après l'étude 2019 de BTP Banque, filiale du Crédit Coopératif, réalisée sur la période 2008-2018, les entreprises du BTP affichent une amélioration de leur rentabilité mais un amenuisement de leur trésorerie. Dans le détail, l'établissement bancaire a en effet calculé que la valeur ajoutée des entreprises du BTP demeurait aujourd'hui bien en-dessous du niveau enregistré en 2008. L'augmentation du prix des matières premières et une activité sous tension dans certaines régions, qui engendre une concurrence virulente, sont les principales difficultés. Autre indicateur en baisse en 2018, celui du coût des charges de personnels par rapport à la valeur ajoutée. Ce coût de la main-d'oeuvre représentait environ 84 % de la valeur ajoutée pour l'activité gros-oeuvre (contre 86 % en 2017) et 80 % pour l'activité travaux publics (contre 81 % en 2017). S'agissant des perspectives, la filiale du Crédit Coopératif appelle à la prudence, en énumérant ce qui pourrait aggraver une fragilité structurelle déjà bien présente : "la menace d'un durcissement des règles prudentielles s'appliquant aux établissements de crédit ; la suppression, dès le 1er janvier 2020, du PTZ dans le neuf en zones B2 et C, ou encore la suppression du gazole non-routier."