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Lettre d'information Agricole du 2 décembre 2019

Publié le 02 décembre 2019

Examen du PLF 2020 au Sénat : La Commission des affaires économiques veut rejeter les crédits Agriculture 

Alors que le Sénat examine en première lecture le Projet de loi de finances (PLF) pour 2020 du 21 novembre au 10 décembre, la Commission des affaires économiques du Sénat a proposé le 27 novembre de rejeter les crédits de la mission « Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales ». Elle dénonce particulièrement la diminution des crédits de la réserve pour aléas en agriculture dans un contexte de forts aléas climatiques, le recul des crédits dédiés à la forêt, l'absence de pérennisation du dispositif d'exonération des charges pour employeurs de travailleurs saisonniers et, globalement, les « incohérences » de ce budget au regard des difficultés que connaît actuellement le monde agricole. L'accompagnement des agriculteurs doit nécessairement passer « par des investissements significatifs en matière de recherche et d'innovation, par des incitations à acquérir des équipements permettant à court terme de réduire significativement l'utilisation des produits phytopharmaceutiques ou encore dans l'engagement à ne laisser aucun agriculteur sans solution technique en cas d'évolution de la réglementation », a indiqué la Commission des affaires économiques du Sénat. 

France : les coopératives laitières veulent atteindre les objectifs du ruissellement" 

Pour l'année 2 des négociations commerciales post loi Egalim, les coopératives laitières souhaitent que les signaux encourageants envoyés l'an dernier se concrétisent et s'amplifient pour atteindre l'objectif de ruissellement de la valeur vers les producteurs, indique Coop de France Métiers du lait dans un communiqué. « Il faut de toute urgence permettre cette année une meilleure valorisation du prix du lait, en maintenant la hausse des tarifs sur les marques, mais aussi sur les MDD », peut-on lire dans le communiqué. Les coopératives laitières en profitent pour réaffirmer sa volonté de s'immiscer dans les accords tripartites.

International : le marché des poudres et du beurre est assez équilibré

Le marché des produits laitiers reste globalement bien orienté, que ce soit au niveau national, européen ou mondial. En France, les cours du beurre évoluent peu, toujours autour de 3.600 euros/t. Les disponibilités sont un peu plus larges mais la demande est au rendez-vous à cette période de l'année. Au niveau européen, les prix, compétitifs sur le marché mondial, permettent à l'Union de rester bien positionnée à l'export. Sur les neuf premiers mois de l'année, les fabrications européennes ont progressé de 3,9 %. En poudre de lait écrémé, l'heure reste à la fermeté. Les disponibilités demeurent assez mesurées comparé aux années passées (fabrications européennes à +0,6 % sur neuf mois) et les échanges sont dynamiques. Les opérateurs s'accordent à dire que les prix devraient rester soutenus à moyen terme, en France, en Europe et plus largement dans le monde. La demande chinoise qui ne faiblit pas malgré le ralentissement économique contribue à maintenir le dynamisme du marché des poudres de lait. 

La Chine, nouvel espoir de la viande bovine française 

Annoncée en janvier 2018, la levée de dix-sept ans d'embargo sur le boeuf français vers la Chine avait jusqu'à présent donné peu de résultats avec seulement cinq établissements agréés et exactement 263 tonnes expédiées, selon Interbev. Le voyage présidentiel en Chine, marqué par une forte volonté de promouvoir la viande de boeuf français, a engrangé un nouvel espoir dans la filière puisque de nouveaux contrats ont été signés. Les cinq entreprises déjà agréées sont prêtes à développer les volumes. Avec la peste porcine africaine (PPA) qui a décimé une part importante du cheptel de porcs, la Chine importe de plus en plus de viande, y compris bovine. 

FranceAgriMer fait un point sur la PPA 

Le conseil spécialisé viandes blanches de FranceAgriMer du 19 novembre a fait le point sur l'épidémie de fièvre porcine africaine qui se poursuit en Asie. La Chine aurait perdu 30 à 40% de son cheptel et de nouveaux foyers sont déclarés en Corée, aux Philippines et au Laos. « Au sein de l'Union européenne, de nouveaux cas sont signalés en Pologne et en République tchèque. La Roumanie est la plus touchée avec 1.584 cas déclarés ». 

Les éleveurs plein air « pénalisés » par les mesures contre la PPA 

Selon la Confédération paysanne de l'Hérault, les mesures préventives de biosécurité visant à éviter la propagation en France de la peste porcine africaine (PPA) pénalisent les éleveurs. Les mesures mises en oeuvre par l'administration pour que la France reste indemne « ne protègent que l'élevage industriel et menacent l'élevage plein air ». « On ne prend pas les mesures adaptées qui seraient de surveiller les transports d'animaux, décontaminer les camions […] et mieux gérer les populations de sangliers ». « Ces mesures visent à maintenir à bout de bras un système industriel à bout de souffle. Elles vont continuer à tuer les élevages respectueux du bien-être animal, de la qualité des produits et de l'environnement », lance Dominique Soulier, membre de la Confédération paysanne de l'Hérault. 

Un avis du Cese plaide pour un étiquetage sur le bien-être animal 

Dans un avis adopté en plénière le 27 novembre, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) propose de créer un « étiquetage contrôlé par les pouvoirs publics pour fournir une information claire quant aux conditions d'élevage, de transport et d'abattage des animaux ». L'assemblée consultative suggère ainsi un diagnostic de l'initiative « Etiquette bien-être animal » (lancée par le distributeur Casino et les ONG CIWF, OABA et LFDA), « en vue de lui accorder une reconnaissance officielle pour en élargir l'usage ». Présenté par Anne Garreta (CGT) et Marie-Noëlle Orain (personnalité associée), le rapport préconise une vingtaine de mesures, dont un plan national pour les abattoirs de proximité, un renforcement de la réglementation européenne ou encore l'interdiction de « la construction de nouveaux bâtiments en caillebotis intégra l». Le Cese se positionne aussi pour une interdiction de « la caudectomie et castration sans anesthésie des porcs », ainsi que du « débecquage des volailles ». 

Près de 70% des agriculteurs préfèreraient le régime général de sécurité sociale 

Alors que les élections des représentants à la MSA approchent, un sondage publié sur Terre-net révèle que l'attachement à la protection sociale spécifique du monde agricole ne coule pas de source. 69,1 % des personnes interrogées préfèreraient en effet être affiliés au régime général de sécurité sociale, s'ils en avaient le choix. Cette proportion progresse d'année en année, à en croire les précédents sondages parus sur Terre-net. En 2014, lors des précédentes élections de la MSA, la proportion d'agriculteurs souhaitant être affiliés au régime général était de 42 %.