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Lettre d'information ACS du 3 février 2020

Publié le 03 février 2020

La croissance française a ralenti à 1,2 % en 2019 

D'après les derniers chiffres publiés par l'Insee, l'économie française montre des signes de ralentissement. Alors que les économistes tablaient sur une croissance de 0,2 % pour le dernier trimestre de 2019, le produit intérieur brut français s'est en réalité contracté de 0,1 %. Sur l'ensemble de l'année 2019, la croissance s'établit ainsi à 1,2 % contre 1,7 % en 2018. Les grèves ont largement pesé sur le dynamisme de l'industrie hexagonale. En matière d'investissement en revanche, le ralentissement observé dans les derniers mois de l'année (+0,3 % seulement) ne gâche pas une année 2019 exceptionnelle (+3,6 %). Enfin, les exportations (-0,2 %) et les importations (-0,2 %) ont baissé au quatrième trimestre 2019, signe de la mauvaise santé de l'économie mondiale.

Les PME françaises et l'international, le nuage s'arrête à la frontière 

D'après la 70e enquête de conjoncture de Bpifrance Le Lab, les PME françaises affichent dans l'ensemble un bel optimisme en 2019, malgré les premiers signes d'un ralentissement de l'économie mondiale. Si des disparités sectorielles et régionales existent, tous les voyants sont globalement au vert, et ce, grâce à « des conditions économiques domestiques robustes ». Les TPE, peu exposées à l'international, enregistrent une activité en hausse de + 5 points. Malgré des difficultés à recruter, les embauches s'accélèrent, essentiellement dans les PME de 10 à 19 salariés (+6 points) et celles centrées vers le marché domestique (+4 pts). Côté trésorerie, Bpifrance Le Lab fait état d'une amélioration continue depuis 6 ans. 82 % des PME considèrent en 2019 que leur rentabilité a été « bonne » ou « normale » (81 % en novembre 2018). Pas de changement de programme à l'horizon, avec un solde d'opinion en hausse d'un point pour 2020. Alors que l'activité des PME de la construction et des services bat son plein (+7 pts et +3 pts), celle des PME de l'industrie tourne de l'œil en raison des aléas du commerce mondial. Le solde d'opinion d'activité des PME exportatrices chute de ce fait de 11 points en 2019 contre une hausse de 4 points pour celui des PME non-exportatrices. Pour 2020, les perspectives sont donc au beau fixe pour le marché intérieur (tourisme, transports, construction et services). Les PME qui exportent anticipent en revanche un ralentissement aussi bien de leur activité (-10 points) que de leurs embauches (-9 points). 

Défaillances d'entreprises : en Bretagne leur nombre baisse à l'exception de celui des PME qui enregistre une hausse de +15,2 % 

Avec 2025 procédures enregistrées sur la région, le niveau global des défaillances d'entreprises bretonnes a reculé de 0,8 % sur un an pour atteindre son plus bas niveau depuis 2007, pointe une étude du cabinet Altarès. Malgré ce contexte favorable, on note une hausse notable du nombre de défaillances des PME bretonnes de moins de 50 salariés (+15,2 % en 2019, soit 90 procédures). Les secteurs les plus touchés par ces défaillances sont « Transport et logistique » (+17,9 %), le Commerce de gros (+12,8 %), les Services aux entreprises (+11 %) et enfin le Bâtiment (+6,2 %). Par département, on constate que les Côtes d'Armor enregistre le plus fort taux de recul de défaillances d'entreprises avec -5,3 % et retrouve comme les départements d'Ille-et-Vilaine et du Finistère des niveaux de défaillances similaires à la période d'avant la crise de 2008. Seul le Morbihan voit le nombre de procédures augmenter de 4,3 %. Une stagnation du nombre de défaillances est attendue pour 2020. 

Bpifrance : une année au plus près des territoires 

A l'occasion de la présentation de son bilan le 30 janvier, Bpifrance s'est définie comme « une banque nomade au service des territoires ». Dans le détail, la banque publique d'investissement a fait état de 18,7 milliards d'euros de financement (soit une croissance de 7 % en comparaison à 2018), 2,5 milliards d'investissement et 1,6 milliard de cessions. Destiné à valoriser les industries françaises, le French Fab a fait étape dans 66 villes pour toucher en tout plus d'un million de Français. En parallèle, Bpifrance a mis en place le VTE, équivalent du VIE mais en France, pour promouvoir l'emploi des jeunes dans l'industrie tricolore. En 2019, 119 contrats ont été signés. 2019 a par ailleurs été l'année des écoles Bpifrance, les fameux « accélérateurs », qu'ils soient généralistes ou thématiques (par secteur d'activité ou par zone géographique). En 2019, 756 nouvelles entreprises ont rejoint un tel groupe, soit une hausse de +172 %. Bpifrance dit d'ailleurs « travailler beaucoup avec les régions et les métropoles pour continuer d'irriguer en profondeur les territoires. » Ses efforts se poursuivront donc en ce sens en 2020, ainsi qu'un autre pan essentiel selon la banque publique : la transition climatique. 1,8 milliard a été alloué aux investissements écologiques en 2019. 

Ces fonds qui allègent l'impôt des entrepreneurs 

Les entrepreneurs qui vendent leur société ont de nouvelles opportunités pour limiter l'impôt. NextStage AM, l'un des poids lourds français du capital-investissement (investissement au capital de sociétés non cotées), vient d'annoncer mi-janvier le lancement de FCPI NextStage Capital Entrepreneur. Ce fonds qui investit dans des PME en croissance s'appuie sur le dispositif dit d' « apport cession », réformé en 2019 puis en 2020. Celui-ci permet aux entrepreneurs de reporter les 30 % d'impôt (flat tax) dus au fisc au moment de la vente de la société, s'ils réemploient une partie de leur argent dans de nouvelles entreprises. Jusqu'à présent, ce réemploi ne pouvait se faire qu'en prenant directement des parts dans une entreprise, avec le risque que cela comporte. Désormais, l'entrepreneur peut passer par un fonds qui lui-même investit dans des sociétés. Près de 50.000 entreprises sont cédées chaque année, dont un quart de PME ou d'entreprises de taille intermédiaire qui pourraient être concernées par ce dispositif de réemploi. Dans le détail, pour bénéficier du nouveau mécanisme d'apport-cession (article 150 0B Ter), l'entrepreneur doit créer un holding avant même de vendre sa société. Une fois la cession faite, il a deux ans pour réinvestir au moins 60 % du montant de la vente dans une nouvelle société ou un bouquet d'entreprises (via un fonds), afin de rentrer dans le dispositif fiscal d'apport-cession. NextStage AM vise 40 millions d'euros de collecte sur son fonds. 

Baisse sensible du secteur logements neufs en Bretagne 

D'après les derniers chiffres publiés par la DREAL de Bretagne, les mises en chantier de logements ont baissé de 9,6 % entre septembre et novembre 2019 (-9,6 %) par rapport à la même période de 2018. Dans le détail, cette baisse concerne les logements collectifs (-21,1 %) tandis que les logements individuels commencés ont augmenté de 1,4 %. Sur 12 mois, de décembre 2018 à novembre 2019, 23.337 mises en chantier de logements ont été comptabilisées en Bretagne, un chiffre en baisse de 5,2 %. Cette diminution touche aussi bien les logements individuels (-1,8 %) que les logements collectifs (-9,3 %). Le nombre de permis accordés s'affichent également en baisse : -2,9 % (-1 % pour les logements individuels et -6,7 % pour les logements collectifs). 

Chiffres d'affaires en hausse pour les entreprises de proximité, à l'exception de l'hôtellerie, de la restauration et du commerce alimentaire 

Selon les résultats de l'enquête de conjoncture réalisée en janvier par l'institut Xerfi – I+C pour l'Union des entreprises de proximité (U2P), les entreprises de proximité affichent dans leur ensemble un chiffre d'affaires en hausse de 2 % en 2019 par rapport à 2018. Seul le secteur de l'hôtellerie/restauration/commerce alimentaire dévoile une activité en recul (-2 % en T1, +1 % en T2, +2 % en T3 et -1,5 % en T4), marquée par les mouvements des gilets jaunes, puis les mouvements sociaux contre la réforme de la retraite. Ce secteur fait état d'une trésorerie « détériorée » et n'envisage pas d'amélioration pour le 1er trimestre 2020.