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Lettre d'information ACS du 10 février 2020

Publié le 10 février 2020

La Banque de France anticipe un rebond de la croissance à 0,3% au premier trimestre 

Selon une première estimation de la Banque de France, la croissance économique française devrait rebondir au premier trimestre 2020 à 0,3%, après un recul au dernier trimestre 2019 (-0,1 %). Les chefs d'entreprises interrogés pour l'enquête de conjoncture avancent en effet une reprise de l'activité début 2020. Dans le détail, en janvier, la production industrielle s'est encore légèrement contractée, notamment dans l'aéronautique, l'automobile et les équipements électriques. À l'inverse, elle s'est redressée dans l'informatique-électronique. Pour février, les chefs d'entreprises anticipent « un retour à la croissance tendancielle ». Dans les services et le bâtiment, l'activité a déjà accéléré en janvier, portée par les secteurs de l'hébergement-restauration, des services techniques aux entreprises et des services à la personne qui ont été dynamiques. La croissance s'annonce « soutenue » dans le bâtiment en février. Pour l'ensemble de 2020, la Banque de France prévoit une croissance de 1,1%. 

Léger repli de l'emploi intérimaire en 2019, surtout dans l'industrie 

D'après le dernier baromètre Prism'emploi, les effectifs de l'intérim se sont affichés en baisse en 2019, (-4,4 %), après quatre années de forte hausse. Bien que cela représente 33.000 emplois équivalent temps plein en moins sur l'année, ce chiffre est à nuancer dans la mesure où 22.000 « CDI intérimaires » ont été signés dans le même temps. La baisse des contrats s'élève donc en réalité à 11.000. L'industrie est le secteur où le recul a été le plus marqué (-8,1 %) en raison du « durcissement de la conjoncture internationale, des difficultés spécifiques au marché allemand et de la profonde mutation de la construction automobile». Exposé aux aléas du commerce extérieur, le secteur transports et logistique a lui aussi enregistré une baisse de ses effectifs intérimaires en 2019 (-6,1 %), tandis que le BTP a progressé de 2,9% avec des tendances mensuelles comprises entre -3,8% et 12,9% en raison « des fluctuations d'activité ». Le secteur du commerce a quant à lui souffert des grèves, avec une baisse de 5,5% en décembre et de 2,2% sur l'année. Les services ont enfin progressé de 1,6%. 

Pacte productif: un rapport retient dix filières à soutenir en priorité 

D'après un rapport remis aux ministres de l'Economie Bruno Le Maire et de la Recherche Frédérique Vidal, dix filières d'innovation sont à soutenir prioritairement dans le cadre du Pacte productif qui doit être présenté au printemps par Emmanuel Macron. Correspondant à des marchés à forte croissance, les domaines identifiés sont les suivants : l'agriculture de précision, l'alimentation durable, le biocontrôle, les technologies numériques dans le domaine de la santé, les biothérapies, l'hydrogène, la décarbonation de l'industrie, les matériaux composites durables, les technologies du quantique et la cybersécurité. Le soutien de ces filières vise à maintenir la compétitivité de la France sur le plan de l'innovation et à favoriser la mise en oeuvre d'une « planification technologique ».

Brexit : hausse des formalités douanières à prévoir pour les entreprises 

Alors que le divorce est acté entre le Royaume Uni et l'Europe, pour les services de douanes, il s'agit de se préparer à l'échéance du 31 décembre 2020. À partir du 1er janvier 2021, le Royaume-Uni sera en effet considéré comme un pays tiers. Plus de 650 accords d'échanges passés entre l'Europe et le Royaume-Uni vont donc devoir être renégociés et adoptés au plus tard le 26 novembre pour être ratifiés par les 27 pays de l'Union dans la foulée. Les entreprises qui échangent avec le Royaume-Uni seront les plus affectées par ce changement puisqu'une déclaration de douanes sera à remplir systématiquement pour faire circuler des marchandises de part et d'autre de la frontière, soit le jour même du transit, soit dans les 30 jours précédents. En cas de contrôle, l'entreprise ou son intermédiaire devront en outre être présents sur place. Des systèmes informatiques pour faciliter le transport de marchandises entre les deux pays sont en cours de développement pour fluidifier les échanges. 

Entreprises: le gouvernement adopte un nouveau projet de loi de simplification 

Donner plus de pouvoir aux préfets afin de faciliter des implantations industrielles, protéger les entrepreneurs face aux changements réglementaires, c'est l'objet du projet de loi baptisé Asap pour « Accélération et simplification de l'action publique ». L'objectif est de « rendre plus efficace la décision administrative », a précisé la secrétaire d'Etat à l'Économie Agnès Pannier-Runacher. Dans le détail, ce projet prévoit de garantir à un porteur de projet que si la réglementation évolue durant l'étude de son dossier, il sera soumis aux délais d'adaptation appliqués aux sites existants. Le projet prévoit en outre d'accorder plus de pouvoir de dérogation aux préfets décidant de l'implantation d'un site industriel, sans toutefois toucher aux normes environnementales ou patrimoniales existantes. 

Un entrepreneur sur trois se sent isolé 

Une étude menée par Cegid et Opinion Way dévoile une sensation d'isolement de la part d'un certain nombre de dirigeants d'entreprises. 54 % des entrepreneurs interrogés ont en effet indiqué qu'ils ne se considéraient pas assez entourés dans leurs prises de décisions et 36 % ont évoqué un sentiment d'isolement. Ce chiffre augmente d'ailleurs à 58% quand les entrepreneurs n'ont pas de salariés. L'expert-comptable est majoritairement cité comme l'interlocuteur privilégié du dirigeant en cas de prise de décision (86 %). Viennent ensuite le banquier (32 %) ou l'avocat (24 %). 24 % des dirigeants affirment utiliser des outils collaboratifs pour échanger avec des conseillers. Même s'ils restent des solutions à découvrir pour 75 % des entreprises, ils apportent des bénéfices précis tels que : la performance au quotidien, l'accès à des informations légales, et l'accompagnement au quotidien. 

Forte hausse des entrées en apprentissage en 2019 

Selon un communiqué du ministère du Travail, le nombre de jeunes entrés en apprentissage a progressé de 16% en 2019, pour atteindre un nouveau record de 353.000. Fin 2019, il y avait ainsi 485.800 apprentis contre 437.000 un an plus tôt. Alors que cette hausse était tirée par l'enseignement supérieur ces dernières années, l'apprentissage « redémarre dans le secondaire (CAP - bac pro) » avec une hausse de 8% des effectifs, indique le ministère. En 2019, 70.949 jeunes ont ainsi formulé des voeux en faveur d'un apprentissage sur Affelnet (plateforme d'orientation en fin de 3e), soit une augmentation supérieure à 40% en deux ans. Le nombre d'apprentis a augmenté de 37% chez les Compagnons du Devoir, de 15% dans les Maisons familiales rurales (MFR) et de 3% dans les Chambres des Métiers et de l'Artisanat qui forment 140.000 jeunes dans 250 métiers. Par secteur, le nombre d'apprentis a progressé de 13% dans le BTP et de 11% dans l'industrie notamment.