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Lettre d'information ACS du 23 août 2021

Publié le 26 août 2021

L'embellie de l'activité se poursuit mais renforce les problèmes de main-d'oeuvre

Selon une étude de la Direction de la recherche du ministère du Travail (Dares), 77 % des salariés travaillaient en juin dans une entreprise dont l'activité était inchangée ou en hausse du fait de la crise sanitaire. L'amélioration constatée a bien sûr été portée par les secteurs de l'hébergement-restauration mais aussi, dans une moindre mesure, par ceux des spectacles et loisirs et du commerce qui ont bénéficié de la levée progressive des restrictions administratives. Cette évolution s'est accompagnée d'un autre signe d'amélioration de la conjoncture : une nouvelle diminution importante du chômage partiel. A contrario, deux nouvelles difficultés prennent de l'ampleur : le manque de personnel et les problèmes liés à l'approvisionnement. Ces derniers ont continué à s'intensifier fin juin dans la construction (+4 points) et dans l'industrie, en particulier dans les biens d'équipement (+7 points, après +1 point en mai). Même si les plans de sauvegarde de l'emploi sont moins envisagés par les entreprises, la Dares estime que « l'incertitude se maintient à un niveau élevé ».

Les défaillances d'entreprise toujours au plus bas

D'après les données fournies par la Banque de France, le nombre de défaillances d'entreprise s'est stabilisé à un niveau historiquement bas en juillet (27.896 défaillances, -27,6 % sur les douze derniers mois). Cette diminution des faillites s'observe pour la plupart des catégories d'entreprises et dans tous les secteurs, y compris parmi les plus touchés par les restrictions liées à la crise sanitaire. Dans l'hébergement-restauration, elle est, en un an, de 41,9 %, et, dans le commerce, de 30,4 %. Seules les activités immobilières enregistrent une hausse de 1,9 % sur un an, mais avec une baisse de 23,8 % sur deux ans. Pour les grandes entreprises, la diminution est toutefois limitée à 14 %, avec 37 défaillances. Ces chiffres s'expliquent d'une part par l'adaptation de la réglementation, qui a accordé temporairement des délais supplémentaires pour apprécier l'état de cessation de paiements et le déclarer. Ils sont d'autre part le reflet des mesures de soutien à l'économie prises par Bercy depuis dix-huit mois, qui ont permis de limiter la casse. Selon le ministère de l'Économie, plus de 685.000 PGE ont été distribués depuis mars 2020 pour un montant total de près de 140 milliards d'euros.

37 % des PME affirment avoir retrouvé leur niveau d'activité d'avant-crise

Selon une étude menée par Bpi France entre la mi-mai et la mi-juin, la majorité des patrons de PME sont plutôt optimistes quant à la reprise et envisagent d'accélérer les embauches. Environ les trois quarts des entreprises interrogées estiment qu'elles auront retrouvé « à horizon 2022 » leur niveau d'activité d'avant crise et 37 % affirment que c'est déjà le cas. « La reprise est plutôt tirée par l'industrie, le commerce se porte bien aussi, tandis que le tourisme reste le secteur à la traîne », précise Philippe Mutricy, le directeur des études et de la prospective de Bpifrance. Les dirigeants d'entreprises interrogés s'attendent ainsi en moyenne à une croissance de 2,8 % de leur chiffre d'affaires cette année, bien que ceux du secteur du tourisme tablent sur un recul de 11 %. Globalement, les résultats de l'enquête témoignent d'une amélioration des perspectives par rapport à la précédente édition réalisée fin 2020, au moment du deuxième confinement, même si cette nouvelle enquête a été faite avant la percée du variant Delta. L'enjeu des prochains mois reste désormais l'arrêt des dispositifs de soutien, notamment pour les entreprises qui n'auront pas retrouvé leur niveau d'activité d'avant la crise sanitaire. Parmi les dirigeants d'entreprises ayant bénéficié du PGE, 57 % affirment en avoir utilisé moins de la moitié. Mais selon l'enquête, seuls 4 % de ces dirigeants d'entreprises craignent de ne pas pouvoir rembourser leur prêt. Un chiffre qui monte à 7 % dans les TPE et PME du tourisme.

La croissance des crédits aux entreprises stagne en juin dans la zone euro 

Selon la Banque centrale européenne (BCE), la progression des crédits accordés par les banques de la zone euro aux entreprises a stagné en juin, sur fond de flambée préoccupante du variant Delta. Dans le détail, les prêts aux entreprises industrielles et commerciales, ajustés de certaines opérations strictement financières, ont progressé de 1,9 % en juin, comme en mai, stoppant la nette baisse observée depuis février. L'augmentation de la masse monétaire M3, qui a connu une envolée spectaculaire de 5 % à plus en 12 % en 2020, continue de ralentir à 8,3 %, après 8,5 % en mai, alors que les aides publiques déclenchées l'an dernier face à la première vague de la pandémie de Covid-19 se normalisent. L'agrégat M3 est utilisé par la BCE comme indicateur avancé de l'inflation, en comprenant les espèces en circulation, les crédits à plus de 2 ans et les dépôts des ménages et des entreprises. La présidente de la BCE Christine Lagarde a fait part de son inquiétude quant à «l'incertitude croissante» liée à la remontée des courbes d'infections au Covid-19. Cela conforte l'institution dans son choix de maintenir le cap d'une politique monétaire accommodante.

Médiation du crédit : les dossiers refluent avec la baisse des demandes de PGE

D'après la Banque de France, le recours à la médiation du crédit, dispositif pour venir en aide aux PME, a baissé au premier semestre 2021, en même temps que les demandes de Prêt garanti par l'État (PGE). Au total, sur les six premiers mois de l'année, 2.723 dossiers ont été éligibles (1.672 au premier trimestre puis 1.051 au suivant), soit l'équivalent du nombre de dossiers au seul quatrième trimestre 2020 (2.727). « Le recul observé s'accentue au deuxième trimestre avec un rythme mensuel de 350 demandes de médiation, qui demeure toutefois supérieur à celui observé avant crise », note l'institution. Dans le détail, la médiation a trouvé une issue positive dans 39,7 % des cas, « apportant des solutions à plus de 1.220 entreprises et préservant ainsi près de 14.800 emplois ». Les demandes de médiation continuent de concerner principalement les très petites entreprises de moins de 11 personnes (84,5 %), ainsi que le secteur des services. Entre janvier et juin, le montant des crédits demandés a atteint près de 590 millions d'euros.

Eclaircie pour l'économie bretonne

D'après l'enquête annuelle de la CCI Bretagne, les chefs d'entreprise prévoient un redémarrage de leurs activités. 2/3 d'entre eux sont en effet confiants pour le second semestre de 2021 et anticipent une hausse de leur chiffre d'affaires. Au cours du premier semestre, la plupart des chefs d'entreprise interrogés ont senti les premiers effets de la relance.

1 050 emplois créés dans l'artisanat en Bretagne

Selon le baromètre Maaf et l'Institut supérieur des métiers, l'artisanat en Bretagne a connu une légère progression en 2020 (+1 %), malgré la pandémie. 1050 emplois ont ainsi été créées. L'enquête permet de constater que l'artisanat a profité du développement des circuits de proximité. 300 emplois ont été créés sur le créneau de l'alimentation, 230 dans le secteur de la boulangerie et 310 dans le domaine de l'électricité et de la plomberie. Le nombre de créations d'entreprises artisanales a également progressé (immatriculations en hausse de 5 %).