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Lettre d'information Agricole du 11 octobre 2021

Publié le 11 octobre 2021

La protection du revenu des agriculteurs adoptée au Parlement

Le Sénat et l'Assemblée sont tombés d'accord sur la proposition de loi dite " Egalim 2 " qui sanctuarise le prix des produits agricoles à partir des coûts moyens de production. Si le texte vise à protéger la rémunération des agriculteurs, il complexifie en revanche les négociations commerciales qui vont s'engager entre distributeurs et fournisseurs. Avec la nouvelle réglementation, les acheteurs et les vendeurs vont en effet devoir séparer la part de la matière première agricole de celle de la transformation sur laquelle les discussions reposeront. Les distributeurs s'inquiètent de la transparence du dispositif et agitent la menace d'acheter plus à l'étranger afin de contourner l'épaisse et contraignante réglementation française.

Lait de montagne, comment stopper la déprise ?

Il y a deux ans, la commission Montagne du Cniel tirait la sonnette d'alarme et appelait à « se mobiliser collectivement tant au niveau des acteurs de la filière que des pouvoirs publics », pour compenser le surcoût de production et de collecte, et pour créer de la valeur sur le lait de montagne. Cet été, deux parlementaires ont présenté treize propositions en faveur de certaines filières lait de montagne hors AOP. Malgré une offre qui répond aux attentes sociétales, les filières lait de montagne sont en effet soumises à la concurrence des filières de plaine de l'Ouest. Les propositions des députés visent surtout à compenser les surcoûts liés aux handicaps naturels : un dispositif d'exonérations fiscales et sociales et d'aides à l'investissement ; une mesure d'aide à la collecte en zone de montagne ; demander que la règle des minimis ne s'applique pas à la montagne pour permettre aux grands groupes d'investir en montagne. Du côté de la PAC, le maintien du montant de l'ICHN, centré sur l'élevage, a été acté. La convergence des aides sera favorable au lait de montagne et une grande majorité des élevages pourront entrer dans les écorégimes. Pour améliorer la valorisation du lait, les parlementaires proposent d'inclure les produits de montagne dans la liste des 50 % de produits durables et de qualité devant être servis dans la restauration collective à compter du 1er janvier 2022. Autre piste : accélérer le travail engagé pour créer une marque ombrelle destinée à valoriser les produits laitiers de montagne.

Contractualisation obligatoire en viande bovine dès début 2022

À l'occasion du Sommet de l'élevage, le ministre de l'Agriculture a dévoilé les trois échéances sur la contractualisation qui attendent les éleveurs de bovins allaitants (1er janvier 2022 pour les jeunes bovins, les génisses et les vaches allaitantes, 1er juillet 2022 pour les broutards et 1er janvier 2023 pour les vaches laitières). Sur la transparence, autrement dit, sur la non-négociabilité des prix, la loi s'appliquera au 1er janvier 2022. Pour la contractualisation, ce sera au plus tard le 1er janvier 2023, a expliqué le ministre.

Les exportations de broutards ont fléchi en juillet

Au mois de juillet, les exportations de bovins maigres se sont repliées de 8,4 % par rapport à juillet 2020. Les ventes vers l'Italie ont reculé de 11,8 % sur un an. « Toutes les catégories de broutards sont plus ou moins touchées par ce repli mais les bovins mâles de plus de 300 kg restent les plus concernés (-15,1 %, soit 7 700 animaux sur un an) », analyse Agreste, le service de la statistique du ministère de l'Agriculture. Du côté du marché espagnol, les ventes se sont maintenues mais plutôt sur des bovins de plus de 300 kg. Par ailleurs, après plusieurs mois de baisse, les envois vers l'Algérie au mois de juillet se sont affichés quasi stables par rapport à juillet 2020. En cumul sur les sept premiers mois de l'année, Agreste comptabilise 659.485 broutards exportés depuis la France, soit 3 % de plus qu'en 2020.

Les cours du porc chutent

Si les prix du porc français sont en net recul depuis la fin de juin 2021, ils sont moins sous pression dans l´Hexagone que dans les pays voisins qui dépendent plus des marchés chinois et allemands, selon Agreste. A 1,72 EUR/kg en juin, les cours du porc ont perdu 13 centimes d´euro en juillet avant de se stabiliser à 1,52 EUR/kg en août. Par ailleurs, les abattages sont en baisse en France. Ils se replient de 1,5% en têtes et de 1,6% en poids en août sur un an. Le poids moyen s´est, quant à lui, établi à 92,4 kg, soit 0,9 kg de carcasse en plus par rapport à la moyenne sur cinq ans. En juillet 2021, la consommation globale apparente de viande porcine se replie de 3,1% sur un an en France. Enfin, les exportations françaises de viande porcine vers la Chine ont baissé en juillet 2021, à -700 tonnes-équivalent carcasse. Malgré l´augmentation importante des achats au Royaume-Uni, les importations totales reculent aussi à -2 000 tec. Selon Agreste, « l´excédent du commerce extérieur des viandes et graisses porcines (hors abats) s´accroît légèrement sur un an ». Il s´établit à +5 800 tec (contre +4 900 tec en juillet 2020). En valeur, la balance est « fortement déficitaire depuis mai » et s´établit en juillet à -30,9 millions d´euros.

Les importations françaises de poulet ont doublé en dix ans

Le constat est sans appel. « Entre 2010 et 2019, les importations de viande et préparations de poulet ont augmenté de 55 % (+213 000 tonnes-équivalent carcasse) alors que les exportations ont chuté de 91 000 tec (tonnes-équivalent carcasse) », indique une étude réalisée par le cabinet AND international à la demande de FranceAgriMer sur le premier semestre de 2021. La Belgique, dont « une partie des abattages concerne des animaux élevés en France », demeure le principal fournisseur de poulets des deuxièmes transformateurs, restaurateurs, et distributeurs français. « Mais la plus grande progression a été le fait de la Pologne (+29 000 tonnes de viande entre 2015 et 2019) », pointe l'étude. Les ventes de poulet entier sont en recul, ce produit étant « progressivement remplacé par les découpes et les produits élaborés ». L'utilisation de volailles françaises varie selon les maillons. La grande distribution est « attachée à l'origine France sur la viande réfrigérée. » Les hard-discounters « progressent en origine France, mais restent significativement importateurs ». Sur les produits élaborés, « l'origine Union européenne perdure, en raison de la pression des prix ». La volaille française se montre plus chère que la concurrence. Les écarts de prix varient entre « 0 et -12 % pour l'Allemagne, -10 à -15 % pour les Pays-Bas, -10 à -20 % pour la Belgique, -20 à -30 % pour la Pologne, et -30 à -40 % pour le Brésil ». Au niveau de la production, la filière française pourrait être fragilisée par l'évolution des demandes sociétales, notamment sur la densité d'animaux.

Hausse record des ventes d'oeufs issus d'élevages au sol

Alors que les élevages intensifs continuent de gagner du terrain, l'élevage au sol se démarque par un bond de ses ventes de +175 % en volume depuis le début de janvier 2021. Désormais, 14 % des oeufs achetés par les ménages sont des oeufs issus d'élevage au sol, alors qu'ils représentaient 12 % en 2020. Ils devancent les oeufs sous label rouge (7 %), mais restent derrière les oeufs bio (22 %) et les oeufs de plein air (hors label rouge) qui représentent la plus importante part du marché avec 29 % des achats des ménages. Selon une enquête du CNPO et du CSA menée en mai 2021, 84 % des Français estiment que l'élevage au sol, qui permet aux poules d'évoluer librement dans leur poulailler, est plus « respectueux » du bien-être des poules que les élevages en cages aménagées.

Grippe aviaire : première apparition du virus H7N7

L´Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a confirmé la détection de l´influenza A hautement pathogène de type H7N7 sur un cygne (Cygnus olor) trouvé mort en bordure de la Moselle dans le centre de la ville de Metz. Il s´agit de la première apparition de cette souche virale de la grippe aviaire en France.