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Lettre d'information Agricole du 15 janvier 2018

Publié le 15 janvier 2018

Agriculture. Quatre scénarios pour 2030

Le ministère de l'Agriculture a établi quatre scénarios très contrastés sur le devenir de l'agriculture d'ici à 2030. Le premier scénario table sur un accompagnement des « transitions » autour d'une « nouvelle économie » générée par une alimentation durable. Il parie sur le développement de l'agriculture de proximité, ou biologique, l'agro-écologie, le recyclage, la bio-industrie, et les énergies renouvelables autour d'un tissu dense « d'industries petites et moyennes, structuré par l'écologie industrielle et l'économie circulaire ». Le deuxième scénario parie quant à lui sur des villes ayant absorbé « le tissu péri-urbain et intégrant les espaces agricoles » avec l'émergence de « pôles de compétitivité » centrés autour d'« agiles » entreprises « de tailles moyennes ». Les deux autres scénarios sont plus pessimistes pour l'emploi agricole et en zone rurale. Le troisième scénario table en effet sur un marché de l'emploi régionalisé et « ubérisé » où les industries agroalimentaires de transformation et les plateformes numériques pèsent sur les producteurs agricoles. Si le dernier scénario mise sur le « réinvestissement du rural » par les urbains, aidés par « la tertiarisation de l'économie et le télétravail », il passe également par « la robotisation, la spécialisation des régions, et des inégalités territoriales croissantes ».

Brexit : la viande et le lait seraient les plus gros perdants d'un accord dur

Selon le Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii), les produits agroalimentaires des 27 sont parmi les plus concernés par le Brexit ; le Royaume-Uni absorbant 9% des exportations alimentaires européennes. Le Cepii, qui se place dans le scénario d'un « hard Brexit », estime que les échanges agroalimentaires des 27 vers le marché britannique chuteraient de 60% avec l'établissement de barrières commerciales correspondant à un retour aux conditions de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) : « la viande blanche et les produits laitiers seraient les plus touchés ». Coop de France se refuse à « imaginer le pire même si c'est un dossier à risques ». « Le retour à un scénario OMC serait suicidaire. Le Royaume-Uni n'y a pas intérêt ». En attendant, Coop de France recommande aux entreprises de se préparer, en demandant leur agrément auprès des instances douanières pour s'assurer de relations commerciales fluides le moment venu. La France est le 2ème plus gros fournisseur (pour 5,9 milliards d'euros), derrière les Pays-Bas et à quasi-égalité avec l'Irlande.

130 exploitations accompagnées grâce à Pass'Avenir

Lancé il y a moins d'un an pour épauler et renforcer les exploitations bovines (lait et viande) en situation difficile, le dispositif Pass'Avenir (financé par la Région) a déjà accompagné 130 exploitations. Elles seront 300 d'ici à la fin du premier trimestre 2018.

Lait : le prix du lait européen stagne, les marchés se replient

Selon la Commission européenne, le prix du lait moyen payé aux producteurs européens s'établissait à 378,30 euros/t en novembre 2017, soit 0,8 % de plus qu'en octobre. Le prix du lait ne s'est accru en moyenne que de 3 euros la tonne dans l'Union européenne (UE à 28), entre les mois d'octobre et de novembre 2017. Pour décembre 2017, la Commission anticipe un repli de 0,2 %, avec une estimation à 377,60 euros/t.

Bien-être animal : la Cour des comptes enquête

Le 9 janvier, la Cour des comptes européenne (CCE) a publié un document dans lequel elle recense les mesures adoptées par l'Union européenne en termes de bien-être animal. Dans son document, la CCE précise qu'elle se penchera en particulier sur les domaines suivants en relation avec les risques identifiés : 1- Comment la Commission et les États membres ont abordé certaines questions relatives au respect de la législation européenne sur le bien-être des animaux et comment ils ont veillé à ce que les systèmes de contrôle pour l'application des normes minimales soient efficaces ; 2- Comment les États membres ont appliqué le mécanisme de conditionnalité de la Pac et comment ils ont utilisé les possibilités de financement de l'Union européenne pour améliorer le bien-être des animaux grâce à des mesures de développement rural.

Filière porcine : des exportations en hausse vers la Chine

De 2015 à 2016, les exportations françaises de viande porcine vers la Chine sont passées de 80.000 tonnes à 140.000 tonnes, hissant la France au 8ème rang des pays fournisseurs. Ces exportations représentent un quart de la production totale de la filière porcine française. Pour Didier Delzescaux, directeur d'Inaporc, « la production porcine a de nombreux potentiels », tout d'abord, avec l'e-commerce qui est en plein essor en Chine. Une seconde piste de développement pourrait être la charcuterie ; un secteur encore peu exploité, les Chinois n'en mangeant encore que très peu. La Chine, pays agricole dynamique, pâtit également d'une faible productivité, notamment dans le secteur porcin ; les exploitations se consacrant principalement à la culture du riz. Enfin, du fait de l'augmentation de la consommation de produits issus du porc, la production locale de la Chine ne suffit pas à couvrir les besoins de la population. En 2015, la filière porcine chinoise produisait 53 millions tonnes, tandis que la consommation de porc s'élevait à 56 millions tonnes.

Chine : les filières porcine et bovine ne repartent pas les mains vides

À l'occasion de la visite d'État du président Emmanuel Macron en Chine du 8 au 10 janvier, la filière porcine a obtenu l'agrément d'un abattoir supplémentaire, celui de Bigard de Saint-Pol sur Ternoise (Nord-Pas de Calais). Outre l'abattoir Bigard, figuraient sur la liste le site de Tradival à Lapalisse (Allier), l'abattoir de SPM (Aveyron) et celui des Crêts (Ain). Avec ce nouvel agrément, la filière porcine française dispose désormais de 15 abattoirs autorisés à exporter de la viande de porc vers la Chine. Depuis 2016, le pays représente la 1ère destination à l'export de la filière porcine française. En 2017, près de 109.000 tonnes y ont été expédiées. Concernant la filière bovine, l'Interbev s'est félicitée de la signature d'un accord prévoyant l'ouverture du marché chinois (2ème importateur mondial de viande bovine) à la filière bovine française d'ici six mois. En effet, en mars 2017, les autorités chinoises ont levé l'embargo à l'égard de la viande bovine française, cependant, avant que la filière puisse exporter, l'administration chinoise doit inspecter tous les maillons de la filière française en vue de la définition d'un protocole sanitaire.

Exportations bretonnes de volailles : recul persistant

Le recul de 29% des exportations bretonnes de viandes de volailles en 2016 se poursuit au 3ème trimestre 2017 : -7% par rapport à la même période 2016. Cette baisse des ventes est nettement plus marquée vers les pays tiers (-11%) : l'Arabie saoudite (-48%), le Koweit (-77%), les Émirats arabes unis (-34%), l'Égypte (-65%) et le Yémen (-30%). Quelques pays tiers cependant reviennent nettement aux achats au troisième trimestre : le Qatar importe pour 5,6 millions d'euros de viandes de volailles de Bretagne. Même tendance au Bénin (+ 2 millions d'euros; + 137 %). À destination de l'Union européenne, les ventes sont en léger repli de 2% au 3ème trimestre 2017. Le recul le plus marqué concerne les livraisons vers le Royaume-Uni (-1,6 millions d'euros ; -27%), confirmant la tendance du semestre précédent. La Grèce, les Pays-Bas et le Portugal réduisent également leurs achats. En revanche, une progression notable s'observe vers l'Espagne (+ 2,1 millions d'euros ; +26%). Globalement, les pays tiers et l'Union européenne se répartissent à 50-50 les débouchés des exportations bretonnes. L'Arabie saoudite conserve sa 1ère place (15% des parts de marché), suivie de près désormais par l'Espagne (12%). Arrivent ensuite au coude à coude la Belgique et l'Allemagne (11% chacune), suivies par le Qatar (7%) et le Royaume-Uni (5%).