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Lettre d'information Agricole du 18 septembre 2017

Publié le 21 septembre 2017

Ceta : le rapport des experts identifie plusieurs points de vigilance

Le rapport de la commission d'experts chargée d'évaluer les impacts du traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, le Ceta, pointe plusieurs points de vigilance. La commission « recommande au gouvernement de prendre un certain nombre de mesures pour s'assurer d'une mise en œuvre du Ceta conforme à l'objectif d'assurer des niveaux élevés de protection de l'environnement et de la santé, et cohérente avec les objectifs de l'Accord de Paris ». Alors que le Ceta doit entrer en vigueur le 21 septembre, le gouvernement a annoncé qu'il présentera « les enseignements » qu'il tire de ce rapport à l'occasion d'une réunion, le 13 septembre.

Plan commercial renforcé de Bruxelles jusqu’en 2019

Le 14 septembre, la Commission européenne a présenté un paquet législatif visant à « renforcer le programme commercial européen ». Longtemps conduites dans une certaine indifférence, les négociations commerciales menées par la Commission européenne au nom de ses Etats membres sont de plus en plus contestées. En réponse, la Commission a annoncé qu'elle informerait désormais les parlementaires européens et nationaux, ainsi que le grand public, de l'avancée des discussions commerciales avec les pays tiers. La commission souhaite en outre demander aux 28 Etats membres de lui octroyer un mandat pour ouvrir en leur nom des négociations commerciales avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande pour aboutir à deux accords commerciaux d’ici la fin 2019.

La France se dote d'une norme expérimentale pour le halal

Évoquée depuis plusieurs années, la première norme française pour les aliments halal transformés a été rendue publique par l’Afnor le 15 septembre. Référencée XP V06-001, elle suit les principes de l’HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point) et devrait faciliter l'exportation de certains produits de l’industrie agroalimentaire. « Expérimentale » et non obligatoire, cette norme ne concerne que la partie de la production en aval. Elle établit notamment des processus de fabrication, des recommandations à suivre « pour permettre aux industriels de conduire leur analyse des risques en identifiant les étapes critiques qui pourraient rendre leur production non halal », a précisé l'Afnor. La création de cette première norme est cruciale aux yeux des industriels puisque le marché du halal, estimé à 600 milliards de dollars, bat des records dans le monde.

Les coopératives présentent leurs propositions

Lors du Space, Coop de France, qui fédère la coopération agroalimentaire et agricole, a dévoilé ses dix propositions pour réformer les relations commerciales. L'organisation propose de mettre en œuvre un plan d'actions dans lequel s'articulent des mesures de court, moyen et long terme ; l'urgence étant de pouvoir protéger et consolider le revenu des agriculteurs. Elle propose ainsi de supprimer l'intégration obligatoire du prix prévisionnel moyen, de renforcer la clause de renégociation ainsi que les moyens de la commission d'examen des pratiques commerciales (CEPC) et les contrôles de la DGCCRF. De plus, Coop de France estime que trois autres leviers pourraient porter un coup à la guerre des prix : il s'agit du rehaussement du seuil de revente à perte, de l'encadrement rénové des promotions et de préciser la définition du « prix de cession abusivement bas ». Enfin, à l'horizon des négociations 2018-2019, Coop de France plaide pour trois autres mesures : le déploiement de la « norme sur les achats responsables », le développement du « label relations fournisseur responsables » et une articulation entre les différents systèmes de médiation (inter-entreprises, relations agricoles, Haut Conseil de la Coopération Agricole, enseignes de la distribution).

Europe : prix du lait en hausse

Avec un gain de 11 € la tonne (soit 3,3%) par rapport au mois de juin, le prix du lait moyen européen s'élève à 342 € la tonne pour juillet 2017. La Commission européenne estime pour le mois d'août 2017 un prix moyen à 348 € la tonne. En France, le prix du lait moyen s'établit à 340 € la tonne pour juillet 2017, soit une hausse de 5,3% par rapport au mois de juin, et de 19% par rapport à juillet 2016. Pour rappel, il s'agit du prix moyen payé aux producteurs, comprenant le lait conventionnel, bio et AOP. Sur l'ensemble des ingrédients laitiers, les prix européens suivent une dynamique haussière sur un an glissant, excepté pour la poudre maigre. En septembre 2017, par rapport à septembre 2016, les cours sont en augmentation de 89% pour le beurre, 33% pour la poudre grasse, 28% pour le cheddar et seulement 1% pour la poudre maigre.

Europe : l'UE appelle la Chine à lever ses restrictions d'importation sur les fromages

La Chambre de commerce de l'Union européenne en Chine estime que les autorités chinoises devraient revoir leur décision de suspendre l'importation de certains fromages, compte tenu du fait que « le fromage européen a été importé en Chine pendant des décennies sans que des questions sanitaires ne soient soulevées ». La Chambre a par ailleurs souligné que des efforts avaient déjà été faits pour revoir les normes de sécurité relatives aux fromages. « Nous travaillons avec les autorités chinoises compétentes à la révision de ces normes depuis deux ans ».

La viande bio bénéficie d'une bonne dynamique de production même si la filière porc peine à répondre à la demande

D’après les derniers chiffres de la commission bio d’Interbev, en 2016, les volumes abattus en viande de boucherie (hors volaille) ont augmenté d’environ 15% en France, dépassant les 34.000 tonnes équivalent carcasse (tec). La croissance la plus forte a été enregistrée pour les gros bovins allaitants, dont les volumes disponibles ont augmenté d'un quart en un an. La hausse a été moins forte sur les laitières : + 9%. Malgré cet afflux de gros bovins, les cours du bio n'ont baissé que de 3% contre - 6% en conventionnel, l'écart moyen des prix payés aux éleveurs entre les deux filières étant estimé par Interbev à 19% (au profit du bio). Seconde espèce du rayon boucherie bio en volume, le porc a connu un essor notable, mais sans doute inférieur à celui de la demande en magasins: + 7% seulement pour les abattages en 2016, à un peu plus de 10.000 tec. Le prix moyen payé aux éleveurs était situé dans une fourchette de 3,50 à 3,70 €/kg, soit presque 2,5 fois celui du conventionnel. Drainant encore de petits volumes, les filières veaux et ovins bio sont aussi sur de belles dynamiques de production : respectivement + 19% et + 13%. S'agissant des circuits de distribution, les GMS s'arrogent un peu plus de la moitié des ventes en volume (51%), devant les magasins bio spécialisés (16%) et les artisans bouchers (15%).

La volaille française voudrait reconquérir les cantines et restaurants

Affaiblie par deux épidémies successives de grippe aviaire, la filière volaille essaie de s'organiser pour reconquérir le marché des restaurants et cantines français (10 milliards de repas par an). Ceux-ci importent ainsi près de 90 % des volailles, la quasi-totalité venant de Belgique. Si la filière aimerait que les collectivités prennent un peu plus en compte la production locale, elle reconnait également qu’elle doit s’adapter aux demandes spécifiques de la restauration collective en termes de prix et produits. La filière avicole française est en effet celle qui a opéré le plus de montée en gamme, avec 28 % de sa production en bio et en label rouge, alors que la restauration collective cherche plutôt des gros volumes de volaille standard, avec seulement 3 ou 4 références de produit. La filière souhaiterait également que le consommateur joue un rôle de prescripteur en se préoccupant un peu plus de ce qu’il mange à la cantine.