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Lettre d'information Agricole du 19 juin 2017

Publié le 19 juin 2017

Les états généraux de l'alimentation lancés « début juillet »

Emmanuel Macron a annoncé que les états généraux de l'alimentation, destinés à améliorer la valeur ajoutée reçue par les agriculteurs sur la vente de leurs produits, débuteront « début juillet ». Ils seront pilotés par le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation. Les états-généraux devraient comprendre des « négociations » entre représentants des agriculteurs, de l'agro-alimentaire et des distributeurs. « Nous allons inciter les producteurs à se regrouper pour vendre ensemble et que filière par filière, on trouve l'organisation qui permette à chacun d'avoir un vrai partage de la valeur ajoutée ». Le plan d'investissement de 5 Mds€, promis pendant la campagne d'Emmanuel Macron, sera lancé « à l'issue de ces états généraux », selon sa déclaration.

L’agriculture continue à embaucher

D’après l’Apecita, la reprise de l’activité, amorcée en 2013, se confirme en 2017 : +14.000 offres d’emploi ont ainsi été déposées en 2016 sur le site de l’association. Parmi les principaux secteurs pourvoyeurs : les grandes cultures et les productions animales (45 %), l’agrofourniture (32 %), les services institutionnels (30 %) et l’agroalimentaire (25 %). Concernant les fonctions les plus recherchées par les entreprises du secteur, l’Apecita relève au premier rang, celles du conseil et de l’animation, puis viennent la vente et l’achat et enfin, la production et la transformation. À 59 %, les employeurs recherchent des CDI, puis 35 % des CDD. Si les secteurs les plus les recherchés sont pour 52 % dans la production, le machinisme et l’agrodistribution peinent à trouver preneur : 18 % de candidats, contre 32 % d’offres. Selon l’Apecita, le numérique va continuer à impacter fortement les métiers du secteur et il en sera de même prochainement avec le big data (mégadonnées). L’association note également que le « Produire plus, mieux et autrement » modifie de façon durable les compétences attendues dans ces métiers.

Le ministre de l'Agriculture soutient les producteurs de lait

Alors que les producteurs de lait ont manifesté dans toute la France mardi pour réclamer une revalorisation des prix, Jacques Mézard, a déclaré le soir-même à l'issue d'une rencontre avec Thierry Roquefeuil, le président de la Fédération des producteurs de lait, que les prix payés aux producteurs de lait n'étaient « pas à un niveau suffisant ». Le ministre a ajouté que « la question du prix payé, du juste prix, sera traitée en priorité » lors des prochains états généraux de l'alimentation.

Baisse de la collecte laitière en France

Selon le ministère de l'agriculture, la collecte de lait de vache a été perturbée en avril 2017 « par une période climatique anormalement froide qui a ralenti la pousse de l'herbe du printemps ». La part de la collecte de lait de vache bio représente 2,5 % de la collecte totale. Les deux plus grands bassins laitiers français échappent à cette tendance baissière : le Grand Ouest avec +1,3% et la Normandie à +1,1%. Les livraisons restent en revanche « plus ou moins déficitaires dans tous les autres bassins : -3,3% dans le Grand Est, -0,1% dans le Nord-Picardie et -0,9% dans le Sud-Est. Le recul est supérieur à 5% dans les autres bassins ». En avril 2017, la collecte de lait de chèvre recule également : de 4,6% par rapport au mois d'avril 2016. « Elle est notamment pénalisée par une mauvaise qualité des fourrages récoltés en 2016. En cumul depuis janvier 2017, elle recule de 5,7% par rapport à l'an passé. » Les livraisons de lait de brebis sont également en retrait : de 3,3% par rapport à avril 2016. En cumul depuis le début de l'année, la collecte recule de 3,8% par rapport à la même période de 2016.

L’Egypte s’ouvre aux bovins français

Faisant suite à une longue négociation, et en dernier lieu, à une rencontre bilatérale entre les autorités vétérinaires françaises et égyptiennes, durant la session générale de l’OIE (le 22 mai), les autorités sanitaires égyptiennes ont informé la DGAL le 13 juin de leur accord sur le modèle de certificat sanitaire pour l’exportation de bovins d’engraissement français. Mis en ligne sur Exp@don le 14 juin, il permet le démarrage des exportations françaises, informe FranceAgirMer.

La filière porcine est « à un tournant »

Lors de l'assemblée générale du syndicat FNP, le 13 juin, Paul Auffray, son président, a évoqué la nécessité pour la production porcine de bénéficier des aides de la future Pac, via un volet assurantiel ou un fonds structurel professionnel qui pourrait être géré par l'Inaporc. La FNP a également travaillé sur les débouchés de la production porcine à l'avenir : « La filière est à un tournant : il faudra produire le cochon que le consommateur attend ». « Il y a une inadéquation de l'offre aux nouveaux modes de consommation. Il y a un manque sur le « prêt à consommer » et le snacking.» Une montée en gamme des produits avec une segmentation plus poussée peut également permettre de reconquérir des acheteurs. Paul Auffray a également souligné : « Une segmentation par les labels rouges et le bio contribue à une meilleure image à présenter à la société, et met en avant le professionnalisme des producteurs ».

Volailles : les abattages toujours en baisse

Selon le ministère de l'Agriculture, en avril, les abattages de volailles se sont repliés de 6% en têtes et 5% en téc. En glissement annuel, les tonnages de poulets baissent de 2% en avril, ceux de dindes de 6% et ceux de canards à gaver de 42%. Malgré ce recul des abattages, au premier trimestre 2017, la production indigène de volailles de chair toutes espèces confondues serait quasiment stable par rapport à 2016 : « légère hausse pour le poulet (+ 1,8%), en repli pour la dinde (- 3,9%) et en forte baisse pour le canard (- 20%) ». Quant aux exportations de viandes et préparations de volailles, elles progressent en mars, de 5% en glissement annuel. Les importations progressent dans la même proportion. Les exportations de viande de poulet se replient de 1,3%, soit 500 téc et les importations progressent de 7%, soit 3 200 tec. En mars, les mises en place des poussins des trois principales volailles reculent aussi : de 6% pour les poulets de chair et de 7% pour les dindonneaux.

Volailles : la grippe n'altère pas les échanges mondiaux

Dans son rapport trimestriel, la Rabobank assure que le marché mondial de la volaille mondiale est performant, avec une bonne rentabilité dans la plupart des régions du monde, une demande forte, un approvisionnement restreint et des coûts d'alimentation stables. Et ce, malgré la grippe aviaire qui fait encore pression, en particulier en Asie. Au premier trimestre, le marché mondial de la volaille affiche 3 millions de tonnes. En Europe, le marché a été fortement impacté par l'influenza aviaire, avec 23 des 28 pays membres touchés par le virus. La France et la Hongrie sont les pays les plus sévèrement touchés. De nombreux marchés ont fermé leurs portes aux volailles européennes, néanmoins la Rabobank estime que les échanges devraient être dopés au second et troisième trimestres par une demande tonique et, peut-être, la réouverture de certains marchés.